BRUN Serge

Par Guy Herbreteau

Né le 9 avril 1954 à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) ; cheminot ; syndicaliste CGT, secrétaire général du secteur CGT des cheminots de Toulouse (2002-2008) ; élu local, maire-adjoint de Saint-Sulpice-sur-Lèze (1989-2001).

Portrait de Serge Brun
Portrait de Serge Brun

Les parents de Serge Brun étaient d’origine italienne. Dans les années 1940, ils immigrèrent en France pour fuir le régime de Mussolini. Son père exerçait la profession de menuisier, sa mère était femme de ménage. Installée à Milhas (Haute-Garonne), la famille comptait quatre garçons dont Serge était le cadet.

Le 17 décembre 1973, Serge Brun entra à la SNCF. Sa carrière de cheminot débuta en région parisienne, plus exactement en gare de Sèvres-Ville d’Avray (Hauts-de-Seine) où il fut embauché comme facteur au service de l’Exploitation. Toutefois, il ne demeura que peu de temps Ile-de-France. Devenu soutien de famille suite au décès de son père en 1977, il fut muté en gare de Toulouse-Matabiau (Haute-Garonne) afin de se rapprocher de sa famille. En poste à Toulouse, il passa successivement les grades de Commis principal en 1982, d’Agent commercial principal en 1988, d’Agent commercial spécialisé en 1991, d’Agent commercial moniteur en 1994 et d’Agent commercial moniteur principal en 2002. Après avoir exercé un mandat permanent pendant quelques années, il prit sa retraite en avril 2009.

L’important mouvement social de l’hiver 1995 fournit à Serge Brun l’occasion de concrétiser une envie de s’engager syndicalement qu’il ressentait depuis un certain temps. Dès lors, il s’engagea pleinement au sein de la CGT et fit preuve d’une grande disponibilité pour militer dans l’entreprise. Dès 1996, il accepta un mandat de délégué du personnel CGT qu’il assura jusqu’en 1998. Puis, il fut élu secrétaire du Comité Hygiène et Sécurité (CHSCT) de 1998 à 2002. À cette fonction, il participa notamment à la mise en place des 35 heures dans la filière de l’Exploitation ainsi qu’à la création des centres de réservations téléphoniques ou encore à la réorganisation de diverses activités ayant trait au transport des voyageurs.

Le rayonnement de son activité militante, notamment sur son chantier, n’échappa pas aux camarades Jean-Marie Cayssials, militant de l’UFCM CGT, et Joël Seguin, alors Secrétaire du Secteur Fédéral des Cheminots Cgt de Toulouse. Dès 2000, ce dernier le sollicita afin qu’il accepte la responsabilité de Secrétaire à l’Organisation du Secteur. Il assuma cette tâche de 2000 à 2002. Puis ses prises de responsabilités se firent plus importantes encore. En 2002, la question du remplacement du secrétaire de Secteur fut posée. La sollicitation d’autres camarades n’aboutissant pas, Serge accepta la mission afin de préserver le fonctionnement de l’organisation CGT. En octobre 2002, il fut investi de cette responsabilité qu’il assura jusqu’au 23 octobre 2008, date de la conférence de secteur qui précéda son départ en retraite.

À cette fonction, il initia d’abord de nombreuses de luttes en opposition à la transformation de la SNCF, notamment en rapport avec son découpage par activité destiné à préparer l’ouverture à la concurrence et la libéralisation des trafics marchandises et voyageurs. Par exemple, il fut l’un des organisateurs de la très forte mobilisation du 18 octobre 2007 qui visait à s’opposer, par la grève, à la réforme des régimes spéciaux. En Midi-Pyrénées, ce mouvement fut suivi par 82% des cheminots de la région. Enfin, en 2003, il assura l’intégration des anciens syndicalistes de la CFDT qui rejoignirent les structures de la CGT suite au conflit interne qui les opposait à leur fédération.

Durant cette période, il fut également élu membre du Conseil National et de la Commission Exécutive de la Fédération CGT des Cheminots. De plus, il siégea aux réunions du Comité d’Etablissement Régional Midi Pyrénées. Sollicité pour assumer des responsabilités au CHSCT, Serge prit conscience de l’importance de du collectif dans l’action syndicale. En effet, pour mener à bien ces mandats, il lui fut impossible de travailler isolément. Tous ceux qui l’ont côtoyé témoignèrent de son souci constant de valoriser le travail collectif. Serge avait cette capacité de contact facile et fraternel avec son entourage. Par son comportement amical, allié au sérieux de son raisonnement et de ses analyses, il permit incontestablement d’instaurer un climat de confiance qui lui valut la sympathie de ses camarades et des cheminots.

Pour mener à bien ses différents mandats de délégué et ses responsabilités syndicales, Serge suivit plusieurs stages de formation : la formation d’accueil des nouveaux syndiqués avec l’UFCM-CGT, les stages de niveau 1 et 2 avec l’Union Départementale de Haute Garonne puis la troisième semaine avec la Fédération des Cheminots à Courcelles (Yvelines). Par ailleurs, il participa aussi à la formation de Secrétaire de Syndicat et à la formation de niveau 1 en ce qui concerne le CHSCT.

Parmi les camarades qui l’ont particulièrement influencé Serge citait les camarades Jean-Marie Cayssials, Joël Seguin, ainsi que Didier Gaudefroy. La confiance, que les uns et les autres, lui manifestèrent a largement contribué à faciliter ses prises de responsabilités. Il souligna également qu’un grand nombre de camarades l’aidèrent, par leur travail collectif, à assumer ses engagements syndicaux. Parmi eux, il citait son complice à la direction du Secteur, Joël Pasquier, avec qui il partagea, dans la bonne humeur, moult évènements.

Parmi les évènements les plus marquants dans sa vie militante Serge rappelait le contexte de son adhésion, lors du mouvement historique de 1995, qui ouvrit la porte à son engagement et à des responsabilités syndicales sur des bases collectives. Il mentionnait aussi son adhésion au Parti Communiste Français, en 2005, qu’il considéra comme un moyen de donner de la cohérence à son investissement militant.

Adhérent de l’IHS de la fédération CGT des cheminots, il participa activement au collectif de Toulouse et fut membre du CA de l’IRHS Midi Pyrénées.

L’engagement syndical de Serge fut précédé d’une longue période d’engagement citoyen. De 1983 à 2001, il fut élu conseiller municipal puis maire-adjoint sans étiquette de Saint-Sulpice-sur-Lèze (Haute-Garonne). Il vécut cette expérience, exigeante mais d’une grande richesse, aux côtés du camarade Jacques Agrain, autre militant cheminot, maire de la commune. Amoureux du Rugby, il participa activement à la vie du club local et en devint le trésorier.

Le 26 Décembre 1978, Serge Brun se maria à Françoise Sistac, comptable. Le couple eut un fils, Laurent, agent de conduite à la SNCF, affecté au dépôt de Toulouse (Haute-Garonne). Pendant la scolarité de ce dernier, Serge Brun s’investit à la FCPE comme représentant des parents d’élèves.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article249056, notice BRUN Serge par Guy Herbreteau, version mise en ligne le 27 septembre 2022, dernière modification le 28 septembre 2022.

Par Guy Herbreteau

Portrait de Serge Brun
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SOURCE : Renseignements fournis par l’intéressé, mai 2022.

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