SEGUIN Joël

Par Guy Herbreteau

Né le 14 novembre 1952 à Narbonne (Aude) ; cheminot ; syndicaliste CGT, secrétaire général du secteur CGT de Midi-Pyrénées (1996-2002), membre de la Commission exécutive de la Fédération CGT des cheminots (1997-2002).

Portrait de Joël Seguin
Portrait de Joël Seguin

Joël Seguin hérita de la tradition cheminote familiale. Son père, mécanicien vapeur au dépôt de Narbonne (Aude), et deux de ses oncles, étaient cheminots. Sa mère était femme au foyer. La famille comptait trois enfants, deux garçons et une fille, dont Jean était le puiné.

Titulaire d’un baccalauréat de la filière F1 (génie mécanique), obtenu à la cité technique de Narbonne (Aude), Joël Séguin entra à la SNCF en décembre 1973 comme attaché 6 au service Traction du dépôt de Toulouse (Haute-Garonne). Il effectua toute sa carrière professionnelle comme agent de conduite. Il accéda successivement aux grades d’élève conducteur, de conducteur de ligne puis de conducteur de ligne principal. En 2002, il fit valoir ses droits à la retraite.

L’engagement militant de Joël Seguin débuta à l’occasion du mouvement social de mai 1968. Alors lycéen à Narbonne (Aude), il participa activement à la mobilisation aux côtés de ses jeunes camarades. Cette période fut un moment d’intense politisation qu’il partagea avec son père. Adhérent de la CGT, il participa lui-aussi aux manifestations et les discussions familiales furent imprégnées des enjeux du « mouvement de Mai ».

Entré à la SNCF, Joël Seguin adhéra à la CGT en 1976. Au gré des luttes et des actions de grève, il découvrit l’importance du collectif et la force de l’organisation syndicale. Les contacts et les liens fraternels entretenus avec les militants CGT, souvent à la pointe du combat, le décidèrent à prendre une part active dans l’organisation. En 1979, il accepta de prendre ses premières responsabilités syndicales. Sa décision fut confortée l’année suivante à l’occasion d’un conflit spécifique aux agents de conduite. Du 12 au 19 janvier 1980, ceux-ci s’opposèrent à la mise en œuvre de la CG S7B n°4, consigne régissant les conditions de circulation avec un seul agent sur les lignes à double voie équipées de la radio sol-train. Après deux jours d’une grève suivie et unitaire, l’alliance avec la FGAAC prit fin. Dès lors, malgré la motivation des militants de la CGT et l’approbation d’un grand nombre d’agents, le mouvement s’effrita. Le résultat fut sans appel : perte des aides conducteur pour environ 30% des agents, dégradation des conditions de travail, bouleversement des modes d’acquisition du métier pour les débutants. Tout cela pour une obole, une compensation financière modique. Les contacts avec les militants de la CGT convainquirent Joël de l’importance d’un engagement face aux difficultés engendrées par les réorganisations du travail cheminot. Les débats avec les militants lui permirent aussi de faire la différence avec les autres organisations syndicales implantées dans l’établissement, notamment les autonomes.

Joël fut rapidement convaincu de l’importance de la bataille idéologique. De 1979 à 1983, il accepta d’être responsable du journal de la section des agents de conduite de Toulouse (Haute-Garonne) intitulé L’Étoile. Ce journal fut un moyen d’information essentiel et constitua un lien régulier avec les agents de conduite (ADC) afin de rendre compte de l’activité syndicale et du travail des délégations. Durant la même période, Joël fut élu délégué suppléant à la sécurité (1979 - 1981) puis délégué du personnel de 1983 à 1996. Il siégea dans ces instances en tant que délégué catégoriel, avec les camarades Michel Rodriguez, Michel Laval, Alexandre Insa puis Michel Moncade, Jean-François Agrain et Alain Bringuier. Il y acquit une parfaite connaissance de la réglementation ce qui lui permit d’œuvrer efficacement à la défense des ADC, notamment en matière de déroulement de carrière. Trésorier de la section technique des ADC à compter de 1981, il en devint le secrétaire général de 1983 à 1993. Cette même année, il fut sollicité pour prendre la responsabilité de secrétaire à l’Organisation du syndicat CGT des cheminots de Toulouse (Haute-Garonne). En 1996, lorsqu’Alexandre Insa secrétaire général du secteur de Midi-Pyrénées prit sa retraite, la fédération CGT des cheminots proposa à Joël de le remplacer. Il assuma cette responsabilité jusqu’en 2002, année de son départ en retraite. A ce titre, il siégea à la CE de la Fédération CGT des cheminots de 1997 à 2002.

Joël Seguin fut particulièrement marqué par ses camarades Jean-Pierre Bonnet, Michel Laval, Alexandre Insa et Michel Rodriguez avec qui il participa à divers piquets de grève (organisés en 3X8), notamment ceux du conflit de 1980. Conflit particulièrement difficile qui n’aboutit pas à la satisfaction des revendications mais exigea un haut niveau d’analyse et de responsabilité. Puis, il y eut Pierre Lapeyre qui participa aux négociations nationales et qui transmit régulièrement les informations afin d’analyser la situation. Avec ce dernier Joël, eut des liens d’amitiés soutenus. Au cours de son engagement, et notamment de sa participation aux grandes luttes des hivers 1986 et 1995, il connut d’autres militants qui le marquèrent par leur implication dans l’organisation, leur capacité d’analyse et l’esprit de convivialité dont ils firent preuve. Ce fut le cas de Pierrot Perez et de Michel Bordenave. Leur rigueur et leur présence exemplaire sur le terrain permit à Joël d’apprécier l’impact des militants CGT au quotidien. Pour être au niveau qu’exigent les différentes responsabilités assumées, Joël participa aux stages de formations de niveau 1 et 2. Il suivit également le stage de secrétaire à l’Organisation, celui de secrétaire général de syndicat, puis le stage de niveau 3.

Tout au long de son parcours syndical, Joël sut allier une connaissance parfaite des dossiers au travail de conviction des militants et des cheminots. Il resta toujours attaché à la fraternité, la présence et la formation, meilleurs moyens de faire évoluer l’organisation pour qu’elle réponde toujours mieux aux intérêts des salariés. Ce fut cette pratique qu’il initia comme secrétaire général du secteur de Midi Pyrénées. Expérience riche qui lui permit d’élargir sa vision des choses et d’enrichir ses capacités d’intervention. D’un naturel patient, Joël fit partie de ces militants qui rassuraient par leur capacité, dans les périodes complexes, à aller à l’essentiel.

Le 14 septembre 1974, il se maria à Françoise. Le couple eut un fils devenu cheminot au Transport à Toulouse (Haute-Garonne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article249305, notice SEGUIN Joël par Guy Herbreteau, version mise en ligne le 27 septembre 2022, dernière modification le 22 novembre 2022.

Par Guy Herbreteau

Portrait de Joël Seguin
Portrait de Joël Seguin

SOURCE : Renseignements fournis par l’intéressé, 2010.

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