FABBRI Marcel

Par Dominique Tantin

Né le 28 novembre 1924 à Gorcy (Meurthe-et-Moselle), mort en action le 20 septembre 1944 à Yves (Charente-Inférieure, Charente-Maritime) ; résistant des Francs-Tireurs et Partisans, Forces françaises de l’Intérieur (FTP-FFI).

Sépulture de Marcel Fabbri dans le cimetière de Gorcy
Sépulture de Marcel Fabbri dans le cimetière de Gorcy
Crédit : Geneanet

Marcel Fabbri est né à Cussigny, ancienne commune rattachée dès 1810 à celle de Gorcy en Meurthe-et-Moselle. Il était né dans une famille de migrants italiens, lesquels étaient fort nombreux dans cette commune frontalière de la Belgique, à une dizaine de kilomètres de Longwy. Deux hauts-fourneaux de la Société métallurgique de Gorcy y employaient une main-d’œuvre en grande partie immigrée. Le père de Marcel, Guiseppe, né en Italie en 1877, était manœuvre dans cette usine sidérurgique. Il avait épousé Giovanna Bartolatti, née en 1884. De cette union naquirent six enfants, Marcel étant le dernier, après Maria (1907), Ida (1910), Mario (1913), Michel (1915) et Luigi (1919).
L’inscription du nom de Marcel Fabbri sur le monument aux Morts de Saint-Émilion (Gironde) permet de supposer une résidence durable en Gironde. On peut avancer plusieurs hypothèses pour expliquer ce départ vers le sud-ouest : la fermeture des hauts-fourneaux de Gorcy dans les années 30, l’évacuation de la zone frontalière dès septembre 1939 puis l’exode de mai-juin 1940 ou encore la volonté d’échapper au travail forcé.
Marcel Fabbri a-t-il rejoint les FTP en Dordogne, ou bien s’est-il intégré à la brigade Demorny, pseudonyme du lieutenant-colonel Paul Bousquet, lorsqu’après la libération de ce département, cette unité FTP-FFI fut engagée sur le front de la poche de La Rochelle ? La brigade Demorny « réunit tactiquement quelque onze bataillons périgourdins et corréziens, répartis en trois « régiments » (Demorny, Soleil et Ricco) et arrivés de septembre à novembre, pour un effectif de 4 379 hommes au 1 er décembre : fin 1944, la brigade se réorganise en un 108e RI, réunissant trois bataillons standards, leurs unités de soutien et un bataillon de dépôt. » (Stéphane Weiss, op. cit. p. 4).
Le 20 septembre 1944, à Yves, au sud de la poche, les Allemands firent face à l’attaque menée par la 4e compagnie du 6e bataillon de la brigade, compagnie commandée par le lieutenant Pierre Galbois, âgé de 21 ans (auparavant lieutenant au 3e régiment FTP, 6e bataillon), et à laquelle était incorporé Marcel Fabbri. Il périt au combat le 20 avec 19 de ses camarades.
Il obtint la mention « Mort pour la France ». Son nom est inscrit – écrit Fabri et sans prénom - sur le monument commémoratif érigé à Yves et, on l’a vu, sur le monument aux Morts de Saint-Émilion ainsi que sur la plaque commémorative de l’église. Sa dépouille fut rendue à sa famille et Marcel Fabbri est inhumé dans le cimetière communal de Gorcy. Son patronyme est aussi gravé sur le monument aux Morts de sa commune natale, mais accompagné du prénom Jean.



Voir Yves (Charente-Maritime), 20 septembre 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252129, notice FABBRI Marcel par Dominique Tantin , version mise en ligne le 9 novembre 2022, dernière modification le 9 novembre 2022.

Par Dominique Tantin

Sépulture de Marcel Fabbri dans le cimetière de Gorcy
Sépulture de Marcel Fabbri dans le cimetière de Gorcy
Crédit : Geneanet

SOURCES : Service historique de la Défense, Caen, AC 21 P 181136 (nc). — Yves Tricaud, CD-Rom La Résistance en Charente-Maritime, AERI, mars 2010, article Yves. — Stéphane Weiss, La régularisation des formations combattantes FFI engagés lors des sièges de la Pointe de Grave, de Royan et de La Rochelle en 1944-1945, Ecrits d’Ouest éditée par la Société Rochelaise d’Histoire Moderne et Contemporaine, 2012, n° 20 : p. 175-192. — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — Geneanet. — Gorcy, recensement de 1926, Arch. Dép. de Meurthe-et-Moselle en ligne.

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