TABOURET Martin, Adolphe

Par Jean-Louis Robert

Le prix Jean Maitron a été attribué à
HUDON, Étienne, La boulangerie parisienne en révolution : une micro-histoire de la Commune de 1871, Mémoire sous la direction de Quentin Deluermoz, Université Paris-Cité, 2022, 226p.

Né le 25 septembre 1837 à Batignolles ; ouvrier boulanger à Paris ; syndicaliste ; adhérent de l’AIT ; communard.

La Chambre syndicale des ouvriers boulangers fut fondée le 16 décembre 1869. Adolphe Tabouret, un des signataires de l’appel à s’organiser du 7 novembre 1869, fut élu à sa commission administrative le 30 décembre 1869. Il devint très vite un des principaux animateurs de la Chambre syndicale (qui se refusait à avoir un président). Il habitait alors 14 rue Delaitre (XXe arr.).
Le 10 mars 1870, la chambre syndicale adhéra à l’AIT, ce qui faisait de chacun de ses adhérents un membre indirect de l’Internationale.
Représentant les ouvriers boulangers, il intervint, le 19 janvier 1871, à la réunion du Conseil fédéral des sections parisiennes de l’Internationale pour défendre l’interdiction du travail de nuit dans les boulangeries.
Le 8 avril 1871, il fit partie des signataires d’une lettre de délégués des ouvriers boulangers à la Commune de Paris, demandant l’abolition du travail de nuit et des placeurs. Il habitait alors au 88, rue Haxo (XXe arr.).
C’est Tabouret qui présida le grand meeting au Cirque national le 17 mai 1871 où 2000 ouvriers boulangers saluèrent le décret de la Commune interdisant le travail de nuit et se prononcèrent pour l’émancipation ouvrière.
Toutefois la Chambre syndicale des ouvriers boulangers et Tabouret restèrent prudents devant la Commune. La chambre syndicale signa ainsi le manifeste des conciliateurs.
Adolphe Tabouret ne fut dès lors guère inquiété aux lendemains de la Commune. Et dès mai 1872, il était de nouveau signalé comme membre délégué de la Chambre syndicale.
Il continua son activité syndicale de manière plus intermittente. Il fut délégué au congrès ouvrier de 1876, il intervint en avril 1877 au congrès des ouvriers boulangers.
Tabouret parut ensuite s’intéresser avant tout aux questions techniques de la boulangerie. Il envoya plusieurs projets d’invention à la société d’encouragement dans les années 1880.

Il participa de nouveau activement au mouvement social dans les années 1891-1892 en prenant part à la naissance de la Fédération de l’Alimentation et en dirigeant les mouvements sociaux des ouvriers bouchers et boulangers parisiens de 1891 et 1892. Il était alors un partisan de la grève. Il habitait 345 rue de Vaugirard (XVe arr.). En 1893 et 1894, il fut un des responsables de la Ligue nationale pour la suppression des bureaux de placement. Encore en mars 1897, il intervint devant les ouvriers de l’alimentation du XIe arrondissement contre les placeurs.
Tabouret intervint aussi dans le domaine de l’économie sociale. Il fut un des fondateurs et le premier président d’une éphémère Banque du quatrième état créée en 1892. En 1900, il intervint devant une réunion syndicale pour développer le plan d’une boulangerie coopérative qui fournirait du pain aux grévistes et aux chômeurs.
Tabouret était aussi délégué des compagnons boulangers du Devoir de Paris en 1891.
Il s’était marié avec Caroline Boulanger en août 1870 ; ils avaient une fille, Louise, Catherine, née le 25 novembre 1866.
Un Adolphe Tabouret sollicita des secours auprès du conseil municipal de Paris en 1908 et 1911. Est-ce le même ?

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article250727, notice TABOURET Martin, Adolphe par Jean-Louis Robert, version mise en ligne le 29 août 2022, dernière modification le 25 novembre 2022.

Par Jean-Louis Robert

SOURCES : Notice DBMOF. — SHD, Ly 11. — État civil de Paris. — La Réforme politique et sociale, 26 novembre 1869. — La Marseillaise, 1er avril 1870. — La Fronde, 1er juin 1900. — Le Journal, 4 novembre 1892. — La côte de la Bourse et de la Banque, 29 février 1892. — Le Journal populaire, 17 mai 1871. — Le Réveil, 28 juillet 1870. — Le Public, 14 novembre 1869. — L’Intransigeant, 1er novembre 1892. — Les Séances officielles de l’Internationale à Paris pendant le Siège et pendant la Commune, op. cit. — Michèle Audin, « Le travail de nuit des boulangers, quelques-uns des acteurs, 1870 et après », 8 août 2018 (consulté le 12 janvier 2019). — Notes de J. Chuzeville.

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