VERHOEVEN Joseph, Ernest, Ghislain. Pseudonymes : Jef, Jean Vernal, Robert Benjamen.

Par Marie-Thérèse Coenen

Seny (aujourd’hui commune de Tinlot, pr. Liège, arr. Huy), 18 décembre 1911 – Bruxelles (Région de Bruxelles-Capitale), 6 mars 1997. Employé puis dirigeant de la JOC nationale, membre fondateur du Mouvement populaire des familles, journaliste dans la presse catholique et essayiste.

Joseph Verhoeven, aux côtés de Lucie Bragard* et de Janine Vergucht* lors du cocktail d’adieu organisé par La Cité, Bruxelles, 18 décembre 1995 (Photographie Françoise Robert).
Joseph Verhoeven, aux côtés de Lucie Bragard* et de Janine Vergucht* lors du cocktail d’adieu organisé par La Cité, Bruxelles, 18 décembre 1995 (Photographie Françoise Robert).

Joseph Verhoeven est le fils unique de Louis Xavier Verhoeven (Winghe-Saint-Georges (Sint-Joris-Winge, aujourd’hui commune de Tielt-Winge, pr. Brabant flamand, arr. Louvain-Leuven), 20 mars 1893 – Uccle (aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale), 4 mars 1971) qui, après des études primaires, devient ouvrier jardinier, d’Ernestine Henry (1886 – Seny, 28 août 1958), mère au foyer. Le couple est catholique pratiquant. Joseph effectue ses études à l’École fondamentale de Seny et ensuite l’enseignement moyen à l’École fondamentale libre Saint-Joseph à Ouffet (pr. Liège, arr. Huy) de 1927 à 1929, où il obtient le diplôme d’enseignement primaire du quatrième degré.

Le 17 septembre 1927, Joseph Verhoeven débute dans la vie professionnelle comme coursier d’un agent de change, à Bruxelles. Il a seize ans. La même année, il adhère à la section jociste à Ixelles Sainte-Croix (Bruxelles), il y est responsable du service de la caisse d’épargne. La semaine d’étude de la JOC à Basse Wavre du 15 août 1928 l’enthousiasme et il décide de répondre à l’appel de Joseph Cardijn d’aller à Rome, en pèlerinage avec les 1 500 jocistes en septembre 1929 et de rencontrer le pape.
À la fin de l’année 1930, Verhoeven quitte son emploi de coursier pour s’occuper du secrétariat du père Joseph Arendt, aumônier à la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), adjoint de Joseph Cardijn. À partir du 14 février 1931, il devient le secrétaire de Fernand Tonnet*, président fondateur de la JOC et directeur de l’hebdomadaire JOC. Sous son instigation, il rédige ses premiers articles pour le journal jociste ce qui lui permet d’acquérir une expérience de journaliste. Au terme de quatorze mois de travail à la JOC nationale, il effectue son service militaire (1931-1932) durant lequel il constate que cette période de la vie d’un jeune est un milieu de vie et donc un terrain pour la JOC. Pour rendre compte de son expérience de milicien, il tient une tribune dans l’hebdomadaire, J.O.C., sous le pseudo « Factionnaire du coin », activité qu’il poursuit pendant plusieurs années.
Son service achevé, Joseph Verhoeven entre comme propagandiste national au Secrétariat général de la JOC où il lance le service Soldats au niveau national, régional et local : il propose d’organiser les jeunes miliciens entre eux afin de réfléchir à leurs conditions et d’aboutir à l’élaboration d’un cahier de revendications. C’est avec ce document qu’il est reçu par le ministre de la Défense nationale, Albert Devèze, et par le général Van Den Bergen, chef de l’État-Major.

Dès 1932, avec Paul Garcet*, René Javaux* et Julien Walgraffe*, Joseph Verhoeven contribue au lancement du service d’aide aux jeunes chômeurs et, entre 1933 et 1936, au journal jociste Le jeune chômeur, journal de combat des sans travail. Il signe ses articles « Jef » et « J. Vernal ».

