GAY Jules Hyppolyte

Par Pierre Bonnaud

Né le 28 mars 1874 à Savas (Ardèche), abattu le 8 août 1944 à Boulieu-lès-Annonay (Ardèche) ; ouvrier papetier et cultivateur ; tué par des soldats allemands ; victime civile.

Les parents de Jules Gay étaient domiciliés à Samoyard, hameau de la commune de Savas (Ardèche) au moment de sa naissance. Son père, Jean Gay, âgé de 39 ans, était cultivateur, sa mère, Marguerite Paros ou Parot, âgée de 38 ans, ménagère. Jules Gay avait épousé le 9 février 1901 à Lyon, 2ème arrondissement (Rhône, Métropole de Lyon), Justine Marie-Louise Thibert. Il était alors valet-de-chambre et son épouse cuisinière.
En 1944, domicilié à Boulieu-lès-Annonay (Ardèche), Jules Gay était ouvrier et paysan comme un grand nombre d’habitants du village.

Sa mort est liée à l’interception d’un convoi allemand qui bivouaquait à Boulieu-lès-Annonay le 7 août 1944, chargé de deux tonnes de tabac, par un corps-franc de l’Armée Secrète (secteur A de l’Ardèche) et aux représailles qui suivirent à Boulieu-lès-Annonay le 8 août 1944.
Le convoi allemand, encerclé et mis en alerte, avait tenté de quitter les lieux dans la nuit du 7 au 8 août mais il fut immobilisé par le feu des résistants. À la suite de cette action, un soldat allemand fut tué, un autre fait prisonnier tandis que le restant de l’escorte s’enfuyait et put demander l’intervention de renforts.

Le procès-verbal de gendarmerie établi le 16 novembre 1944 (Mémorial de l’Oppression) décrit les représailles qui suivirent et les circonstances de l’éxécution de Jules Gay : « Le 8 août 1944, aidé de messieurs Louis Chevalier, Fonbonne Louis et Cluzel Jean, monsieur Jules Gay était occupé à battre son blé, lorsque à la suite d’un engagement avec les FFI, des Allemands venus de la caserne de La Tour Maubourg à Valence, occupèrent le village de Boulieu-les-Annonay. Entendant des coups de feu , les 4 hommes se sauvèrent. Cluzel Jean et Gay Jules se cachèrent derrière un mur de clôture, puis à l’avance des Allemands prirent la fuite. Un coup de feu atteignit mortellement Jules Gay. Il était pourtant aisé de voir qu’il s’agissait d’un sujet âgé, non d’un FFI. ».
Le même rapport indique que les soldats allemands se livrèrent à deux viols sur des habitantes du village. Un autre habitant de Boulieu, Léon Grenier fut victime des tirs allemands.
La mention « Mort pour la France » a été inscrite sur l’avis de décès de Jules Gay, sur instruction du secrétaire général des Anciens combattants et victimes de guerre, en date du 12 juin 1945, transmise à la mairie de Boulieu-les-Annonay.
Il est enterré dans la tombe familiale au cimetière communal de Boulieu-lès-Annonay.
Son nom figure sur le monument aux morts de la commune.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252490, notice GAY Jules Hyppolyte par Pierre Bonnaud, version mise en ligne le 24 novembre 2022, dernière modification le 28 novembre 2022.

Par Pierre Bonnaud

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21 P 347068 (nc). — Arch. Dép. du Rhône, Mémorial de l’Oppression, 3808W -156. — Brochure Boulieu, imp.Bétinas, 1967, (p. 59-60, récit des représailles allemandes par Joseph Monier et Camille de Montgolfier). — L-F Ducros, Montagnes ardéchoises dans la Guerre T.III (p. 210). — A. Boudon, Des grenades sous le plancher, carnets de La Vanaude, 2001 (p.194-197). — Mémoire des hommes. — Mémorial GenWeb. — Geneanet. — État-civil : mairie de Savas (Ardèche), acte de naissance n° 8, 29 mars 1874 ; Archives de Lyon, acte de mariage n° 65 ; mairie de Boulieu-les-Annonay, avis de décès n°13, 8 août 1944.

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