HAAS Roland, François. Pseudonymes : Olivier, Roland

Par Marie-Cécile Bouju

Né le 26 avril 1922 à Paris (8e), mort le 25 novembre 2016 à Paris (16e arr.), ingénieur chimiste, résistant.

Roland Haas est issue d’une famille juive non pratiquante et alsacienne. Son père, Léon Haas, était horloger. L’entreprise famiale s’appelait "Haas Neveux". Sa mère était Suzanne Gugenheim. Roland Haas était le benjamin de Philippe (1910-1921) et Annette, née en 1912. Après la faillite de son entreprise en 1938, Léon Haas se sucide en 1939.

Roland Haas était un jeune bachelier au début de la seconde guerre mondiale. Réfugiée à Lyon, il y termina ses études obtenant une licence ès sciences (minéralogie et chimie générale) et diplômé de l’Ecole de chimie industrielle de Lyon, devenant ainsi ingénieur chimiste en 1940.

Haas entra en résistance en 1940 en diffusant le journal clandestin Liberté. En 1941-1942, il mit ses compétences de chimiste au service d’un groupe rattaché à l’Intelligence Service. Début 1943, il devint membre du mouvement Libération, via Pierre Kahn-Farelle, et de son service de faux papiers. En 1943, ce service, dirigée par Kahn-Farelle, travaillait pour plusieurs mouvements, et, inséré dans le réseau Plutus, fut rattaché aux MUR. En juillet, Haas devint l’adjoint de Kahn-Farelle, spécialement chargé de l’organisation technique de l’ensemble. En septembre, il devint « inspecteur général du service national des faux papiers », c’est-à-dire toujours chargé de l’organisation technique mais aussi de sa duplication dans toute la zone sud (32 services locaux, une centaine de clandestins). En février 1944, il fut également chargé de la zone Nord.

Le 18 mai 1944, il fut arrêté au 25 rue de la Cité des fleurs, où se trouvait un atelier de fabrication des faux papiers, avec ses camarades de Plutus. Il fut torturé rue des Saussaies, puis interné à Fresnes. Le 30 juin 1944, il a été déporté depuis Drancy à Auschwitz puis Monowitz. Il fut adjoint au chef de section de la résistance intérieure du camp. Il a été blessé lors du bombardement de Monowitz. A l’issue d’un marche de la mort commencée le 18 janvier, il arriva à Gleiwitz puis Buchenwald le 24 janvier 1945. Il a été libéré le 11 avril 1945 par la 3e Armée américaine et rapatrié le 7 mai 1945.

Il reprit ses études, à l’École de chimie de Lyon, puis à Paris.

Roland Haas a été décoré de la croix de guerre (1946) et de la médaille de la résistance. Il devint officier réserviste. Il a été fait commandeur de la légion d’honneur.

En 1950, Haas habitait au Maroc. En 1946, il travailla pour la Compagnie minière et métallurgique (devenue CMM-Industrie), dont il devint le PDG, et vice-président de la Société minière d’Anglade.

Roland Haas était membre de plusieurs associations d’anciens déportés (Union des déportés d’Auschwitz, Association Buchenwald-Dora).

Il a épousé Zoya Izmailoff, d’origine léthonienne, le 6 octobre 1948 à paris (16e arr.). Le couple eut deux enfants : Patrick (1951), journaliste et directeur de presse (France Soir International, Figaro, …), et Isabelle (1954).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252668, notice HAAS Roland, François. Pseudonymes : Olivier, Roland par Marie-Cécile Bouju, version mise en ligne le 3 décembre 2022, dernière modification le 3 décembre 2022.

Par Marie-Cécile Bouju

OEUVRE : Roland Haas, Georges Laüt. Journal de déportation. Le réseau plutus (historique, activités, témoignages). Condé-sur-Noireau : imprimerie Corlet, 2007.

SOURCES : SHD GR 16 P 282581. – AN 72AJ 1950 et 2275 (non consultés).- Cercle d’études de la déportation et de la Shoah [en ligne].

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