DECOURCELLES Jean-Paul, René, Augustin

Par Nicolas Simonpoli

Né le 24 avril 1958 à Mazingarbe (Pas-de-Calais) ; cheminot ; syndicaliste CGT, membre de la CE de l’UD-CGT du Pas-de-Calais (1989-1995), membre du bureau de la Fédération CGT des cheminots (1998-2000), administrateur CGT au CA de la SNCF (1998-2003) ; militant communiste, membre du bureau puis secrétaire de la fédération du Pas-de-Calais (1983-1995) ; élu local, conseiller municipal (1983-2020) puis maire adjoint (2008-2020) de Lens.

Jean-Paul Decourcelles lors du 38ème Congrès fédéral, mai 2000.
Jean-Paul Decourcelles lors du 38ème Congrès fédéral, mai 2000.
[Droits réservés Coll. IHS-CGT cheminots]

Jean-Paul Decourcelles grandit dans une famille modeste du Pas-de-Calais. Son père, Pierre Decourcelles, militant de la JOC puis de la CGT, était jardinier municipal dans la commune de Nœux-Les-Mines (Pas-de-Calais). Sa mère, Paulette Cadart, militante du secours populaire et du PCF, maire adjointe à Oignies (Pas-de-Calais), était femme de ménage. Au cours de son enfance, ses parents divorcèrent et Jean-Paul vécut dans une famille recomposée qui comptait sept enfants. Pendant plusieurs années, la maisonnée connut un grand dénuement matériel puisqu’elle ne put compter que sur le salaire de son beau-père, ouvrier mineur. Malgré ces difficultés, Jean-Paul y découvrit la solidarité qui animait alors les travailleurs des mines, solidarité qui se prolongeait dans un syndicalisme combattif et exigeant.

Jean-Paul Decourcelles effectua sa scolarité au Collège d’enseignement technique d’Oignies (Pas-de-Calais). En 1977, il y obtint un CAP puis un BEP vente. Il y fit également ses premières expériences militantes puisqu’il anima une grève des élèves à l’occasion de laquelle il croisa la route de Léon Delfosse, ancien secrétaire général de la fédération CGT des Sous-sol, qui l’aida à imprimer des tracts. Militant des Jeunesses communiste depuis 1975, il fut très marqué par les figures communistes et cégétistes locales que furent Joseph Legrand, Marcel Barrois et André Demarez. Il vécut également avec grand intérêt la période de l’Union de la gauche qui fut, pour lui, un moment de politisation essentiel.

Entre 1977 et 1980, au terme de ses études secondaires, Jean-Paul Decourcelles exerça comme employé dans différents secteurs d’activité. Il fut successivement commis boucher dans la grande distribution puis employé de laboratoire au centre hospitalier de Lille (Nord), il partit ensuite pour sa période de service national qu’il effectua, en 1978, dans un régiment de l’infanterie coloniale. En 1977, dès son entrée dans la vie active, il se syndiqua à la CGT.

En mars 1980, Jean-Paul Decourcelles fut embauché à la SNCF comme attaché groupe 7, puis agent mouvement, en gare d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Longue de trente-cinq ans, sa carrière cheminote fut entrecoupée de deux périodes de détachement syndical. La première débuta en 1982 lorsqu’il fut détaché en tant que collaborateur du sénateur communiste Raymond Dumont. L’année suivante, il fut placé disponibilité afin d’assumer ses responsabilités d’élu local, de responsable politique et de militant syndical. Pendant douze ans, il assura les fonctions de membre du bureau puis de secrétaire de la Fédération du Pas-de-Calais du Parti communiste français (1983-1995), d’élu municipal à Lens (1983-2020), de membre de la commission exécutive de l’UD-CGT du Pas-de-Calais (1989-1995) et de membre du Conseil économique et social du Nord Pas-de-Calais (1989-2004). Pendant de longues années, il fut l’homme de confiance du secrétaire fédéral communiste du Pas-de-Calais, député du département et membre du Comité central du PCF. Au sein de l’organisation communiste, Jean-Paul connut une véritable promotion culturelle. Il suivit les écoles centrales d’un mois et de quatre mois du parti qui lui permirent de perfectionner sa formation autodidacte.

