DROUILLET André, Georges alias Lieutenant André

Par Dominique Tantin

Né le 31 mars 1907 à Gabarret (Landes), mort en action le 21 juillet 1944 à Sainte-Maure-de-Peyriac (Lot-et-Garonne) ; charcutier ; résistant de l’Armée secrète (AS).

André Georges Drouillet.
André Georges Drouillet.
Crédit : SHD 16 P 193 053 in François Frimaudeau, biographie d’André Georges Drouillet, La Résistance en Lot-et-Garonne, CD-Rom, AERI, 2011

André Georges (prénom usuel semble-t-il) Drouillet était le fils de Vincent, charcutier à Gabarret, né le 16 avril 1874 à Panjas (Gers), et de son épouse Marguerite Daria née Tarrit à Gabarret (Landes). Ils s’étaient mariés le 16 octobre 1905 à Gabarret. Vincent Gabarret avait accompli son service militaire en Algérie dans un régiment de zouaves (1895-1898) et fut mobilisé de 1914 à 1918. André Drouillet devint à son tour charcutier à Nérac (Lot-et-Garonne) rue Marcadieu. Le 20 juillet 1931, dans cette ville, il épousa Léone Germaine Victoria Couderc.
Il aurait rejoint la Résistance dès novembre 1942, c’est-à-dire lorsque les Allemands occupèrent la zone dite libre. Il fut membre de l’équipe de parachutage et il hébergea des clandestins, notamment Albert Cambon, chef départemental de la Résistance. Le 6 juin 1944, il rejoignit le maquis au sein du Bataillon de Marche néracais (BMN) de l’AS. Promu lieutenant le 28 juin, il devint intendant général du ravitaillement du camp Jasmin. Il fut tué par les Allemands dans une embuscade le 21 juillet 1944 à Sainte-Maure-de-Peyriac. Sur les circonstances de sa mort, nous disposons des récits suivants, extraits de la notice biographique que l’historien François Frimaudeau a consacré à Georges Drouillet sur le site du Musée de la résistance en ligne (op. cit).
« Gaston Lasartigues, un habitant de Sainte-Maure-de-Peyriac, témoigne dans une enquête de gendarmerie : « J’étais en rapport direct avec lui étant chef cantonal de la Résistance. Le 21 juillet 1944 dans l’après-midi, nous sommes partis le lieutenant Drouillet et moi-même ainsi que deux autres personnes (les frères Pierre et Paul Duluc étaient accompagnés du lieutenant Jacques Bernard) en voiture Citroën traction avant chercher du ravitaillement à Labarrère (Gers). Au passage à Sainte-Maure-de-Peyriac, ceux-ci m’ont déposé à mon domicile. »
Pierre Duluc alias « Lieutenant Pierre », qui exerce la profession de boucher et qui est le chef du service de ravitaillement du BMN, complète ce témoignage : « Le 21 juillet 1944, accompagné du lieutenant (Georges) André Drouillet, du lieutenant (Jacques) Bernard du service du parc (automobile) et de mon frère Paul, ce dernier boulanger du bataillon, nous revenions de Labarrère (Gers) chercher 40 pains. Je conduisais moi-même la voiture. Nous fûmes attaqués aux abords de Sainte-Maure-de-Peyriac (Lot-et-Garonne) par une des unités allemandes qui cantonnaient dans les environs et qui devaient attaquer le lendemain notre unité à Gueyze et Massé (château servant de PC au Bataillon). Tout d’abord, une rafale de mitrailleuse nous est tirée par devant notre voiture. J’ai continué à rouler 200 mètres environ. Une deuxième rafale nous est tirée par derrière, crevant nos pneus et le réservoir, tuant mon frère et Drouillet, blessant Bernard et moi-même légèrement. Je suis descendu sur la route limitée par un grand bois. J’ai fait exploser une grenade « Grammond », ce qui a empêché les Allemands d’approcher car ils avaient horriblement peur des bois. Je suis allé chez le plus près voisin, portant Bernard, blessé. J’ai demandé à ce voisin de s’occuper des corps de mon frère et de Drouillet. Ils furent inhumés le lendemain au cimetière de Sainte-Maure-de-Peyriac. Je suis allé chercher une voiture hippomobile et j’ai rejoint le PC à travers bois. » Il précise que « le lieutenant (Georges) André Drouillet était mort, la boîte crânienne éclatée.
 »
André Georges Drouillet obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué FFI. La Médaille de la Résistance lui fut décernée à titre posthume par décret en date du 31 mars 1947 (JO du 13 juillet 1947).
Son nom est inscrit sur la stèle érigée à Sainte-Maure-de-Peyriac, au lieu-dit Piréou, avec celui de Paul Duluc, et sur le monument aux Morts de Nérac.


Voir Sainte-Maure-de-Peyriac (Lot-et-Garonne), 21 et 23 juillet 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252492, notice DROUILLET André, Georges alias Lieutenant André par Dominique Tantin , version mise en ligne le 24 novembre 2022, dernière modification le 24 novembre 2022.

Par Dominique Tantin

André Georges Drouillet.
André Georges Drouillet.
Crédit : SHD 16 P 193 053 in François Frimaudeau, biographie d’André Georges Drouillet, La Résistance en Lot-et-Garonne, CD-Rom, AERI, 2011

SOURCES : Service historique de la Défense, Vincennes, GR 16 P 193053 et AVCC, Caen, AC 21 P 637014 (nc). — François Frimaudeau, notice biographique de André Georges Drouillet, in La Résistance en Lot-et-Garonne, CD-Rom AERI, 2011. — MémorialGenWeb. — Geneanet.

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