TOULET Cyr, [dit Guy], Flavien [dit LECLERC] [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy, Dominique Petit

Né le 9 janvier 1853 à Boufflers (Somme) ; mort le 28 novembre 1896 à Paris (XIe arr.) ; peintre en bâtiment, entrepreneur de peinture ; anarchiste parisien.

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York.

Insoumis en 1870, Guy Toulet s’était réfugié à Bruxelles en Belgique. Revenu en France sous le nom de Leclerc (ou Leclère), il fut dans les années 1880 membre du groupe parisien Les communistes des Amandiers puis appelé Les communistes anarchistes des Amandiers sur la proposition de Lucien Guérineau.
Le 12 décembre 1890, il faisait paraître dans La Révolte, l’avis suivant : « Les amis qui sont en correspondance avec G. Leclerc Pavi, sont priés d’écrire dorénavant à G. Toulet, 7, rue Mont-Louis, Paris. »
En avril 1892, Toulet hébergea Meunier lorsque celui-ci commit son attentat contre le restaurant Véry.
Toulet aurait logé pendant quelque temps Léauthier, qui le 13 novembre 1893, blessait l’ambassadeur de Serbie.
Toulet demeurait 34 rue Servan où sa compagne exploitait une boutique de marchande de couleurs. Le 1er janvier 1894, lors des rafles suivant l’attentat de Vaillant à la Chambre des députés, il avait fait l’objet d’une perquisition où la police avait saisi diverses brochures anarchistes, mais avait été laissé en liberté.
Vers six heures, on tambourina à sa porte : « Au nom de la loi, ouvrez ! »
Ceint de son écharpe, un commissaire de police se précipita chez lui, suivi d’une demi-douzaine de policiers.
En un clin d’œil tout dans l’appartement fut retourné, bouleversé. « Ah ! Ça, mais que cherchent-ils donc ? » se disait M. Toulet.
Enfin, quand ils eurent tout vu, le magistrat demanda : « Vous avez une boutique ? » (L’appartement se situe au quatrième étage).
— Une boutique et une cave, oui, monsieur.
— Ah ! Vous avez une cave aussi ? Reprit le commissaire.
Et, se tournant vers ses agents, qui clignaient de l’œil :
— Il faudra voir aussi dans la cave, ajouta-t-il.
Donc on continua par la boutique et l’on termina par la cave : tout fut scrupuleusement examiné.
Et toujours M. Toulet se demandait : « Ab ça ! qu’est-ce qu’ils cherchent donc ici ? »
Après une heure et demie de perquisitions, le commissaire et ses agents s’en allèrent.
Le 23 mars suivant il fut l’objet d’une nouvelle perquisition. Son dossier à la Préfecture de police portait le n° 2897. Le juge d’instruction demanda sa notice à la Préfecture de police le 30 mars 1894. Il fut libéré le 21 avril 1894.
Il s’était ensuite, semble-t-il, retiré du mouvement avant de décéder à son domicile 34 rue Servan.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article249279, notice TOULET Cyr, [dit Guy], Flavien [dit LECLERC] [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, Dominique Petit, version mise en ligne le 30 juin 2022, dernière modification le 30 juin 2022.

Par Rolf Dupuy, Dominique Petit

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York.

SOURCES :
Combat Syndicaliste, 4 juin 1937 (souvenirs de L. Guérineau) — Archives Nationales F7/12508 — Archives de la Préfecture de police Ba 1500 — Les Temps Nouveaux, 5 décembre 1896 — Notice Guy Toulet du Dictionnaire des militants anarchistes — La Loi 11 avril 1893 — Petit Parisien 2 janvier 1894 — Le Radical 4 janvier 1894.

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