Toutefois, en 1994, un important conflit l’opposa aux membres de la Fédération PCF du Pas-de-Calais au sujet des orientations du XXVIIIe congrès du parti. La direction locale défendit une orientation politique qui s’inscrivit en opposition à celle portée par la direction nationale du PCF. Cela se traduisit, au niveau du bassin minier, par une division du groupe militant communiste. Jean-Paul Decourcelles fut le seul membre du secrétariat de la Fédération du Pas-de-Calais qui vota les orientations nationales. Très vite, ses relations avec les responsables de la fédération se dégradèrent et il décida de mettre fin à sa période de détachement.
Il réintégra la SNCF en 1995 et fut affecté comme agent d’aiguillage en gare de Maroeuil (Pas-de-Calais) puis de Pont-à-Vendin (Pas-de-Calais). Toutefois, le mouvement social de l’hiver 1995 le replongea immédiatement dans l’action syndicale. Pendant six semaines, il participa aux assemblées générales, organisa la caisse de grève, rencontra les municipalités ouvrières de la localité. Il renoua ainsi avec le syndicalisme CGT chez les cheminots. De 1995 à 1998, il fut élu membre du CHSCT et représentant syndical du Comité d’établissement régional.

À la fin de l’année 1997, Jean-Paul Decourcelles fut contacté par Bernard Thibault, secrétaire général de la Fédération CGT des cheminots, qui lui proposa d’être candidat au Conseil d’Administration de la SNCF. Soucieux de ne pas reproduire la situation de détachement vécu au sein du PCF, l’intéressé hésita. Il finit néanmoins par accepter en considérant que cette responsabilité lui permettait de réutiliser les savoir-faire acquis lors de son expérience militante. De 1998 à 2004, il connut donc une nouvelle période de détachement.

En février 1998, Jean-Paul Decourcelles fut élu administrateur CGT de la SNCF. Il conserva son mandat jusqu’en 2003. En juin 1998, il intégra également le bureau de la Fédération CGT des cheminots. Il s’y consacra aux questions de l’aménagement du territoire et, en particulier, à la régionalisation du transport ferroviaire. Le développement du TER, les relations avec les élus régionaux, les inégalités entre les territoires posaient alors un ensemble de questions relatives à l’unité du réseau ferré, à la répartition de l’emploi cheminot et aux instances de représentation. Jean-Paul Decourcelles se consacra prioritairement à ces questions.

Au cours de l’année 2000-2001, réussissant à faire valider les acquis de son expérience militante, il reprit des études universitaires. Il s’inscrivit dans le DESS d’Analyse du travail, organisation et gestion de l’emploi de l’université Paris X-Nanterre. Son mémoire de fin d’études fut intitulé « la décentralisation des services régionaux de voyageurs, transformations économiques et changements dans le travail ».

En 2003, au terme de son mandat au CA de la SNCF, Louis Gallois, PDG de l’entreprise lui confia la mission d’élaborer des accords régionaux au sujet des missions grandes lignes déficitaires. Il y travailla notamment sur l’élaboration de lignes d’aménagement du territoire dont le fonctionnement fut négocié avec les régions. En 2004, il intégra le cabinet d du président de la région Nord-Pas-de-Calais en qualité de conseiller transports. Il y demeura jusqu’en 2010. Par la suite, il rejoignit la direction de la région SNCF de Lille (Nord) comme responsable des lignes transfrontalières avec la Belgique puis comme secrétaire général aux affaires territoriales. Il conserva cette fonction jusqu’en 2015, année de son départ en retraite.

Après 2000, écarté par la direction fédérale du Pas-de-Calais, Jean-Paul Decourcelles ne milita plus au Parti communiste français. En 2012, il adhéra quelques mois au Parti socialiste mais le quitta peu de temps après l’élection de François Hollande à la présidence de la République. À compter des élections présidentielles de 2017, il rejoignit la France Insoumise.

En décembre 1980, il se maria avec Marie-Paule Lefebvre, bibliothécaire, militante communiste et cégétiste de la fonction publique territoriale. Le couple eut deux enfants, une fille et un garçon. Leur fils était cheminot au Matériel à Hellemmes (Nord).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article249703, notice DECOURCELLES Jean-Paul, René, Augustin par Nicolas Simonpoli, version mise en ligne le 27 septembre 2022, dernière modification le 27 septembre 2022.

Par Nicolas Simonpoli

Jean-Paul Decourcelles lors du 38ème Congrès fédéral, mai 2000.
Jean-Paul Decourcelles lors du 38ème Congrès fédéral, mai 2000.
[Droits réservés Coll. IHS-CGT cheminots]

SOURCES : Arch. IHS-CGT des Cheminots. — Informations fournies par l’intéressé, avril 2022.

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