BOISSONNET André, Henri [Pseudonyme dans la Résistance : Henri LECOURT]

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 20 avril 1922 à Fontainebleau (Seine-et-Marne), mort au cours d’une mission le 15 août 1944 à Saint-Péravy-la-Colombe (Loiret) ; résistant des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

André Boissonnet était le fils d’Abel, Henri, Louis Boissonnet et de Thérèse Léonie Besnard, son épouse. Le divorce des parents fut prononcé par jugement du tribunal civil de Melun (Seine-et-Marne) le 16 juin 1927, transcrit dans le registre des mariages de Fontainebleau le 19 novembre 1927 sous le n°79.
Il appartenait à la classe 1942 incorporée pour le STO. Présumé réfractaire, il séjournait chez son père au hameau de Nuisement et entra au maquis dans le groupement FFI Henri Julien à Saint-Péravy-la-Colombe (Loiret), où ses services furent homologués du 1er au 15 août 1944.
Le 15 août 1944, les troupes allemandes en retraite s’étaient arrêtées à Saint-Péravy pour se reposer. Vers dix-huit heures trente, les premiers chars américains furent annoncés et les Allemands prirent la fuite.
Vers dix-neuf heures trente alors que trois véhicules blindés américains stationnaient au carrefour sur la place de la Mairie, André Boissonnet voyant une quarantaine de soldats allemands sortant du bois de sapins, au sud-est du village et se dirigeant vers Saint-Péravy déployés en tirailleurs, n’écouta que son courage et prit son vélo pour aller prévenir les Américains. C’est alors qu’une rafale de mitrailleuse le faucha mortellement. Il fut touché par cinq balles dans la poitrine et quatre au niveau des membres inférieurs comme le constatera Le docteur Pierre Legris, alors médecin à Patay (Loiret).
"Une victime innocente, enthousiaste, trop heureuse de partager son bonheur. Son père ne se remettra jamais de sa disparition. Il sera plus tard garde-champêtre de la commune". Selon Mémoire des Hommes, André fut "tué au cours d’une mission".
A peu près au même moment, revenant de Patay où ils avaient terminé leurs livraisons de matériels sensibles, notamment des torpilles sous-marines, les serveurs du dépôt de munitions de Malmusse entraient dans Saint Péravy. Le convoi était composé d’un camion tractant une remorque et une quarantaine de soldats. Les Allemands ouvrirent le feu sur les blindés américains. La riposte fut immédiate. Le conducteur du camion fut tué sur le coup et son véhicule termina sa course dans la fenêtre de l’ancien café Dubois-Perruchet dont le bas conserve, encore aujourd’hui, les traces du choc.
Le bilan de cet engagement se solda du coté allemand par huit morts et treize blessés dont deux décéderont dans la nuit ainsi que 13 prisonniers. D’autres passagers de ce convoi s’enfuirent dans toutes les directions. Certains se réfugièrent dans les maisons, où les résistants les pourchassèrent, pour certains jusque sous les lits. Le soir même Saint-Péravy était libérée et André Boissonnet qui y avait contribué obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué soldat des forces françaises de l’intérieur (FFI) le 18 juin 1946 avec prise de rang au 1er juin 1944.
Il est inhumé au cimetière communal, à Saint-Péravy-la-Colombe.
Son nom figure sur le monument aux morts, à Saint-Péravy-la-Colombe (Loiret).
Une rue du nouveau lotissement de Nuisement, porte son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article251124, notice BOISSONNET André, Henri [Pseudonyme dans la Résistance : Henri LECOURT] par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 20 septembre 2022, dernière modification le 20 septembre 2022.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Service historique de la Défense, AVCC, Caen, Cote AC 21 P 25765 (nc) ; SHD Vincennes GR 16 P 68415 (nc) et GR 19 P 45/1 page 119.— Le Souvenir français, Inauguration de la rue André BOISSONNET à St-Péravy-La-Colombe (15-08-2019).— Mémoire des hommes.— Mémorial Genweb.— Geneanet.

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