URBAIN Jules, dit t’Haufiet.

Par Jean Puissant

Frameries (pr. Hainaut, arr. Mons), 7 septembre 1861 − Frameries, 26 janvier 1913. Ouvrier mineur puis commerçant, militant socialiste, dirigeant d’une coopérative, dirigeant de la Fédération boraine du Parti socialiste républicain.

Jules Urbain est le fils de François Urbain, ouvrier mineur, né à Frameries le 3 janvier 1824 et de Vénérande André, journalière, née à Frameries le le 2 juin 1923. Le couple, domicilié à Frameries, s’y est marié le 1er avril 1846. J. Urbain épouse à Frameries le 10 décembre 1884 Juliette Joséphine Bertiaux, servante, née à Pâturages le 28 décembre 1863 et domiciliée jusqu’alors à Uccle (arr. Bruxelles, pr. Brabant ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale).

Le patronyme « Urbain » est fréquent dans le Borinage central (pr. Hainaut). Plusieurs noms sont mêlés au mouvement socialiste. Jules Urbain est le plus connu puisqu’il est inculpé en 1889 dans l’affaire du grand complot (décembre 1888). Cet ouvrier mineur au charbonnage de l’Agrappe à Frameries, frappé par deux graves catastrophes dix ans plus tôt, prend la tête d’une délégation qui se rend à la direction pour s’opposer à l’emploi d’explosifs dans les travaux de fond. Il est immédiatement licencié. Il effectue son service militaire et devient caporal.

Lié au mouvement ouvrier, Jules Urbain fait appel à la solidarité dans la presse. Peut-être déjà détenteur d’un débit de boisson, il vend désormais du tabac et des sabots. Il déambule avec une charrette pour écouler sa marchandise. « Son courage et son dévouement en faveur des droits du peuple et de ses frères de misère lui ayant fait fermer toutes les portes des charbonnages, il espère que la classe ouvrière lui en sera gré et le récompensera en lui procurent les moyens de vivre pour son débit… » (La Liberté, 12 août 1888). C’est une situation dans laquelle se trouvent de nombreux mineurs licencié ou blessés ; ils trouvent des moyens de subsistance grâce à des activités commerciales « dérobées ».

Président de la boulangerie coopérative de Frameries, Jules Urbain est secrétaire de l’Union ouvrière locale et secrétaire de la Fédération boraine du Parti socialiste républicain (PSR). Au lendemain du Congrès du PSR de Châtelet (pr. Hainaut, arr. Charleroi) le 2 décembre 1888, il est arrêté comme membre des organes dirigeants du parti, mais plus précisément pour deux discours, et inculpé avec quatre autres Borains, d’atteinte à la sûreté de l’État. En mai 1889, il est, avec d’autres, acquitté par la cour d’assises de Mons.

Jules Urbain est lié à la presse du mouvement : il collabore et/ou administre La Liberté (1887-1889), La République (1889) La Bataille (1889-1891).
Un M. Urbain continue de faire partie de la direction du Parti ouvrier belge (POB) régional mais peut-être y-a-t-il confusion avec Modeste Urbain ?

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article251181, notice URBAIN Jules, dit t'Haufiet. par Jean Puissant, version mise en ligne le 22 septembre 2022, dernière modification le 19 septembre 2023.

Par Jean Puissant

SOURCE : Papiers personnels de Francis Drugman − PUISSANT J., L’évolution du mouvement ouvrier socialiste dans le Borinage, Gembloux, réédition, 1993.

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