PICOT Simon

Par Michel Thébault

Né le 10 mars 1844 à Châtelus-le-Marcheix (Creuse), fusillé vraisemblablement le 26 mai 1871 à Paris (IVe arr., Seine) ; maçon de la Creuse ; garde national de Paris ; communard.

Simon Picot était le fils de Jean Picot, cultivateur, et d’Élisabeth Noël, domiciliés au lieu-dit Laleuf, commune de Châtelus-le-Marcheix. Au recensement de 1866, Jean Picot devenu veuf (son épouse était décédée le 9 janvier 1859) était toujours cultivateur à Laleuf avec son fils aîné Simon (né en 1834), marié en 1865 à Louise Lecardeur. Ses deux autres fils François et son jeune frère Simon exerçaient le métier de maçon, maçons de la Creuse, migrants saisonniers venant travailler sur les chantiers parisiens. En 1871, célibataires, ils résidaient tous les deux pour la saison des chantiers 34 rue des Tournelles dans le quartier de l’Arsenal (IVe arr.). La plupart des chantiers étant arrêtés en 1871 à Paris, beaucoup de migrants, en particulier des maçons de la Creuse comme les frères Picot s’engagèrent, comme les ouvriers parisiens, dans la Garde nationale par conviction politique et faute de travail (les gardes percevaient une solde de un franc cinquante par jour). Simon Picot, âgé de 27 ans, s’engagea comme simple soldat dans la 8e compagnie du 212e bataillon de la Garde nationale (appartenant à la IVe Légion, du IVe arrondissement de Paris) dont son frère François Picot était le capitaine.
 
Lors des combats de la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871, il se serait battu avec courage participant à la défense de plusieurs barricades. Porté disparu avec son frère à l’issue des combats, il aurait été avec lui arrêté le vendredi 26 mai et fusillé le même jour à la caserne Lobau (IVe arr.). La caserne Lobau, derrière l’Hôtel de ville de Paris, fut l’un des principaux lieux des exécutions sommaires. Une cour martiale réunie au théâtre du Châtelet jugeait de manière expéditive les prisonniers. Les condamnés à mort étaient ensuite dirigés vers la caserne Lobau et aussitôt fusillés. Les exécutions durèrent sans discontinuer cinq jours, les cadavres étant rapidement enterrés dans les squares environnants fermés au public. Ce fut vraisemblablement le sort des deux frères Picot (parmi 2 à 3000 exécutés).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article251286, notice PICOT Simon par Michel Thébault, version mise en ligne le 26 septembre 2022, dernière modification le 26 septembre 2022.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Creuse (état civil, recensement 1866). — Stéphane Trayaud, Oubliés de l’Histoire, les Limousins de la Commune de Paris, Mon Petit Éditeur, 2012.

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