CHAMARET Patrick, Victor, Etienne

Par Nicolas Simonpoli

Né le 25 juin 1952 au Mans (Sarthe) ; cheminot, ouvrier du Matériel ; syndicaliste CGT, secrétaire puis secrétaire général adjoint du syndicat CGT des cheminots du Mans (1976-1979), secrétaire général adjoint du secteur CGT de Paris Montparnasse (1977-1979), membre de la Commission exécutive de la Fédération CGT des Cheminots (1979-2007), membre du bureau de la Fédération CGT des Cheminots (1990-2007) ; militant communiste, membre du comité fédéral du PCF de la Sarthe (1981-1985).

Portrait de Patrick Chamaret paru dans Lo jornalet, journal du 39ème congrès fédéral, n°6, 28 novembre 2003
Portrait de Patrick Chamaret paru dans Lo jornalet, journal du 39ème congrès fédéral, n°6, 28 novembre 2003
[Droits réservés Coll. IHS-CGT cheminots]

Patrick Chamaret était le fils d’André Chamaret, ouvrier spécialisé à l’usine Renault du Mans (Sarthe), syndiqué à la CGT, et d’Yvette Burnel, qui exerçait le métier de coiffeuse. La famille comptait quatre enfants, Patrick et ses trois sœurs. L’héritage cheminot n’était pas absent de l’histoire familiale puisque le grand-père paternel de Patrick fut agent de l’Exploitation à la SNCF. Issu d’une famille d’agriculteurs de la Mayenne, travaillant en gare de Rouen (Seine-Maritime) puis du Mans (Sarthe), il exerça comme chef de manutention aux halles de marchandises.

Patrick Chamaret effectua sa scolarité dans la région mancelle. En 1969, il obtint son BEPC au collège Albert Camus du Mans (Sarthe). En 1971, il devint titulaire d’un BEP de mécanicien-monteur au Lycée technique Colbert de Torcy à Sablé-sur-Sarthe (Sarthe). Au terme de ses études, pendant neuf mois, il travailla en tant que manutentionnaire au sein de l’entreprise Manunette, sous-traitant des ateliers SNCF au Mans (Sarthe). D’avril 1972 à mars 1973, il effectua son service national à la caserne Mangin de l’armée de terre de La Rochelle (Charente-Maritime).

En avril 1973, il fut embauché comme ouvrier qualifié dans la filière du Matériel au dépôt SNCF de Montrouge (Hauts-de-Seine). Il y demeura jusqu’en 1976, année où il fut muté aux ateliers SNCF du Mans (Sarthe). En 1980, il fut mis en service libre afin d’assurer ses fonctions de représentant syndical au sein de la fédération CGT des cheminots. Il demeura permanent jusqu’à son départ en retraite en 2007.

Patrick Chamaret adhéra à la CGT en 1974. Très vite, il s’impliqua dans l’action syndicale. Il connut alors des responsabilités aux niveaux local, régional, national et européen. Après ses débuts à la commission Jeunes du secteur CGT des cheminots de Paris Montparnasse, il devint, de 1976 à 1979, membre du bureau puis secrétaire général adjoint du syndicat des cheminots du Mans (Sarthe). Il y milita avec Marcel Bourdon, secrétaire général du syndicat, dont l’intégrité intellectuelle et militante l’impressionnèrent fortement. Par la suite, il prolongea ses responsabilités à l’échelle du secteur de Paris Montparnasse, dont il devint secrétaire général adjoint de 1977 à 1979, aux côtés de Jean Lemonnier qui fut pour lui un modèle d’engagement militant. La même année, il fut élu à la commission exécutive de la Fédération CGT des cheminots. Permanent à compter de 1980, il travailla au secteur fédéral Organisation jusqu’en 1990. Cette année-là, il accéda au bureau fédéral au sein duquel il fut élu jusqu’en 2007.

Durant ses années en tant que dirigeant fédéral, Patrick Chamaret se consacra à plusieurs projets. De 1990 à 1993, il fut chargé de l’animation du collectif technique Matériel et du suivi des collectifs techniques Équipement et Jeunes. À cette fonction, il assura le suivi de la réforme de la filière Matériel qui visait à regrouper les activités de visite, de maintenance, de gestion des magasins, des études et des services intérieurs des établissements. Il se battit afin que cette réforme ne se fasse pas au détriment du déroulement de carrière des cheminots concernés par la recomposition des filières. De 1993 à 2000, il prit la responsabilité du secteur fédéral Emploi-Formation et des dossiers conditions de travail et revendications des personnels contractuels de la SNCF. À ce titre, il participa aux négociations sur l’accord relatif à la formation professionnelle pour la période 1994-1996. Au nom de la CGT, il revendiqua un temps de formation accru qui permette une adaptation des cheminots aux évolutions permanentes de leurs métiers et une réelle montée en qualification tout au long de la carrière. Il fut également largement mobilisé sur la question de l’admission au cadre permanent des nombreux « Emplois jeunes » embauchés par la SNCF.

