NOËL Roger, Henri

Par Michel Thébault

Né le 14 mai 1920 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), guillotiné après condamnation à mort le 30 juillet 1943 à Cologne (Allemagne) ; électricien ; résistant, réseau SR Kléber.

Roger NOËL était le fils de Jules, Antoine, Olivier NOËL alors âgé de 29 ans, chaudronnier, et de Louise Barba, âgée de 29 ans, domiciliés 74 rue Mac-Mahon à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
Après sa scolarité primaire, il suivit successivement les cours de l’École Primaire Supérieure de Nancy puis de l’Institut Électrotechnique de Nancy. Il s’engagea très tôt dans la Résistance en compagnie de son frère aîné André, en décembre 1940, au sein d’un mouvement intitulé « L’Espoir français », groupe fondé dès l’été 1940 par de jeunes lycéens et étudiants de Metz et Nancy auxquels se joignirent des apprentis messins et des employés des Postes et Télécommunications avec l’objectif de s’opposer à l’installation de l’autorité allemande en Moselle annexée (diffusion de tracts, interception puis transmission de renseignements...) En décembre 1940, le groupe se rattacha au réseau Uranus lui-même rattaché au SR Kléber (organisme de résistance spécialisé dans le renseignement militaire et à la tête d’un vaste ensemble de réseaux et sous-réseaux), appartenant au Service de sécurité militaire français. Ces réseaux fournirent des renseignements sur les mouvements de troupes, les terrains d’aviations et la défense aérienne. André Noël fut arrêté le 30 juin 1941 à Besançon (Doubs) en transférant des renseignements en zone libre pour le compte du S.R. Kléber. Son frère André fut arrêté le 8 juillet suivant.
 
Il fut déporté en Allemagne le 28 mai 1942 par le premier transport de déportés NN au départ de France, en direction de Trèves. En effet depuis la promulgation du décret Keitel, en décembre 1941 et la mise en place progressive de la procédure « Nacht und Nebel » dans les territoires occupés, les Allemands transférèrent dans le secteur de Trèves les détenus devant être jugés au tribunal de Cologne, compétent pour les affaires venant de France. Sur les 43 déportés du transport, 30 venaient des prisons parisiennes, 16 résistants du Front National arrêtés dans le département de la Seine et 4 résistants du réseau de renseignements Uranus-Kléber dont Roger Noël arrêtés en Meurthe-et-Moselle. Il fut jugé par le 2e sénat du Volksgerichtshof siégeant à Trèves et fut condamné à mort le 27 janvier 1943 avec Marcel Bricka et Paul Simminger tous deux du même réseau. Les condamnés à mort furent transférés à la prison de Rheinbach, puis les exécutions par guillotine eurent lieu à la prison de Klingelpütz à Cologne le 30 juillet 1943.
 
Il obtint la mention « Mort pour la France », fut homologué FFC (Forces Françaises Combattantes) et obtint le statut DIR (Déportés et Internés de la Résistance). Il reçut à titre posthume la Médaille de la Résistance par décret du 25 février 1958. Son nom figure sur le mémorial de l’École Primaire Supérieure de Nancy.
Son frère André Noël jugé à Besançon (Doubs), par le tribunal militaire allemand (Feldkommandantur 560), le 19 novembre 1941, fut également condamné à mort et fusillé le 28 novembre 1941, dans l’enceinte de la citadelle de Besançon.
Un carrefour des Frères-Noël, à Nancy, près de l’église Saint-Vincent de Paul, rappelle leur mémoire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article251190, notice NOËL Roger, Henri par Michel Thébault, version mise en ligne le 22 septembre 2022, dernière modification le 24 septembre 2022.

Par Michel Thébault

SOURCES : SHD, Vincennes, GR 16 P 446347 et SHD Caen AVCC AC 21 P 123116 et AC 21 P 520 874 (nc). — Archives municipales de Nancy (état civil en ligne) — Site internet de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. — Mémoire des Hommes. — Mémorial Genweb.

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