LE COQ Joël

Par Nicolas Simonpoli

Né le 31 mai 1950 au Mans (Sarthe) ; employé administratif ; syndicaliste CGT puis CFDT, secrétaire du CE de la SMTR Calberson (1977-1993), secrétaire général du syndicat général des Transports CFDT de la Sarthe (1981-1993), secrétaire de l’Union fédérale Route de la FGTE-CFDT (1993-2000), secrétaire général adjoint de la FGTE-CFDT (2000-2003), secrétaire général de la FGTE-CFDT (2003-2008), membre du Bureau national de la CFDT (2006-2009) ; élu local.

La famille de Joël Le Coq vivait au Mans (Sarthe). Son père, Charles Le Coq, était agent technique dans l’établissement Renault de la ville. Sa mère, Raymonde Charrier, fut vendeuse puis femme au foyer. La famille comptait deux enfants, Joël et sa demi-sœur.

Joël Le Coq effectua sa scolarité secondaire au lycée technique du Mans (Sarthe) au sein duquel il obtint un baccalauréat G2 (filière « gestion et comptabilité ») en 1969. Ses années lycéennes furent marquées par ses premières actions militantes. Pris dans le mouvement social de mai 1968, il occupa son établissement puis participa aux Comités d’action lycéens qui se constituèrent dans la Sarthe. En 1969, il fut à l’initiative d’une grève qui réunie plus de 1000 élèves contre les réformes d’Edgar Faure alors ministre de l’Éducation nationale.

En septembre 1969, au terme de ses études, il entra comme agent étiqueteur à la Société mancelle des transports rapides Calberson (SMTR). Filiale de la SNCF, cette entreprise était chargée d’assurer le transport routier des messageries et du fret en complément de leur prise en charge par le réseau ferroviaire. Après son service militaire, d’avril 1970 à mars 1971, Joël Le Coq y exerça les fonctions d’employé administratif au service de la comptabilité jusqu’en 1993. Cette même année, il fut détaché au Comité d’entreprise de la SMTR Calberson. En 1994, toujours détaché, il accéda au grade d’agent administratif, grade qu’il conserva jusqu’à son départ en retraite en septembre 2010. De 1993 à 1997, il suivit des cours du soir au sein de l’université du Mans (Sarthe) qui lui permirent de valider un diplôme universitaire de formation et de ressources humaines.

À compter du début des années 1970, Joël Le Coq s’engagea dans l’action syndicale. En 1971, il adhéra d’abord au syndicat CGT de la SMTR Calberson du Mans (Sarthe), organisation qui le désigna comme délégué syndical. Il fut également élu délégué du personnel et du comité d’entreprise. De 1971 à 1977, il participa à l’activité de l’UD-CGT de la Sarthe. En 1977, il quitta la CGT pour fonder une section syndicale CFDT qui devint majoritaire au sein de son entreprise. En tant que représentant cédétiste, il occupa plusieurs responsabilités au niveau professionnel et interprofessionnel. De 1977 à 1993, il fut élu secrétaire du CE de la STMR Calberson puis, en 1981, secrétaire général du syndicat général des Transports CFDT de la Sarthe jusqu’en 1993. À cette période, son action syndicale fut peu appréciée de son employeur qui tenta à trois reprises de le licencier. À chaque fois, Joël Le Coq dut recourir à l’Inspection du travail ou au Tribunal de grande instance pour conserver son poste dans l’entreprise.

La particularité de la FGTE-CFDT, fédération syndicale regroupant plusieurs branches professionnelles des Transports et de l’Équipement, correspondait assez bien à l’activité revendicative menée par Joël Le Coq au sein de la SMTR Calberson. En effet, inscrite au croisement du transport ferroviaire et routier, l’activité de l’entreprise impliquait de penser ensemble le travail des deux corporations. En 1988, Joël devint coordinateur des syndicats CFDT des filiales routières de la SNCF. En 1993, il fut élu secrétaire général de l’Union fédérale Route de la FGTE-CFDT. À cette responsabilité, il négocia les accords sur le temps de travail des conducteurs (1994), les normes au sujet de la formation continue des routiers (1995), la création de l’OPCA Transports (dont il fut le vice-président puis le président de 1995 à 2011) et le congé de fin d’activité des conducteurs (1996).

