PERRIER Pierre, Ferdinand, Jean, Baptiste

Par Jean-Luc Marquer

Né le 5 octobre 1914 à Annonay (Ardèche), exécuté sommairement le 8 mars 1944 à Toulaud (Ardèche) ; cultivateur fermier ; résistant homologué Forces françaises de l’Intérieur et interné résistant (DIR).

Pierre, Ferdinand, Jean, Baptiste Perrier était le fils de Jean-Pierre, Antoine Perrier, cultivateur, et de Mélina, Clémentine Marcou, son épouse.
Son père mourut pour la France le 4 mars 1915 à Ansauville (Meurthe-et-Moselle). Sa mère se remaria le 29 novembre 1919 avec Auguste, Lucien Coste.
Il épousa Augustine Emma Courthial. Le couple eut deux enfants.
Pierre Perrier s’engagea dans la Résistance et rejoignit les rangs du secteur A de l’Armée secrète de l’Ardèche. Ses services sont homologués à partir du 1er janvier 1944.
En 1944, il était fermier de Ferdinand Janvier, directeur des carrosseries Besset à Annonay (Ardèche), futur commandant de l’Armée Secrète, et occupait avec sa famille l’une des deux fermes que ce dernier possédait à Toulaud (Ardèche) quartier de Juventin, l’autre hébergeant depuis l’été 1943 de jeunes ouvriers de son entreprise réfractaires au STO et employés à des coupes de bois.
Peu après, à proximité, s’installèrent des maquis FTP. dans des bâtisses abandonnées, à Lardois puis Tracol. Les deux mouvements s’entraidaient.
Les maquis d’action FTP, facilement accessibles à pied depuis Saint-Péray, étaient soutenus par tout un réseau d’amis sûrs dans les populations locales (notamment d’origine protestante) de Toulaud, Boffres (Ardèche), Alboussière (Ardèche). Ils furent particulièrement efficaces pendant plus de six mois !
Mais la milice et la Gestapo finirent par soudoyer quelques indicateurs avec des primes alléchantes.
Le 8 mars 1944, un détachement de soldats allemands d’environ 200 hommes, conduit par des policiers allemands en civil, investit la commune de Toulaud pour tenter d’arrêter les résistants qui s’y trouvaient.
Ceux-ci, prévenus, avaient déjà décroché et entrepris une nomadisation vers l’arrière-pays ardéchois.
Se rendant tout d’abord au hameau de Biguet, ils arrêtèrent tous les hommes.
En perquisitionnant ils découvrirent dans une cave viticole des couvertures et et des vêtements civils. Se rendant au domicile du propriétaire alors absent ils malmenèrent et questionnèrent sa femme et sa fille. Puis, après l’avoir pillée, ils incendièrent la maison puis la firent exploser. Ils détruisirent la cave de la même façon après avoir emporté 50 hl de vin.
Une partie du détachement s’était rendue au hameau de Tracol. Les soldats détruisirent deux maisons inhabitées qui avaient servi de refuge aux maquisards et arrêtèrent un jeune homme, André Paquien, un jeune résistant atteint de pleurésie, soigné par les Perrier.
Puis ils se rendirent à Juventin et investirent les fermes. Les policiers allemands interrogèrent et maltraitèrent Pierre Perrier et son épouse, qui prise de frayeur, parvint à s’échapper avec ses deux enfants. Se trouvaient également présents deux employés, René Vialle et Joseph Gachet, qui subirent le même traitement.
Joseph Gachet, qui avait été envoyé chercher le troupeau de moutons, revint au moment où les Allemands exécutaient Pierre Perrier, René Vialle et André Paquien. Il témoigna pour le Mémorial de l’oppression : « ...Arrivé à trois cents mètres de celle-ci (La ferme), je vis de mes propres yeux Perrier, le réfractaire et Vialle l’un derrière l’autre suivis par quelques Allemands qui se dirigeaient vers un chemin de terre lorsque quelques coups de mitraillette retentirent et tous trois tombèrent mortellement. Cela ne suffisaient pas, ils arrosèrent encore abondamment leurs victimes étendues sur le sol avec leurs mitraillettes... ».
Gardé vivant, manifestement pour s’occuper des animaux, Joseph Gachet parvint à s’enfuir le lendemain.
Là encore, après avoir pillé la ferme, et volé tout le cheptel, les Allemands détruisirent les bâtiments.
Le 10 mars 1944, dans l’après-midi, les trois corps furent découverts par un habitant venu constater les dégâts commis par les Allemands.
Pierre Perrier et René Vialle, domicilié à Leyraud, commune d’Alboussière, furent immédiatement identifiés. Le troisième était le jeune homme qui avait été arrêté à Tracol, André Paquien.
Les obsèques furent célébrées le 12 mars 1944 au hameau de Saint-Didier, commune d’Alboussière. Selon les gendarmes, 3000 personnes y auraient participé.
Pierre Perrier obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué résistant, membre des Forces françaises de l’Intérieur, et interné résistant (DIR).
Il fut décoré de la Médaille de la Résistance à titre posthume par décret du 3 février 1960 paru au JO du 28 février 1960.
Son nom figure sur une stèle érigée à Juventin, commune de Toulaud, sur le monument aux morts et la stèle commémorative des victimes de 1939-1945, à Annonay (Ardèche) et sur le monument aux morts, à Vocance (Ardèche).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article249620, notice PERRIER Pierre, Ferdinand, Jean, Baptiste par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 19 juillet 2022, dernière modification le 19 juillet 2022.

Par Jean-Luc Marquer

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21 P 385858 et AC 21 P 658205 (nc). — SHD, Vincennes GR 16 P 468697 (nc) ; GR 19 P 7/28, p. 7. — Arch. Dép. Rhône et Métropole, Mémorial de l’oppression, 3808 W 230. — Mémoire des hommes. — Geneanet. — Mémorial GenWeb. — Musée de la Résistance en ligne

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