Élu vice-président général, le 10 mars 1935, Joseph Verhoeven devient, après une période de probation, président général de la JOC en janvier 1936. Il succède ainsi à Fernand Tonnet*, personnalité qui, avec Joseph Cardijn et le père Joseph Arendt, qui l’a fortement marqué. Sa présidence se déroule alors que le pays traverse une grave crise économique et fait face au chômage des jeunes. En 1935, il représente le Secrétariat général à la Confédération internationale des syndicats chrétiens (CISC) et est membre de la délégation belge au Bureau international du travail (BIT) à Genève (Suisse). Il y dépose, au nom de la JOC, une pétition de 86 000 signatures de jeunes chômeurs européens et canadiens et y prend la parole devant 1 500 personnes pour évoquer les réalisations de la JOC en faveur des sans travail de Belgique.
En 1937, Verhoeven est partie prenante dans la vaste campagne du mouvement sur la moralité au travail. Plus de vingt-et-uns meetings sont organisés à Bruxelles et en Wallonie entre le 21 mars au 9 mai 1937.

Le 9 août 1938, Joseph Verhoeven épouse Claire Robert*. Née à Marbais (aujourd’hui commune de Villers-la-Ville, pr. Brabant, arr. Nivelles), le 21 mars 1912, elle suit l’enseignement primaire puis professionnel. Avant son mariage, elle est propagandiste à la JOCF de 1934 à 1938. Ensuite, épouse au foyer, elle s’engage à la Ligue ouvrière féminine chrétienne (LOFC), devenu en 1969, Vie féminine. Le couple a six enfants. Après la Seconde Guerre mondiale, elle devient membre du Parti social-chrétien (PSC). Elle décède à Bruxelles le 13 mai 2009.

De 1938 à 1940, Joseph Verhoeven est secrétaire général de la Centrale chrétienne des ouvriers agricoles, mais la passion de l’écriture ne le quitte plus. En 1937, il apporte sa contribution au quotidien La Cité nouvelle.

En mai 1940, Joseph Verhoeven fait la campagne des 18 jours. La JOC l’envoie avec Hilaire Willot* au Service des volontaires du travail pour la Wallonie, poste qu’il quitte rapidement. Pendant la seconde Guerre mondiale, le jeune couple Verhoeven participe à des récollections pour jeunes foyers, avec Fernand Tonnet* qui avait lancé, comme responsable de la Ligue ouvrière chrétienne (LOC), avec la collaboration de Paul Garcet* et Léon Soyeur*, une petite publication Les Feuilles familiales pour accompagner la vie spirituelle et sociale des foyers des anciens et anciennes jocistes. Verhoeven y contribue régulièrement.
À partir de 1942, à Woluwé-Saint-Pierre (Bruxelles) où il réside, il participe à des réunions d’équipes familiales, Les Foyers rayonnants. Ce mouvement familial qui existe surtout à Bruxelles, a une revue mensuelle du même nom dont la rédaction est assurée par l’abbé Massion, curé de la paroisse de Saint-Alix à Woluwé-Saint-Pierre. Verhoeven publiera une série de brochures sur le mariage chrétien, la vie des couples, l’éducation des enfants, etc. Ces rencontres mensuelles des équipes de foyers se poursuivent entre 1945 et 1948.

À la Libération, Joseph Verhoeven s’engage dans le Mouvement populaire des familles (MPF) aux côtés de Victor Michel, de Raymond Vermeulen*, et, avec comme aumônier, Philippe de Soignies*. Il devient le rédacteur en chef de l’hebdomadaire du mouvement familial La Vie nouvelle, dont la parution s’arrête en septembre 1950, suite au lancement du quotidien La Cité, le 1er octobre 1950. Membre de la première équipe de rédaction, Il en est le chroniqueur social et puis l’informateur politique et l’éditorialiste, et cela jusqu’en 1976, année de son départ à la retraite. Il préside l’Association des journalistes catholiques de Belgique de 1973 à 1975. Parallèlement à son métier de journaliste, il donne, entre 1955 à 1965, le cours d’actualités sociales à l’École sociale de la rue de la Poste à Bruxelles (aujourd’hui Institut supérieur de formation sociale et de communication – ISFSC).

Au niveau politique, Joseph Verhoeven est membre du Parti social-chrétien (PSC). Il est attaché de presse aux cabinets de Marguerite De Riemacker-Legot, ministre de la Famille et du Logement (1965-1968), et de trois ministres démocrates-chrétiens, René Pêtre, ministre de la Fonction publique (1968-1972), Léon Servais et Alfred Califice (à une date imprécise car ils furent plusieurs fois ministres). Militant dans sa section locale à Enines (aujourd’hui commune d’Orp-Jauche, pr. Brabant wallon, arr. Nivelles) où il a une seconde résidence, il est également membre du comité local.