Lors des grèves de l’hiver 1995, il fut en responsabilité nationale au sein de la FGTE-CFDT. Le conflit fut marqué par de fortes oppositions entre la fédération, hostile au plan Juppé, et la confédération, favorable à la réforme. Joël Le Coq s’engagea pleinement dans l’action revendicative, notamment portée par les cheminots. Au sortir du conflit, la direction de la FGTE-CFDT rappela son désaccord avec les orientations confédérales concernant le conflit de 1995. Comme le nota Michel Gorand, le rapport du VIIe congrès de la FGTE-CFDT, tenu en novembre 1996, stipula : « les décisions de la direction de la CFDT et les expressions de la secrétaire générale ont constitué un saut qualitatif dans la dérive de notre organisation. Cela appelle une action résolue pour redresser la CFDT et préserver les acquis ». Joël Le Coq, alors secrétaire général de la branche Route, fut d’ailleurs l’un des principaux défenseurs de cette ligne revendicative. En 1997, il mena l’action dans l’important conflit routier qui aboutit à des augmentations de salaires pour la profession et à des acquis sociaux en matière de retraite.

En 2000, il fut élu secrétaire général adjoint de la FGTE-CFDT aux côtés de Claude Debons. En 2003, la FGTE-CFDT connut une grave crise interne à l’occasion de la mise en œuvre de la réforme des retraites par le gouvernement de François Fillon. Alors que la confédération approuva le projet, la direction de la FGTE, et notamment Claude Debons, s’y opposèrent. En novembre 2003, plus de la moitié des membres de la direction de la FGTE, dont l’ensemble des dirigeants cheminots, quittèrent l’organisation. Une partie d’entre eux, dont Claude Debons et Denis Andlauer, rejoignirent la CGT. La FGTE perdit près de 10 000 adhérents à cette occasion.
Joël Le Coq évoqua un véritable « séisme » à propos de ces départs. Néanmoins, soucieux de continuer à porter le débat à l’intérieur de l’organisation, il demeura en responsabilités et fut élu secrétaire général de la FGTE-CFDT, fonction qu’il conserva jusqu’en 2008. En tant que secrétaire général, il organisa la mobilisation contre la directive Bolkestein libéralisant le marché du travail européen (2005) ou encore contre le projet de loi sur le service minimum dans les transports. Ainsi, le 20 juillet 2007, en compagnie de dirigeants de FO, de la CGT et de la CFTC, Joël Le Coq co-signa dans le journal Libération une tribune intitulée « Transports publics : service et qualité minimum ». Celle-ci signalait l’inefficacité de la loi gouvernementale tant au sujet de l’amélioration du service public qu’en matière de réduction du nombre de conflits sociaux. Tout au long de ces années, de l’avis de plusieurs observateurs, Joël Le Coq fut un « négociateur tenace » des conditions de travail des salariés. Parallèlement, de 2006 à 2009, il siégea comme membre du bureau national de la CFDT et, de 2003 à 2010, comme membre du CA de la fédération européenne des Transports.
Après son départ en retraite, il continua de s’investir dans l’OPCA Transports jusqu’en 2011 mais aussi dans le bureau de l’association Lasaire, cercle de réflexion sur le dialogue social, fondé par Pierre Héritier, auquel il participa à compter de 2007. Il fut également conseiller municipal dans la commune de Changé (Sarthe) de 2010 à 2020.
Un temps militant du Parti communiste marxiste-léniniste, il interrompit tout engagement partisan à compter de 1980.
En 1973, il se maria avec Magali Tana, professeur d’histoire-géographie. Le couple eut deux enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article251299, notice LE COQ Joël par Nicolas Simonpoli, version mise en ligne le 27 septembre 2022, dernière modification le 27 septembre 2022.

Par Nicolas Simonpoli

SOURCES : Arch. FGTE-CFDT. — "Joël Le Coq et Alain Renault, les deux meneurs", Le Figaro, 25 novembre 2002. — "La route et le rail défient la CFDT", Libération, 25 septembre 2003. — "La CFDT perd son opposition", Libération, 7 novembre 2003. — "Les transporteurs routiers face à l’élargissement européen", Les Echos, 9 mars 2004. — Michel Gorand, L’histoire de la Fédération des Cheminots CFTC puis CFDT depuis 1918, 2016. — Informations fournies par l’intéressé, avril 2022.

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