Ce fut en tant que permanent de la fédération CGT des cheminots qu’il vécut le grand mouvement social de l’hiver 1995. Pendant la première partie du conflit, il assura des permanences au siège fédéral à Montreuil (Seine-Saint-Denis) puis, habitant Le Mans, il rejoignit ses camarades de la Sarthe pour les accompagner dans les occupations d’établissements de la région. Marié et père de deux jeunes enfants, ce retour en terre mancelle lui permit de concilier vie privée et vie militante dans ce moment d’intense mobilisation.

Entre 2000 et 2003, il se consacra aux activités Internationales, au dossier des salaires et de la protection sociale. Il représenta la CGT au sein des instances de la Fédération européenne des Transports, dont il fut membre du bureau de la section ferroviaire, et de la Fédération internationale des Transports. Dans ces instances, aux côtés de ses homologues des autres fédérations européennes, il tenta de limiter les effets néfastes des projets de libéralisation du transport ferroviaire européen. Enfin, lors de son dernier mandat, de 2003 à 2007, il fut secrétaire général de l’Union fédérale des retraités et chargé du suivi des questions du logement.

En parallèle de ses responsabilités dans l’organisation, Patrick Chamaret assura plusieurs mandats dans les instances représentatives de la SNCF. Il fut représentant des salariés au sein de la Commission du Statut, dans la Commission professionnelle centrale du Matériel, dans la Commission nationale mixte sécurité des circulations, le Comité national hygiène, sécurité et conditions de travail ou au sein du Comité central d’entreprise. Tout au long de ses années, il participa également à plusieurs négociations d’importance pour la corporation cheminote. Il fut ainsi responsable des délégations fédérales qui négocièrent sur les questions de formation professionnelle, des travailleurs handicapés, des logements et des foyers SNCF ou encore de l’accord d’entreprise sur les 35 heures.

Afin d’assurer au mieux ses différentes responsabilités, il suivit diverses formations syndicales : de base en 1975, de niveau moyen en 1977 puis de niveau supérieur en 1981. Il fut lui-même instructeur de plusieurs stages de formation.

Venu le temps de la retraite, Patrick Chamaret continua de militer au sein de la section CGT des cheminots retraités du Mans (Sarthe). Il s’investit également dans l’Institut d’histoire sociale de la Fédération CGT des cheminots dont il fut le président de 2008 à 2020. A partir de 2008, il s’investit également dans l’association Loisirs et Solidarité des retraités de la Sarthe dont il fut le vice-président de 2009 à 2015.
En parallèle de ses activités syndicales et associatives, Patrick Chamaret milita également au Parti communiste français. Adhérent du PCF à compter de 1975, il fut secrétaire de la cellule du dépôt de Montrouge (Hauts-de-Seine), pendant deux ans, puis membre de la cellule des ateliers du Mans (Sarthe). De 1981 à 1985, il fut membre du comité de la fédération communiste de la Sarthe. Au sein du PCF, il suivit un stage de formation dédié aux militants communistes cheminots.

En 1981, Patrick Chamaret épousa Catherine Soulard-Monnier, institutrice, syndiquée à la FSU. Le couple eut deux fils.

En 2000, Patrick Chamaret fut élevé au titre de chevalier de l’ordre national du mérite au titre de son engagement pour le transport public.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252604, notice CHAMARET Patrick, Victor, Etienne par Nicolas Simonpoli, version mise en ligne le 15 mai 2023, dernière modification le 25 septembre 2023.

Par Nicolas Simonpoli

Portrait de Patrick Chamaret paru dans Lo jornalet, journal du 39ème congrès fédéral, n°6, 28 novembre 2003
Portrait de Patrick Chamaret paru dans Lo jornalet, journal du 39ème congrès fédéral, n°6, 28 novembre 2003
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Carte d'accès à la Bourse du travail de Patrick Chamaret
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SOURCES : Arch. IHS-CGT des cheminots. — La Tribune des cheminots, numéros : 678, 684, 685, 686, 694, 707, 726, 743, 748, 771, 778, 779, 783, 1990-2001. — Renseignements fournis par l’intéressé, novembre 2022.

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