LEGOUTEIL René

Par Michel Patinaud

Né le 7 novembre 1909 à Domps (Haute-Vienne), mort le 5 mai 1997 à Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne)  ; menuisier ; militant communiste de Haute-Vienne.

Fils de Jean, Louis Legouteil (1882), patron menuisier et de Marie (1888), couturière, René Legouteil était décrit par Jean Fourtiaux comme : « un grand et beau garçon blond, aux yeux bleus, au sourire tranquille ».
Figure classique des villages limousins, il mèna parallèlement deux activités professionnelles : artisan-menuisier, il tient aussi avec sa femme un bar-restaurant à Domps. Suivant les pas de son père Jean, il rejoignit le PCF dès les années 1930, il en fut le secrétaire de cellule durant de longues années. Durant la guerre, il appartint aux « légaux », en soutien au résistant FTP Georges Guingouin. Arrêté en octobre 1941, il obtien un non-lieu, non sans avoir effectué un mois de prison. Le café familial servira durant toutes ces années de rendez-vous clandestin des communistes, résistants ou non. Le lieu est le pendant exact du café du maire pétainiste, juste en face. René et sa sœur Marcelle, sont des agents de liaison efficaces et dévoués. Ils eurent en particulier pour tâche les contacts avec Jules Fraisseix et des sympathisants d’Eymoutiers.

Après la guerre, alors qu’il animait la cellule du PCF, avec son ami et voisin Jean Lamy, lui aussi menuisier, ils contribuèrent à l’élection de Jean Monteil, dans une commune pourtant réputée la plus à droite du canton d’Eymoutiers. Il fut cependant rattrapé en 1953 par « l’affaire Guingouin », une machination politico-judiciaire. Les deux affaires de droit commun qui y avaient conduit – des faits remontant à 1945, impliquant plusieurs familles de Domps - servirent de règlement de compte envers la Résistance. L’ inculpation de René Legouteil pour complicité d’assassinat lui valut les Assises, dont il sortit avec un non-lieu. Particulièrement affecté par cet épisode, il ne renonça pourtant pas à l’animation du PCF dans son village. Ceci bien que l’anticommunisme se développa à Domps, rejet né de « l’affaire Guingouin », en 1953. Mais après 1959, il n’y eut plus d’élus communistes à Domps. René Legouteil a toujours manifesté une fidélité sans faille à la ligne orthodoxe du PCF, contrairement à sa sœur Marcelle, qui suivit son mari Roger Magadoux dans la dissidence (années 1990).
Marié avec Angèle Dutheil (1916), il était père de deux enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article251028, notice LEGOUTEIL René par Michel Patinaud, version mise en ligne le 14 septembre 2022, dernière modification le 15 septembre 2022.

Par Michel Patinaud

SOURCES : Fabrice Grenard, Georges Guingouin, une légende du maquis, Ed. Vendémiaire, 2014. — Pierre Magadoux, Mémoires d’un résistant, ANACR 87, 2009. — Michel Patinaud, Un canton rouge, mémoire de maîtrise. — Jean Fourtiaux, Fleurira l’églantine, souvenirs de la Résistance. — Site Filae.

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