ROYER Claude, Marius

Par Guillaume Davranche

Né le 6 juin 1874 à Lyon 3e (Rhône) ; menuisier ; syndicaliste révolutionnaire, secrétaire de l’Union des syndicats du Rhône en 1910-1913.

Claude Royer était menuisier à Sablons (Isère) quand il fut appelé au service militaire. Dispensé d’une année en tant que fils aîné de veuve, il fut incorporé le 12 novembre 1895 au 109e régiment d’infanterie. Il fut libéré le 22 septembre 1896 avec le certificat de bonne conduite.

De janvier à octobre 1898, il habita à Grenoble puis, en novembre, déménagea à Chambéry.

En septembre 1900, enfin, il s’installa dans l’agglomération lyonnaise, qu’il ne devait plus quitter jusqu’en 1914.

Le 1er juin 1901, il épousa une lingère, Augustine Ferrier, à Lyon 3e. Il habitait alors 31, rue du Béguin.

C’est à cette époque qu’on a les premières traces de militantisme de Claude Royer. En 1903, il était secrétaire de la Ligue de solidarité. En 1904, il était élu secrétaire adjoint du sous-comité de propagande pour la grève générale.

En 1905, il était membre de la commission exécutive de la bourse du travail.

Il fut l’un des fondateurs de l’Union des syndicats du Rhône (USR), affiliée à la CGT, et qui incarnait l’aile révolutionnaire du mouvement syndical face à la bourse du travail de Lyon, qui représentait le pôle réformiste.

Le 30 juin 1909, il divorça de sa femme. Il se remaria le 9 décembre 1909 avec Marie Raymond, à Lyon 3e. Le couple habitait alors au 248, rue Duguesclin.

Durant l’année 1910, Claude Royer devint secrétaire de l’USR et fut, avec Alexandre Chabert, un de ses principaux animateurs.

En octobre 1910, Chabert et Royer engagèrent fortement l’USR dans le soutien aux cheminots en grève, n’hésitant pas à prôner le sabotage, et cherchant à étendre la grève à d’autres corporations.

En 1911-1912, ils furent très actifs dans les campagnes en faveur d’Émile Rousset, puis de Jules Durand.

En septembre 1912, Royer fut délégué au congrès confédéral CGT du Havre par l’USR et par les Métallurgistes de Villefranche-sur-Saône.

Le 26 novembre 1912, il fut délégué par l’USR au congrès confédéral extraordinaire contre la guerre, convoqué par la CGT à Paris. Il s’y prononça pour la grève générale préventive, et conclut son discours par un « Guerre à la guerre, vive l’insurrection ! » De retour à Lyon, il travailla activement à la réussite de la grève générale fixée au 16 décembre 1912, malgré l’opposition du secrétaire réformiste de la bourse du travail, Eugène Dreyer

Le 15 décembre 1912, Claude Royer fut inscrit au Carnet B.

En 1913, l’USR mena la lutte contre la loi de trois ans et, le 14 juillet 1913, Royer fut un des orateurs de la CGT à la grande manifestation pacifiste tenue au Pré-Saint-Gervais.

Durant la crise qui secoua la CGT à l’automne 1913, le secrétariat de l’USR se solidarisa avec la direction confédérale. Lors d’un meeting lyonnais en septembre 1913, les anarchistes, dont Claude Journet, prirent ainsi Léon Jouhaux et Claude Royer à partie, les accusant de vouloir une « rectification de tir » de la CGT.

Mobilisé le 13 août 1914, Royer servit dans la territoriale. Au printemps 1915 il était cuisinier au sein du 120e régiment territorial d’infanterie à Chelles (Seine-et-Marne), et écrivait à La Bataille syndicaliste pour dénoncer les pressions exercées par les officiers pour que les soldats aillent à la messe. Il correspondait également avec Auguste Charpillon et Claude Journet. Le 2 novembre 1915, désormais téléphoniste, il écrivait à Journet qu’il avait appris avec intérêt la conférence de Zimmerwald.

Le 8 janvier 1918, il fut affecté spécial aux chantiers de constructions navales de Toulon à partir du 8 janvier 1918. Il restait en relation épistolaire avec Henri Bécirard, désormais secrétaire de l’USR, et le tenait au courant de l’action de la CGT à Lyon. En juillet 1918, Claude Royer fut déplacé de Toulon à Saint-Fons ; « C’est un soulagement, signala un rapport de police du 31 juillet, car son activité dévorante avait obtenu des résultats. En quelques mois il avait organisé deux grèves et… reconstitué la fédération départementale des syndicats ouvriers ! »

Il fut démobilisé le 8 février 1919 et partit vivre à Boulogne-sur-Seine.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252756, notice ROYER Claude, Marius par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 7 décembre 2022, dernière modification le 7 décembre 2022.

Par Guillaume Davranche

SOURCES : Arch. Nat. 19940472/299. — Compte rendu du congrès confédéral CGT de septembre 1912. — Antoine Cintas, « Les pouvoirs publics et la police face à l’antimilitarisme et au pacifisme dans l’agglomération lyonnaise (1900-1918) », master d’histoire, université Lyon-II, 2020.

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