TANREZ Ernest, dit Ernestan. [Belgique]

Par Jean Puissant

Gand (Gent, pr. Flandre Orientale, arr. Gand), 15 juillet 1898– Bruxelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale), 17 février 1954. Antiquaire, anarchiste, franc-maçon.

Issu d’une famille bourgeoise, de père wallon et de mère flamande, Ernest Tanrez, dit Ernestan, ne peut poursuivre ses études en raison de la Première Guerre mondiale puis est mobilisé en 1918. Il tient, après-guerre, une boutique d’antiquités rue Ernest Allard, en contrebas du Sablon en plein centre de Bruxelles. Marié, ses affaires lui donnent une « modeste aisance » (DE MEUR J., 1970).

Dès 1921, sous le nom de Tanrez, Ernestan collabore à divers organes anarchistes, dont le Bulletin libertaire du groupe libertaire de Bruxelles, L’Émancipateur (Flémalle, pr. et arr. Liège) de Camille Mattart* (1921-1936), Combat de Mattart et Hem Day ainsi qu’à d’autres organes en France. Il participe à la campagne en faveur de Sacco et Vanzetti et à celle en faveur de la libération des objecteurs de conscience Hem Day et Léo Campion en 1933.

Ernest Tanrez, dit Ernestan, est actif au Comité international de défense anarchiste (CIDA), à l’aide aux anarchistes espagnols, en particulier au cours de la guerre d’Espagne. Il collabore à L’Action directe (Liège, 1932-1933) des Cercles syndicalistes fédératifs de Belgique, tentative de résurgence d’un projet d’avant-guerre. Il se préoccupe alors de la question du Socialisme contre l’autorité (1932), titre d’une brochure ainsi que d’autres textes sur le socialisme.
Ernestan mène une active collaboration avec Le rouge et le noir (1929-1938), périodique bruxellois, où se prolongeaient les débats animés de la Tribune libre, construite sur le modèle du Club du faubourg de Léo Poldès, réunissant milieux culturels et jeunesse non conformiste. Il y expose le point de vue libertaire de décembre 1930 à avril 1936. Cette rupture est due au soutien apporté par Pierre Fontaine, son directeur, à la politique menée par le gouvernement Van Zeeland-De Man. Pacifisme intégral, objection de conscience, antifascisme, dénonciation du stalinisme, autant de thématiques où se retrouve Ernestan, qui est un des conférenciers (à 16 reprises) et des éditorialistes les plus assidus (FUËG J.-F., 1995).

Ernest Tanrez, dit Ernestan, fréquente en 1936 le salon bruxellois des Didier, côtoyé aussi par Henri De Man et Otto Abetz*, où il est beaucoup question de pacifisme, de politique d’indépendance, de relations internationales.

En 1940, Ernestan prend le chemin de l’exode en France, mais est arrêté et interné au camp du Vernet camp du Vernet (département de l’Ariège), notamment avec Léo Campion et Nicolas Lazarévitch*. Après trois mois, il rentre en Belgique, mais est à nouveau arrêté par la Gestapo en juin 1941 (?), en raison de « sympathies communistes » et emprisonné à Breendonk (commune de Willebroek, pr. Anvers-Antwerpen, arr. Malines-Mechelen). Il est libéré après quelques mois, grâce à l’intervention de son frère, « nationaliste flamand », et de Paul Colin, journaliste collaborateur, ancien du Vernet, alertés par Léo Campion (CAMPION L., 1978). Affaibli par ses détentions, Ernestan reprend ses activités dans la presse et l’édition libertaires en Belgique et en France, en particulier à Pensée et action de Hem Day de 1945 à 1952. Il participe également à la revue Les Cahiers idéalistes (Bruxelles, 1944-1953), réunissant communistes, libertaires et syndicalistes.

Initié à la loge Action et solidarité du Grand Orient de Belgique en 1948, Ernest Tanrez, dit Ernestan, est « frère orateur » en 1951 (CAMPION L., 1978).

À consulter également : DUPUY R., Ernestan (Tanrez Ernest, dit), dans Dictionnaire des anarchistes, Site Web : maitron.fr.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252642, notice TANREZ Ernest, dit Ernestan. [Belgique] par Jean Puissant, version mise en ligne le 2 décembre 2022, dernière modification le 2 décembre 2022.

Par Jean Puissant

ŒUVRE : Le socialisme réaliste, Paris-Bruxelles, Éditions réalistes, 1932 – La fin de la guerre, Bruxelles, Pensée et Action, 1938 – Socialisme et humanisme (essais), Bruxelles, Éditions ESSEO, 1946 – Tu es anarchiste, Paris, Éditions du Libertaire, 1948 – La contre-révolution étatiste, Paris-Bruxelles, Pensée et Action, s.d. – La valeur de la liberté, Bruxelles, Les Cahiers idéalistes, 1952.

SOURCES : CAMPION L., Le drapeau noir, l’équerre et le compas, Goutal-Darly, Montrouge, 1978 – DAY Hem, Ernestan (1898-1954). Sa vie et son œuvre, Paris-Bruxelles, Pensée et Action, 1955 – DE MEUR J., L’anarchisme en Belgique, la contestation permanente, Bruxelles, 1970 – FUËG J.-F., Le rouge et le noir, la tribune bruxelloise non conformiste des années 30, Ottignies-Louvain-La-Neuve, 1995.

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