HERNOT Jean

Par Emeric Tellier

Né le 1er juin 1928, à Saint-Gratien (Seine-et-Oise, Val-d’Oise) ; ferronnier d’art, serrurier ; secrétaire du syndicat CGT Chausson de Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine), secrétaire de l’USTM-CGT des Yvelines, vice-président de l’Union fraternelle des métallurgistes (UFM) et président de l’Association Suzanne-Masson (ASM) ; adhérent au Parti communiste français (PCF).

Jean HERNOT
Jean HERNOT

Jean Hernot naquit dans une famille dont le père, Joseph Hernot, était chauffeur de bus, tandis que sa mère, Yvonne Duigou, était ménagère. Son père, adhérent au Parti communiste français (PCF) à partir de 1942, avait participé avec les Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF) à la Libération de Paris à l’été 1944. Pendant l’Occupation, le couple a hébergé M. Heller, un voisin juif. En 1950, sa mère a également adhéré au parti communiste.

Jean Hernot obtint son certificat d’étude primaire avant de réaliser deux années d’études secondaire et d’entrer à l’école d’apprentissage, avenue Gambetta à Paris (XXe arr.) pour devenir ferronnier d’art. En 1943, la scarlatine l’obligea à interrompre sa formation et à rejoindre, en 1944, la ferme familiale en Bretagne. Celle-ci abritait l’état-major de la Résistance du Finistère. Jean Hernot participa alors au maquis jusqu’à la Libération. En octobre 1944, il reprit sa scolarité et obtint son diplôme deux ans plus tard. Il entama une carrière de ferronnier d’art dans le XIVe arrondissement de Paris, avant d’être appelé au service militaire en novembre 1948. Il reprit le travail un an plus tard.

En avril 1951, il fit son entrée chez Chausson, à Gennevilliers, en tant que serrurier d’entretien P2 et se syndiqua dans la foulée à la Confédération générale du travail (CGT). Au début de l’année suivante, il adhéra au PCF. En novembre 1952, il se maria, et de cette union naquirent deux enfants, Joëlle en 1953 et Philippe en 1955.

En 1953, il fut élu au comité d’entreprise puis au comité inter-entreprises, où il occupa les fonctions de trésorier. Il y resta jusqu’en 1960, date à laquelle il devint secrétaire général du syndicat CGT de Chausson. Le 1er avril 1962, il fut élu secrétaire général de l’Union syndicale des travailleurs de l’automobile de la région parisienne (USTA-RP), sur proposition de Jean Breteau et de Roger Linet. Son arrivée coïncida avec celle de Marcel Bras et Marcel Manesse à la Maison des métallurgistes, au 94 rue Jean-Pierre Timbaud à Paris (XIe arr.). En 1965, les branches professionnelles (mécanique, automobile, aéronautique et électricité électronique) furent dissoutes pour former l’Union des syndicats des métaux de la Seine (USM-S). Jean Hernot devint alors secrétaire, en charge du suivi des comités d’entreprise et de la gestion de la Maison des métallurgistes.

Deux ans plus tard, la création des départements de la région parisienne entraîna la réorganisation de l’USM-S et la création d’une Union des syndicats des travailleurs de la métallurgie (USTM) dans les huit nouveaux départements. À ce moment-là, il suivit l’école centrale de quatre mois du PCF. En janvier 1968, Marcel Bras lui proposa de mettre sur pied l’USTM des Yvelines. Sans local pour s’installer, il fit le tour des entreprises, pour chercher des militants et en convaincre une quinzaine de participer au collectif de direction de l’USTM. Après un certain temps passé à arpenter le département avec pour bureau sa voiture, Jean Hernot réussit à convaincre Roger Linet, président de l’Union fraternelle des métallurgistes (UFM), de faire acheter un pavillon de Trappes, en novembre 1971.

En février 1972, il fut nommé vice-président de l’UFM, poste qu’il occupa durant onze années, jusqu’en 1983. Il s’occupa essentiellement du parc de loisirs et de culture Henri-Gautier de Baillet-en-France (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), de la gestion du personnel de la Maison des métallurgistes et des conséquences de l’incendie qui y eut lieu au printemps 1975. En 1973, Marcel Bras et Roger Linet réorganisèrent l’UFM, cette dernière restant simple propriétaire des bâtiments et terrains des réalisations sociales des syndicats de la métallurgie de la région parisienne. L’association Ambroise Croizat (AAC) et l’association Suzanne Masson (ASM) furent alors créées, la première pour gérer la policlinique des métallurgistes et la seconde pour gérer les centres de rééducation et de formation professionnelles. En 1975, Jean Hernot fut sollicité pour présider l’ASM, fonction qu’il assuma durant dix années. Durant cette période, il eut notamment pour tâche de reconstruire le centre de rééducation professionnelle Suzanne Masson qui ne répondait plus aux normes de sécurité. Il dirigea la construction du centre de rééducation professionnelle Jean-Pierre Timbaud, dont l’idée avait germé en même temps que celle de créer un complexe intersyndical CGT, porte de Montreuil à Paris. Enfin, il fit aménager la propriété de Vouzeron (Cher) pour accueillir le centre de rééducation professionnelle Louis Gatignon, le nom ayant été choisi en référence au militant, natif de Vierzon, qui dirigea la Fédération CGT des Métaux dans la clandestinité durant la Seconde Guerre mondiale.

Jean Hernot prit sa retraite après l’inauguration de ce troisième centre de formation et après avoir dissout la Mutuelle des travailleurs de la métallurgie qui ne servait plus depuis plusieurs années.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article249050, notice HERNOT Jean par Emeric Tellier, version mise en ligne le 20 juin 2022, dernière modification le 20 juin 2022.

Par Emeric Tellier

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SOURCES : Arch. UFM-CGT (P-V du bureau, dossier 573). – Correspondance avec Jean Hernot, janvier 2016.

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