Retraité, Joseph Verhoeven poursuit une collaboration avec le journal catholique, Vers l’avenir jusqu’en 1983. Il écrit régulièrement pour la presse catholique : Dimanche, Plein soleil, Croix de Belgique (hebdomadaire).

Au début des années 1980, Joseph Verhoeven a, avec son épouse Claire, ,un dernier engagement dans des groupes de communautés de foyer : Mariage Rencontre – Marriage Encounter (ME), mouvement chrétien familial introduit en 1974 en Belgique et soutenu par le Cardinal Suenens.

Joseph Verhoeven est détenteur de plusieurs distinctions honorifiques : officier de l’Ordre de Léopold II (1975), chevalier de l’Ordre du mérite italien, chevalier de l’Ordre de Saint Sylvestre et la médaille du travail.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article251597, notice VERHOEVEN Joseph, Ernest, Ghislain. Pseudonymes : Jef, Jean Vernal, Robert Benjamen. par Marie-Thérèse Coenen, version mise en ligne le 11 octobre 2022, dernière modification le 7 novembre 2022.

Par Marie-Thérèse Coenen

Joseph Verhoeven, aux côtés de Lucie Bragard* et de Janine Vergucht* lors du cocktail d'adieu organisé par La Cité, Bruxelles, 18 décembre 1995 (Photographie Françoise Robert).
Joseph Verhoeven, aux côtés de Lucie Bragard* et de Janine Vergucht* lors du cocktail d’adieu organisé par La Cité, Bruxelles, 18 décembre 1995 (Photographie Françoise Robert).

ŒUVRE : Le problème des jeunes chômeurs et la JOC, Bruxelles, Éditions jocistes, [juin 1935] – « L’armée et son rôle social », Bulletin des dirigeants de la JOC, 1938 – Questions sociales, Bruxelles, Éditions Familia 1946 – Les 10 conditions du bonheur conjugal, Bruxelles, Éditions Foyers rayonnants, 1948 – La grande aventure. Journal d’un jeune foyer, Bruxelles, Éditions Foyers rayonnants, 1948 – Nos enfants nous guident. Comment Monique et Robert élèvent leurs enfants, Bruxelles, Éditions Foyers rayonnants, 1949 – La sainteté par la famille. Les richesses du mariage, le divin dans l’ordinaire de notre vie familiale, Bruxelles, Éditions Foyers rayonnants, 1949 – Avec JAVAUX R., Un chrétien de choc : Joseph Cuypers, Bruxelles, [1958] – Cardijn, prophète de son temps, Bruxelles, Éditions Labor, 1972 (Collection ceux d’hier et d’aujourd’hui) – La démocratie chrétienne, Origines et perspectives, Bruxelles, Éditions Labor, 1979 – Accrochez vos amours. Journal d’un grand père, Bruxelles, Éditions Vie ouvrière, 1985 – « À l’école de la JOC », dans Victor Michel. Fidélité et courage, Bruxelles, Vie ouvrière, 1985, p. 16-22 – « L’aventure du Mouvement populaire des familles », dans Victor Michel. Fidélité et courage, Bruxelles, Vie ouvrière, 1985, p. 84-87 – Collaboration dans la presse notamment : J.O.C., La Cité nouvelle, La Vie populaire, La Cité, Vers l’avenir, Dimanche, Plein soleil.

SOURCES : Bruxelles, CARHOP, fonds Jean Neuville, dossier Joseph Verhoeven – Braine-Le Comte, CARHOP, fonds des anciens de la JOC, papiers Joseph Verhoeven (inventaire en cours) – DECAN R., (dir), Qui est qui en Belgique francophone 1985-1989, Bruxelles, Éditions BRD, 1985, p. 1049 – VERHOEVEN J., Accrochez vos amours. Journal d’un grand père, Bruxelles, Éditions Vie ouvrière, 1985 – VERHOEVEN J., « L’aventure du Mouvement populaire des familles », dans Victor Michel. Fidélité et courage, Bruxelles, Vie ouvrière, 1985, p. 84-87 – DENOEL T., (dir), Le nouveau dictionnaire des Belges, Bruxelles, Le Cri, 1993, p. 344.

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