WAGNER Henri

Par François Ferrette

Né le 29 mars 1886 à Issenheim (Haut-Rhin) ; menuisier ; socialiste, communiste, responsable de l’Entente des Jeunesses communistes d’Alsace et de Lorraine en 1921, puis membre du KP-O à partir de 1929.

Henri Wagner était le fils de Georges Wagner, journalier décédé en 1903, et de Marie Meyer. Sa mère avait quitté la France pour l’Amérique avec sa fille Charlotte à une date inconnue. Henri avait deux frères, Georges et Charles âgés respectivement de 43 ans et 29 ans en 1921.

La police fit en septembre 1921 un rapport assez exhaustif du parcours militant et professionnel de Henri Wagner. Après avoir quitté l’école en 1900, il travailla trois ans avec son père à Guebwiller à l’usine Schlumberger, puis deux ans dans une autre entreprise de la ville. Il partit exercer son métier à Colmar en 1905, puis à Stauffen (Haute-Alsace). Il s’installa en Suisse puis en Allemagne entre 1906 et 1911. Il devint traducteur en langue allemande en 1911 et 1912 à Berne (Suisse) pour des étudiants. Il changea complètement de voie en ouvrant un commerce de droguerie à Berne. Mais le résultat fut décevant et il entreprit une formation de masseur, métier qu’il exerça en 1917 à Lucerne (Suisse). Il se réinstalla à Berne pour poursuivre ce nouveau métier. En même temps, il suivit des cours dont on ignore la discipline, à l’université. Mais il renoua avec son métier initial et redevint menuisier à Albertville sans connaître le Français. Selon sa déclaration à la police, il aurait appris cette langue à Ugine (Haute-Savoie) en 1918. Henri Wagner séjourna deux ans à Paris à partir de 1919 avant de s’installer à Guebwiller en février 1921. À Paris, il avait travaillé en tant qu’ébéniste à la centrale des omnibus, puis aux ateliers de constructions électriques et enfin aux ateliers d’aviation.

La police avait dressé une liste des différentes cartes en sa possession lors de sa perquisition en 1921. Il avait un certificat de sortie de l’école de 1900 de Guebwiller, un livret de membre de la fédération suisse des ouvriers sur bois de 1911, une carte de membre du Naturheilverein de Berne en 1915, une carte de membre du syndicat des métaux d’Albertville (Savoie) de 1918, une carte de membre du club sportif de la jeunesse socialiste de Paris de 1919. Il avait en sa possession une carte de la CGT (sans date) et une carte du Parti socialiste, section de Mulhouse de septembre 1919. Il avait en outre une carte d’adhérent, « Internationale-syndicat de Moscou (groupement de Paris) » datant de 1921. Il s’agit sans doute d’une carte des CSR.

À son retour en Alsace, il entra en contact avec les jeunes communistes du Haut-Rhin et notamment le principal dirigeant, Louis Kuntz. En avril 1921 il fut délégué avec Kuntz pour représenter la JC d’Alsace et de Lorraine au congrès de la Fédération nationale des Jeunesses communistes qui se tint à Paris du 15 au 17 mai 1921. Au cours de ce congrès, Kuntz le proposa pour représenter l’organisation au congrès de l’Internationale communiste des jeunes qui devait se tenir en juin à Moscou. Il accepta et partit de Strasbourg le 20 mai en passant par Berlin. La police trouva au cours d’une perquisition ses notes de voyages qui donnent un éclairage sur son état d’esprit, ses rencontres lors des différentes étapes de son voyage jusqu’à Moscou. Après être passé par Karlsruhe, il atteignit Berlin où il rencontra Willi Munzenberg. Il y rencontra aussi Maurice Laporte, secrétaire général des JC, Jacques Doriot, et un certain Simon, autres délégués des JC qui se rendaient également à Moscou. Henri Wagner avait conversé avec eux et estimait qu’aucun d’eux n’était aussi communiste que lui. Il annonçait également avoir rencontré Jacques Mesnil et sa femme dans le train qui les emmenaient de Berlin à Stettin. Depuis cette date, ils étaient devenus amis. Wagner resta deux mois à Moscou et revint le 11 août 1921 à Berlin où un responsable de l’ICJ, Friz Reussner, le mandata pour aplanir les différends qui existaient entre la section du PC de Strasbourg et la section de la JC de la ville. Il fut également chargé du service de la propagande et d’organiser l’Entente régionale d’Alsace Lorraine des JC.

Arrivé le 28 août 1921 à Strasbourg, il entra immédiatement en contact avec les principaux responsables locaux : Joseph Furstoss, Georges Loeber (éditeur du Jeune révolutionnaire, organe des JS en 1920 puis des JC d’Alsace-Lorraine) et Jacques Wurtz. Ses activités étaient surveillées par la police et il fut condamné le 20 janvier 1922 à six mois de prison et 500 francs d’amende pour provocation au meurtre dans un but de propagande anarchiste. La police avait trouvé dans sa table de nuit un plan d’action militaire comprenant des dépôts d’armes et de munitions. Mais Henri Wagner se trouva entrainé dans l’opposition à la direction du Parti communiste à la fin des années 1920. Il fut assesseur au congrès constitutif du Parti communiste d’opposition tenu le 27 octobre 1929. En 1931, il portait les couleurs du Parti communiste d’opposition, le KP-O, aux élections du conseil général dans le Haut-Rhin. Mais il ne semble pas y avoir été durablement puisque son nom se perd au milieu des années 1930.

Il fut inscrit au carnet B du Bas-Rhin le 30 juin 1922, à celui du Haut-Rhin le 23 janvier 1923, et le 17 mars 1926 à celui de la Seine après son installation à Paris. Il était alors adhérent au 2e rayon de la Seine du Parti communiste et secrétaire du 3e rayon des Jeunesses communistes de la Seine. Le 24 juin 1927, il fut inscrit au carnet B du Haut-Rhin lorsqu’il déménagea 17, rue du Gaz à Mulhouse.

Il intervint au congrès de l’Union départementale des syndicats confédérés du Haut-Rhin en 1935 et son nom apparut dans Le Métallurgiste, organe de la fédération des Métaux de la région d’Alsace et de Lorraine jusqu’en 1937.

Il s’était marié à Paris le 29 novembre 1924 à Marguerite Stilimann, née le 15 octobre 1889 à Breslau (Allemagne, aujourd’hui Wroclaw en Pologne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article250929, notice WAGNER Henri par François Ferrette, version mise en ligne le 9 septembre 2022, dernière modification le 9 septembre 2022.

Par François Ferrette

SOURCES : Arch. Nat., 19940484/7 (dossier 649). — Die Neue Welt. — Le Métallurgiste, organe de la fédération des Métaux de la région d’Alsace et de Lorraine. — Charles Louis Hueber (1883-1943). Syndicaliste, communiste, autonomiste et collaborateur, thèse, Pierre Krieger, 2021, Strasbourg.

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