PLACE Jules [PLACE Ernest, Jules]

Par Alain Dalançon

Né le 27 décembre 1888 à Louvignies-Bavay (Nord), mort le 20 août 1969 à Garches (Hauts-de-Seine) ; professeur, directeur du collège puis proviseur du lycée Jean-Baptiste Say à Paris ; résistant.

Fils de Valéri Place, charpentier, et d’Elise Lebrun, repasseuse, Jules Place fut reçu au concours d’entrée à l’École normale supérieure primaire de Saint-Cloud, section sciences, en 1909. À l’issue de sa scolarité, il effectua son service militaire d’octobre 1911 à octobre 1913 dans le Génie, qu’il termina au grade de sous-lieutenant de réserve après été élève officier.

En octobre 1913, il fut nommé professeur de mathématiques et sciences appliquées à l’école primaire supérieure et professionnelle de Rouen (Seine-Inférieure), rue Saint-Lô.

Jules Place fut mobilisé le 2 août 1914 et démobilisé le 22 juillet 1919, comme commandant aux transmissions d’un corps d’armée. Sa conduite lui valut deux citations, l’une à l’ordre de la division, l’autre de l’armée, et la Croix de guerre.
Il épousa Yvonne Letante, sans profession (1891-1976), fille d’un chef de fabrication, rapatriés de Maubeuge, le 1er août 1918 à Paris (Xe arr.). Ils eurent un fils, Yves, né en 1920 à Rouen où il reprit son service d’enseignant à l’EPS.

En 1921 il fut muté à Paris, à l’école primaire supérieure Colbert de la Ville de Paris, 27 rue du Château-Landon. Il bifurqua ensuite pour devenir surveillant général à l’école Lavoisier de la Ville de Paris en 1933, puis préfet des études à l’école Jean-Baptiste Say de la Ville de Paris en 1936.

Mobilisé le 1er septembre 1939 comme chef de bataillon, en tant que professeur à l’École militaire du Génie, il fut démobilisé le 10 août 1940, et devint directeur de son école le 1er octobre suivant. Il fut mis à la retraite d’office le 8 octobre 1942 car suspecté d’avoir été franc maçon et coupable de tiédeur et d’attentisme pour appliquer les mesures répressives du gouvernement de Vichy à l’encontre des personnels et élèves juifs. Il fut remplacé par Henri Béjean.

Dès lors, il commença à mener le combat contre le régime collaborationniste et l’occupant. En liaison avec M. Ronze (alias Durvel), il fut présenté au président du groupement « Ceux de Libération-Vengeance », afin d’étudier des dossiers de destruction mais les pourparlers n’aboutirent pas, en raison de l’arrestation du président. Julien Place entra dans la Résistance en tant que collaborateur du lieutenant-colonel Douget (alias colonel Cosson), de septembre 1943, jusqu’à l’arrestation du colonel en janvier 1944. Il participa en particulier à l’étude de la neutralisation des dispositifs de mines et des transmissions allemandes par câbles. Il fut ensuite en relation avec le général Alphonse Antoine (alias Dammartin), pour qui il organisa un refuge. Robert Gruppo, responsable du Front national universitaire, à qui il avait déjà fourni des noms de collègues fiables, lui demanda de constituer une commission chargée d’étudier les programmes des collèges modernes à appliquer à la rentrée 1944.

Lors de la libération de la capitale, Jules Place responsable du FNU à Jean-Baptiste Say, fut porteur d’un ordre de mission du Comité de libération de Paris, participa à l’occupation des locaux de la direction de l’enseignement de la Seine, place de la Madeleine, le 21 août 1944, et du ministère de l’Education nationale, le 23 août. Dès le 20 août, les professeurs du FNU du collège exigèrent la réintégration des victimes des lois antimaçonniques, dont Julien Place et François Bonniard, et la révocation du directeur Béjean.

Jules Place retrouva son poste de directeur du collège Jean-Baptiste Say, officiellement le 23 novembre 1944 ; en fait il avait organisé la rentrée avec l’aide de Camille Girault, professeur, militant syndicaliste et FFI.

Personnalité à l’autorité reconnue, ayant toujours le souci du service public, attentif aux problèmes de chacun, il demeura à la tête de ce prestigieux établissement devenu lycée en 1952, jusqu’à sa prise de retraite en 1954. Il en fut donc le premier proviseur.

Ancien adhérent du Syndicat national des écoles primaires supérieures, il adhéra à la Libération au Syndicat national des collèges modernes jusqu’à la fusion du syndicat dans le SNES.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article249381, notice PLACE Jules [PLACE Ernest, Jules] par Alain Dalançon, version mise en ligne le 6 juillet 2022, dernière modification le 6 juillet 2022.

Par Alain Dalançon

SOURCES : Arch. Dép. Nord (état civil, registre matricule) ; arch. Ville de paris (état civil). — Annuaire des anciens élèves des ENS de Saint-Cloud et Fontenay-aux-Roses. — Arch. IRHSES (brochure ACREN, 1948). — BOEN novembre 1944, p. 639. — Jean-Pierre Levert, Thomas Gomart, Alexis Merville, René Rémond (préf.),Un Lycée dans la tourmente : Jean-Baptiste Say, 1934-1944, Calmann-Lévy, 1994. — Site du lycée Jean-Baptiste Say.

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