RICHARD Jean-Pierre

Par François Vérité, Jean-Paul Salles

Né le 8 janvier 1943 à Château-Gontier (Mayenne) ; menuisier puis ouvrier stratifieur ; militant syndical à la CFDT, militant du PSU, sympathisant de la LCR, militant du PCF ; conseiller municipal d’Hérouville-Saint-Clair (Calvados) de 1983 à 1989, puis en 1992-1993.

Son père était ouvrier marbrier-graveur. Il fut résistant pendant la Deuxième Guerre mondiale dans la région de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe). Sa mère Renée, née Renier, était mère au foyer. Il eut une sœur. Sa mère était catholique, son père plutôt laïque, et tous deux votaient à gauche. Il passa son enfance à Bécon-les-Granits près d’Angers (Maine-et-Loire). Il obtint son certificat d’étude en juin 1957 à Sablé-sur-Sarthe, et commença à travailler comme ouvrier-boulanger puis comme plâtrier mais ni l’un ni l’autre de ces métiers ne lui convenaient, ce pourquoi il passa un CAP d’ouvrier-menuisier au Mans le 25 juin 1960. Ne trouvant pas de travail dans la Sarthe il partit pour Paris, où il fut embauché dans la réfection de magasins à Clichy-sous-Bois (Hauts-de-Seine). Il effectua son service militaire en 1962-63 pendant 16 mois d’abord à Belfort puis à Vannes (Morbihan). Il trouva du travail à Caen (Calvados) en 1963, ville dans laquelle il se maria le 24 juillet 1965 avec Janine Da Siva Figuereido avec qui ils eurent trois filles.

En janvier 1968, travaillant lui-même à la société Nord-Ouest d’Alimentation, il participa avec les ouvriers de la SAVIEM aux affrontements en centre-ville de Caen, un conflit social annonciateur des événements de Mai 68. Employé à la société Nord-Ouest d’Alimentation jusqu’en 1971, il se syndiqua à la CFDT. Il y fit la connaissance de Claude Cagnard responsable de l’URI-CFDT de Basse-Normandie. Il fut licencié pour raison économique à la suite du rachat par Promodès. Pour se reconvertir il fit une formation professionnelle accélérée de stratifieur, ce qui lui permit d’être embauché chez OBI, une entreprise spécialisée dans le bricolage et le jardinage, située sur la zone industrielle et commerciale de Mondeville (Calvados). Il y travailla de 1972 à 1990.

En 1972, il s’installa à Hérouville-Saint-Clair, dans la banlieue de Caen. Ayant adhéré au PSU, il fut le candidat de ce parti aux élections législatives du printemps 1973, obtenant plus de 5% des suffrages exprimés. Il faisait aussi partie du Groupe d’Action municipale (GAM). Ce groupe, présidé au niveau national par Hubert Dubedout maire de Grenoble et représenté localement par Robert de Caumont, avait pour but de redynamiser la vie citoyenne.
En 1973 il se solidarisa avec la lutte des ouvriers de Lip de Besançon, en aidant à la vente des montres Lip, ce qui permettait aux ouvriers et aux employés de continuer à se verser un salaire. De 1978 à 1981, li s’investit dans la lutte contre la construction de la centrale nucléaire de Plogoff (Finistère), une lutte au cours de laquelle il fit la connaissance de l’écologiste cherbourgeois Didier Anger.

