GOULLIEUX Philippe, Robert

Par Nicolas Simonpoli

Né le 26 juin 1956 à Paris (XVIIe arr.) ; cheminot ; syndicaliste CFDT, secrétaire général de l’UPR-CFDT des cheminots de Paris Nord (1987-1992), secrétaire général du syndicat régional CFDT des cheminots de Paris Nord (1992-1999), membre du bureau de l’URI-CFDT d’Ile-de-France (1999-2002), membre du bureau fédéral de la FGTE-CFDT (2002-2006), secrétaire général du Comité régional des Transports et de l’Equipement CFDT Ile-de-France (1999-2012).

Philippe Goullieux, 2018
Philippe Goullieux, 2018

La famille de Phillipe Goullieux vivait dans le XVIIe arrondissement de Paris. Son père, Claude, était magasinier dans une entreprise de pièces automobiles à Argenteuil (Val-d’Oise). Sa mère, Monique Desloges, fut vendeuse dans un commerce de cristallerie sis place de Clichy (Paris) puis garde d’enfants. La famille comptait cinq enfants, deux garçons et trois sœurs, dont Philippe était l’aîné.
Après l’obtention de son Certificat d’études primaires, en juin 1970, Philippe Goullieux suivit une formation de menuisier à l’Ecole de formation industrielle et commerciale Saint-Nicolas du VIe arrondissement de Paris. Il termina son cursus en 1973. La même année, il travailla comme coursier à mobylette pour l’Office de Régie et de Prestations, une entreprise d’acheminement de plis urgents pour les entreprises ou les administrations. De 1974 à 1975, il effectua son service militaire au sein du 1er régiment du Génie de Strasbourg (Bas-Rhin).

En février 1976, Philippe Goullieux fut embauché à la SNCF comme agent d’exploitation en gare d’Ermont-Eaubonne (Val-d’Oise). L’année suivante, il obtint l’examen de commis secrétariat. En 1978, il fut affecté comme commis secrétariat à Paris La Chapelle. Il y fut promu commis secrétariat principal en 1983. Mis en service libre à compter de 1987, il demeura affecté à la circonscription de Paris Nord. À compter de 2000, il accéda aux grades de chef de secteur administratif puis de chef de secteur administratif principal en 2007. Il occupa ce grade jusqu’à son départ en retraite en octobre 2012.

Philippe Goullieux adhéra à la CFDT en janvier 1977. Affecté en gare d’Ermont-Eaubonne (Val-d’Oise), il milita au sein du syndicat CFDT des cheminots de Paris Nord. Plusieurs actions revendicatives marquèrent ses premières années de militantisme. En février 1984, aux côtés de Jean-Marc Pollaris, il participa au conflit des salariés de l’entreprise de nettoyage ONET de la gare du Nord (Paris). Les modes d’action furent parfois originaux comme lorsqu’en 1985 la FGTE-CFDT et l’ASSECO-CFDT (association de consommateurs) distribuèrent plusieurs centaines de questionnaires aux usagers de la gare du Nord afin de porter ensemble les revendications des usagers et celles des cheminots. L’année suivante, Philippe Goullieux participa au grand conflit de l’hiver 1986/1987. Il fit partie de l’équipe de gestion de la grève sur la région de Paris Nord. Ainsi, il anima l’action des guichetiers, démarrée le 5 décembre, pour le maintien de l’indemnité de saisie. Le 12 décembre, suite à l’Assemblée générale des agents de conduite du dépôt de La Chapelle, il participa à la délégation qui déposa le préavis de grève illimitée au nom de l’Union professionnelle régionale (UPR-CFDT) de Paris Nord aux côtés de Marc Stoecklin et Michel Devacht. Progressivement, malgré les tensions qui opposèrent les organisations syndicales aux coordinations, la grève s’étendit à l’ensemble des régions SNCF. Le 21 décembre, la quasi-totalité des dépôts avaient rejoint la mobilisation et le slogan « plus jamais comme avant ! » était repris par nombre de cheminots. Au terme du conflit, les projets gouvernementaux de réforme de l’avancement professionnel et de nouvelle grille des salaires « au mérite » furent retirés. En 1995, lors du mouvement social interprofessionnel contre le Plan Juppé, il anima l’action revendicative des cheminots de l’UPR-CFDT de Paris Nord. La CFDT était alors divisée sur l’attitude à adopter vis-à-vis du gouvernement, la confédération était favorable à la réforme alors que plusieurs fédérations, dont la FGTE, s’y opposaient.

Tout au long de ses années d’engagement, Philippe Goullieux exerça des responsabilités à divers niveaux de l’organisation CFDT. D’abord au sein de la corporation cheminote. À compter de 1987, il fut secrétaire général du syndicat des cheminots de Paris Nord puis, en remplacement de Michel Devacht, secrétaire général de l’UPR de Paris Nord jusqu’en 1999. Parallèlement, de 1987 à 1998, il fut représentant syndical CFDT au Comité d’établissement régional (CER) de Paris Nord. De 1995 à 2001, il siégea également comme administrateur CFDT à la commission administrative de la Bourse du travail de Paris puis, de 2006 à 2008, comme représentant de la CFDT au bureau de l’AGECIF SNCF. Ensuite, il occupa différents mandats au niveau de la Fédération générale des Transports et de l’Equipement. De 1999 à 2012, il fut secrétaire général du CRTE Ile-de-France. À cette occasion, il siégea au bureau fédéral de la FGTE-CFDT de 2002 à 2006. Enfin, il s’engagea dans l’action interprofessionnelle. De 1996 à 2002, il fut membre de la commission exécutive de l’Union départementale CFDT de Paris et, de 1999 à 2002, membre du bureau de l’Union régionale interprofessionnelle CFDT d’Ile-de-France. Il connut également quelques expériences européennes comme en 1991, lorsque sur mandat de la CFDT et de la CISL, il participa à une mission de cinq semaines en Roumanie afin d’aider à la structuration des syndicats nouvellement créés. Dans le cadre de ces différents mandats, Philippe Goullieux fut détaché comme permanent syndical de 1987 à 2012. Une fois à la retraite, il s’investit dans l’Union territoriale des retraités CFDT de Charente-Maritime dont il devint le trésorier en 2017.

À partir de 2018, en parallèle de ses engagements syndicaux, Philippe Goullieux s’investit dans le Comité Laïcité République de Charente Maritime. En 2021, après avoir suivi une formation de formateur, il anima des sessions de formation aux « valeurs de la République et de la laïcité » sous l’égide de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT). Formations mises en place suite aux attentats de Charlie Hebdo en 2015.

En juillet 2004, il se maria en secondes noces avec Christine Jacquemard, éducatrice pour jeunes enfants, militante CFDT et déléguée du personnel des salariés du CER SNCF de Paris Nord. Philippe Goullieux était père de deux enfants : Audrey, née en 1979, de sa première union et Cédric, né en 1993, de son second mariage. En 2015, son fils fut embauché à la SNCF comme aiguilleur à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article249409, notice GOULLIEUX Philippe, Robert par Nicolas Simonpoli, version mise en ligne le 27 septembre 2022, dernière modification le 27 septembre 2022.

Par Nicolas Simonpoli

Philippe Goullieux, 2018
Philippe Goullieux, 2018

SOURCES : Arch. FGTE-CFDT. — Renseignements fournis par l’intéressé, avril 2022.

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