BUENO Luís [alias Francisco]

Par Dominique Tantin

Né le 25 novembre 1913 à Alicante (Espagne), mort le 22 avril 1944 à Tulle (Corrèze) ; républicain espagnol ; résistant, maquisard des Francs-Tireurs et Partisans, Main d’œuvre immigrée (FTP-MOI) et de la 15ª División de la Agrupación de Guerrilleros Españoles (AGE).

Capitaine de l’Armée républicaine espagnole, réfugié en France avec son épouse, Luis Bueno rejoignit le maquis de Corrèze au sein des FTP-MOI à compter du 1er octobre 1943 (dossier GR 19 FFI-FTPF de Corrèze). Lieutenant de la 1ère compagnie MOI, il commandait un détachement d’une quarantaine de maquisards espagnols, parmi lesquels des travailleurs du chantier d’un barrage sur la Dordogne.
Sur un blog espagnol, il est indiqué que Luis Bueno était par ailleurs commissaire de la Brigade C appartenant à la 15e Division de la Agrupación de Guerrilleros Españoles (AGE) placée sous le commandement de Vicente López Tovar.
En avril 1944, le groupe s’était installé au nord-est de Tulle, vers Eyrein et Champagnac-la-Noaille, à proximité de la RN 89, (aujourd’hui la D 1089) et de la voie ferrée reliant Tulle à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), axes de communication importants où les maquisards multipliaient les embuscades.
Selon les témoignages de Marie-Louise Chazalviel et Marcel Gibiat (Maquis de Corrèze, 150 combattants et témoins, op. cit., p. 284), « Au matin du 21 avril, sur une dénonciation, les Allemands entrent en force dans le bourg de Champagnac-la-Noaille. Ils recherchent le détachement espagnol de la MOI commandé par Luis Bueno. Les Allemands se précipitent vers la maison abritant les Espagnols, mais elle est vide depuis quelques instants : ses occupants viennent de disparaître en direction du Doustre (un affluent de la Dordogne). […] Des otages sont arrêtés dans le bourg et les environs immédiats, […] conduits au groupe scolaire Albert-Thomas, à Égletons, puis, le lendemain, emmenés en direction de Meymac. Dans la journée du 21, Luis Bueno a été tué [au cours d’un engagement avec les Allemands précise sa fiche sur Mémoire des Hommes, engagement qui aurait eu lieu dans la commune voisine d’Eyrein] –, mais les Allemands [ceux qui intervinrent à Champagnac-la-Noaille], l’ignorent. Son corps est emmené à Tulle par le docteur Farnière, maire de Champagnac-la-Noaille, qui craint, avec juste raison, que les Allemands fusillent les otages. Il prévient la Préfecture, laquelle prévient la Kommandantur. Une estafette allemande rattrape le convoi et l’exécution des otages est annulée. Les Allemands les relâchent à Meymac, sauf madame Bueno qui sera internée un mois à Saint-Paul-d’Eyjeaux. » Il s’agit d’un camp d’internement de Vichy située dans cette commune de Haute-Vienne, à 15 km au sud-est de Limoges.
L’ouvrage (Maquis de Corrèze, 150 combattants et témoins, op. cit.), précise p. 521, en contradiction avec les témoignages, que Luis Bueno fut blessé le 21 à Eyrein et succomba à Tulle le lendemain, ce qui expliquerait son transfert par un médecin. Sa mort fut d’ailleurs enregistrée dans le chef-lieu de Corrèze.

Luis Bueno fut homologué FFI et obtint la mention « Mort pour la France ». Son nom ne semble inscrit sur aucun monument.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article249073, notice BUENO Luís [alias Francisco] par Dominique Tantin , version mise en ligne le 21 juin 2022, dernière modification le 22 juin 2022.

Par Dominique Tantin

SOURCES : Service historique de la Défense, Caen, AVCC, AC 21 P 35530 et Vincennes GR 16 P 96212 (nc). — Mémoire des Hommes. — FTPF : Mouvement FTPF de la Corrèze GR 19 P 19/5, p. 28 et 62/135. — Maquis de Corrèze, 150 combattants et témoins, Paris, Éditions Sociales, 1975, pp. 284-286 et 521. — Lien avec le blog La H/historia en la memoria, Memorial antifranquista y lucha por la libertad communiqué par Jean-Luc Marquer que je remercie.

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