Peu après la victoire de la gauche aux élections de 1981, il participa en 1983 sur sa commune d’Hérouville-Saint-Clair à la création de l’association « Changer Vraiment Maintenant ». Elle présenta une liste aux élections municipales de 1983, soutenue par le PSU, la LCR dont il se rapprocha, et l’association « Débattre, unir pour le socialisme » animée par Jean Lejeune ainsi que par des militants écologistes. Cette liste, dont il était la tête, obtint 7,06 % des suffrages, ainsi Jean-Pierre Richard devint conseiller municipal d’Hérouville-Saint-Clair de 1983 à 1989. Le 29 mars 1985, il assista à un meeting d’Alain Krivine sur Hérouville-Saint-Clair, meeting qui se tint malgré les menaces de l’extrême droite. Peu après, il déjeuna avec Alain Krivine après avoir visité « Rotographie » l’imprimerie de la LCR située à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

Très investi dans la vie locale il fut de ceux qui s’opposèrent à la "bétonisation" d’Hérouville-Saint-Clair. En effet à la fin des années 1970 un projet immobilier lancé par la mairie était prévu, autour du 402, quartier du Val. Il suscita l’indignation des habitants du quartier et plus largement de la commune. Un comité de soutien ayant été créé, il obtint gain de cause, la municipalité renonçant au projet en juin 1980.

En 1989, il fut de nouveau candidat aux élections municipales sur la liste « Vivre mieux à Hérouville-Saint-Clair » conduite par René Le Bris, militant de la LCR. Cette liste, soutenue par la LCR, le PSU et les écologistes, frôla les 10 %. René Le Bris fut élu, mais ayant rejoint le PCF, il fut remplacé par Josiane Lowy la deuxième de liste et Jean-Pierre Richard, du fait du « tourniquet » fut conseiller municipal en 1992-1993. Sensible à la question du chômage qui affectait gravement le tissu social sur Hérouville-Saint-Clair et la région caennaise, il se consacra à la création de l’association de chômeurs STARTER sur sa commune.

Puis, aidé par ses expériences d’éducateur technique, il retrouva du travail au centre socio-culturel de la Grâce de Dieu à Caen, s’éloignant progressivement de l’association STARTER, sans bien sûr renier ses convictions sur la question du chômage et de la précarité. Devenu militant du PCF, il fut présent sur la liste de ce parti à Hérouville-Saint-Clair en 1995. Conduite par Bernadette Henry, elle obtint 20 % des suffrages exprimés. Aux élections municipales de 2001, toujours en lutte contre le « clientélisme et l’autoritarisme » de la Gauche plurielle dont le leader était François Geindre (PS), il figurait sur la liste Gauche citoyenne conduite par Serge Lézement du Mouvement des Citoyens (MDC), qui réalisa le score de 12%. La mésentente entre les deux listes de gauche entraîna au second tour la victoire du centre droit à Hérouville-Saint-Clair.

Lors de la re-création de la LCR sur Caen le premier mai 2002, il en redevint sympathisant mais il n’adhéra pas au NPA (Nouveau parti anticapitaliste) à sa création en 2009. Du fait de sa longue expérience militante sur la commune d’Hérouville-Saint-Clair, il fut interviewé en 2005 par René Le Bris à la radio TSF 98 animée par Joël Le Tensorer. Il était à la retraite en 2003. Lors du référendum sur le traité constitutionnel européen le 29 mai 2005, il appela à voter pour le « Non ». En 2009, il se prononça dans le journal municipal d’Hérouville-Saint-Clair, en faveur du Conseil de la vie locale, conseil qui fut supprimé par la suite.

En 2019, il sympathisa aves les « Gilets jaunes » sur le rond-point de Collombelles. Cependant, du fait de son âge et de différents problèmes de santé, il n’exerçait plus en 2022 d’activités politiques et associatives tout en restant inébranlable au sujet de ses convictions.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252493, notice RICHARD Jean-Pierre par François Vérité, Jean-Paul Salles, version mise en ligne le 24 novembre 2022, dernière modification le 24 novembre 2022.

Par François Vérité, Jean-Paul Salles

SOURCES : Entretien réalisé en octobre 2022 avec Jean-Pierre Richard par François Vérité. — Presse locale et Bulletins municipaux d’Hérouville-Saint-Clair. — Sur l’année 1968 à Caen : Alain Delale, Gilles Ragache, La France de 68, Seuil, 1978, p.34 et suivantes.

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