BLOCH Werner

Par Dominique Tantin

Né le 7 janvier 1919 à Dantzig (Allemagne, Prusse Orientale, auj. Gdańsk en Pologne), mort en action le 20 septembre 1944 à Yves (Charente-Inférieure, Charente-Maritime) ; résistant des Francs-Tireurs et Partisans, Forces françaises de l’Intérieur (FTP-FFI).

Werner Bloch était né dans une famille allemande de confession juive. Il était le fils de Lazare, né le 17 mars 1892 à Rosenwiller, (Alsace annexée, Bas-Rhin), mort le 22 septembre 1939 à Le Hohwald (Bas-Rhin) et de Paula née Rosenbaum le 9 novembre 1896 à Dantzig en Prusse orientale. Le 16 mars 1918, ils se marièrent dans cette ville où Lazare Bloch était alors vraisemblablement en garnison. De cette union naquirent cinq enfants. Werner Bloch était l’aîné, suivi de Marcel (1923-2001), Germaine (1923-1979), Benjamin René (1929-2009) et Liliane (1936- ?).
La famille vint s’établir en Alsace au lendemain de la Grande Guerre puisque les frères et sœurs de Werner sont nés à Strasbourg et la famille devait avoir acquis la nationalité française.
Veuve dès septembre 1939, Paula Rosenbaum dut quitter Strasbourg vidée de sa population dès le début des hostilités pour se réfugier avec ses enfants, à l’instar de nombreux Alsaciens du Bas-Rhin, dans le département de la Dordogne. Après l’armistice de juin 1940, tout retour en Alsace, désormais annexée de facto par l’Allemagne nazie, était interdit pour cette famille d’origine juive.
Werner Bloch rejoignit les FTP du Périgord. Il faut espérer que la consultation de son dossier au SHD permettra de reconstituer son parcours dans la Résistance. Il fut incorporé à la brigade Demorny, pseudonyme du lieutenant-colonel Paul Bousquet. Après la libération de la Dordogne, cette unité fut engagée sur le front de la poche de La Rochelle. Elle « réunit tactiquement quelque onze bataillons périgourdins et corréziens, répartis en trois « régiments » (Demorny, Soleil et Ricco) et arrivés de septembre à novembre, pour un effectif de 4 379 hommes au 1 er décembre : fin 1944, la brigade se réorganise en un 108e RI, réunissant trois bataillons standards, leurs unités de soutien et un bataillon de dépôt. » (Stéphane Weiss, op. cit. p. 4).
Le 20 septembre 1944, à Yves, au sud de la poche, les Allemands firent face à l’attaque menée par la 4e compagnie, 6e bataillon de la brigade, commandée par le lieutenant Pierre Galbois, âgé de 21 ans (auparavant lieutenant au 3e régiment FTP, 6e bataillon), et à laquelle était incorporé Werner Bloch. Il périt au combat le 20 avec 19 de ses camarades.
Il obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué FFI. Son nom est inscrit sur le monument commémoratif érigé à Yves.
Après la guerre, sa mère est restée en Dordogne où elle est morte à Bergerac le 8 décembre 1962.


Voir Yves (Charente-Maritime), 20 septembre 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252080, notice BLOCH Werner par Dominique Tantin , version mise en ligne le 9 novembre 2022, dernière modification le 10 novembre 2022.

Par Dominique Tantin

SOURCES : Service historique de la Défense, Caen, AVCC, AC 21 P 24767 (nc). — Yves Tricaud, CD-Rom La Résistance en Charente-Maritime, AERI, mars 2010, article Yves. — Stéphane Weiss, La régularisation des formations combattantes FFI engagés lors des sièges de la Pointe de Grave, de Royan et de La Rochelle en 1944-1945, Ecrits d’Ouest éditée par la Société Rochelaise d’Histoire Moderne et Contemporaine, 2012, n° 20 : p. 175-192. — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — Geneanet (arbre généalogique de Werner Bloch établi par M. Jean-Luc Wolff).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable