SAINTE-LAGÜE Armand [ou SAINTE-LAGUË]

Par Dominique Tantin, François Frimaudeau, Guy Penaud

Né le 30 octobre 1912 à Buzet-sur-Baïse (Lot-et-Garonne), abattu le 22 juin 1944 à Buzet-sur-Baïse ; cultivateur ; victime civile.

Armand Sainte-Lagüe (sur l’acte de naissance, le tréma est sur le u, mais sur l’acte de mariage de ses parents, il est sur le e de la signature de l’époux) était le fils d’Eugène, cultivateur, né le 10 octobre 1870 à Puch-d’Agenais (Lot-et-Garonne), et de son épouse Marie née Lagréou, sans profession, née le 3 septembre 1876 à Durance (Lot-et-Garonne). Ses parents s’étaient mariés le 12 août 1893 à Saint-Pierre-de-Buzet (Lot-et-Garonne) . Au recensement de 1936, cultivateur, Armand Sainte-Lagüe était domicilié à Buzet-sur-Baïse (Lot-et-Garonne) avec sa mère devenue veuve. Par la suite, il épousa la fille de Clément Ruchaud, Pierrette, née en 1922.
Le 22 juin 1944, en représailles à un sabotage du maquis, Buzet-sur-Baïse fut occupé par un important détachement de Waffen-SS du régiment Deutschland de la 2e Panzerdivision Das Reich venant d’Aiguillon (Lot-et-Garonne) et dirigé par le commandant Willy Dusenschön. Selon les historiens Guy Penaud (La Das Reich, op. cit. pp. 447-448) et François Frimaudeau (Les évènements de Buzet-sur-Baïse (22 juin 1944), op. cit.), les faits se déroulèrent de la manière suivante.
Après avoir rassemblé et interrogé les hommes sur la place du village, (nous reprenons ici le récit de Guy Penaud) les SS « arrêtèrent […] le curé de la paroisse, l’abbé Laborie, et six autres habitants, Clément Pierre Ruchaud, 49 ans, facteur à Aiguillon, son gendre, Armand Sainte-Lagüe, 32 ans, et Justin Laffon, 58 ans, (tous les trois suspectés d’être des « chefs communistes » ; selon sa fiche sur MémorialGenWeb, Clément Ruchaud aurait été accusé « d’espionnage et d’aide au maquis »), Jean Neuville, 65 ans […], Giovanni Costalunga, 37 ans, qui avait déserté l’organisation Todt, et le menuisier Louis Dassy, qui ne dut son salut qu’à l’intervention du président de la Délégation spéciale (en fait le maire), Simon Adam, qui réussit à le faire libérer. À ces six Buzéquais, les SS ajoutèrent André Boudey, 35 ans, cafetier à Damazan (Lot-et-Garonne), arrêté alors qu’il travaillait sa vigne et qui ne put présenter ses papiers d’identité restés dans sa veste au bout du rang. Tous furent embarqués à la sortie du village, sur la route de Damazan. Là, on les fit tous descendre à l’exception de l’ecclésiastique qui, demeuré dans le camion (ou un autobus, selon les sources), vit ses compagnons d’infortune abattus à coups de mitraillette vers 15h15 » contre le mur d’une maisonnette en mauvais état au milieu d’une ancienne vigne précise François Frimaudeau.
Armand Sainte-Lagüe, qui obtint la mention « Mort pour la France », fut considéré comme une victime civile.
Son nom est inscrit avec ceux des cinq autres victimes du massacre du 22 juin 1944, route de Damazan, sur le mur de la maisonnette (dite « cabane des fusillés »), où une plaque principale porte l’inscription "Six Patriotes Buzéquais furent sans jugement fusillés en ce lieu par les Allemands le 22/06/1944". Elle surmonte six plaques nominatives. Les noms des victimes sont aussi gravés sur le Monument commémoratif 1939-1945 érigé dans le centre-ville.
Pierrette Sainte-Lagüe décéda le 5 mars 2015 à Rochefort-sur-Mer, en Charente-Maritime.



Voir Buzet-sur-Baïse (Lot et Garonne), juin-juillet 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252697, notice SAINTE-LAGÜE Armand [ou SAINTE-LAGUË] par Dominique Tantin, François Frimaudeau, Guy Penaud , version mise en ligne le 5 décembre 2022, dernière modification le 5 décembre 2022.

Par Dominique Tantin, François Frimaudeau, Guy Penaud

SOURCES : Service historique de la Défense, AVCC, Caen, AC 21 P 396369 (nc). — François Frimaudeau, Les évènements de Buzet-sur-Baïse (22 juin 1944), in La Résistance en Lot-et-Garonne, CD-Rom AERI, 2011. — Guy Penaud, La Das Reich, 2e SS Panzerdivision Das Reich, Périgueux, La Lauze, 2005, p. 447-448. — Mémoire des Hommes. — MémorialGenWeb. — Geneanet. — Arch. dép. de Lot-et-Garonne en ligne.

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