CHAUMARD Yves, André

Par Nicolas Simonpoli

Né le 13 septembre 1958 à Asnières-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine) ; cheminot, agent mouvement puis commis de secrétariat et enfin coordinateur sécurité ; syndicaliste CGT, élu du CER de Paris Saint-Lazare (1985-1989), secrétaire du secteur CGT des Centraux (1997-2002), membre de la commission exécutive de la Fédération CGT des Cheminots (1997-2002), membre du bureau national de l’UFCM-CGT (1996-2000) ; militant communiste puis environnemental.

Yves Chaumard était le fils de Baptiste Chaumard, boulanger, et de Marcelle Diger, animatrice dans un centre de loisirs municipal. Le ménage comptait trois enfants, deux fils et une fille. La fratrie fut très tôt sensibilisée à l’importance de l’engagement militant, notamment par l’intermédiaire de leur père, militant cégétiste et communiste, qui participa aux réseaux de la Résistance FTP et de leur mère, syndiquée à la CGT. La famille vivait dans la cité des musiciens à Colombes (Hauts-de-Seine). La municipalité communiste, tout comme l’amicale des locataires, organisaient de nombreuses actions en direction des enfants de la cité.

Yves Chaumard effectua ses études au lycée Robert Schumann de Colombes (Hauts-de-Seine). Engagé dans un la filière sciences économiques, il interrompit sa scolarité en 1977, après avoir échoué de peu à l’examen du baccalauréat. Durant ses années lycéennes, il milita au sein de l’Union nationale des comités d’action lycéens, (UNCAL) et des jeunesses communistes. À compter de 1975, il travailla comme animateur dans un centre de vacances et de loisirs, avant d’être convoqué pour le service national d’octobre 1977 à octobre 1978. À son retour, il fut embauché à la SNCF.

En octobre 1978, Yves Chaumard fut engagé comme attaché groupe VII en gare de Colombes (Hauts-de-Seine). Il demeura à ce poste pendant deux ans puis, de 1980 à 1992, il exerça comme commis secrétariat à Paris Saint-Lazare. En 1992, il réussit l’examen pour la qualification E qui lui ouvrit l’accès au poste de gestionnaire des stocks à la direction de l’Equipement. Il poursuivit sa carrière dans ce service. En 1995, il fut promu responsable de la gestion du matériel caténaires, il demeura en poste jusqu’en 1997. La même année, il fut mis en service libre au titre de ses fonctions au secteur CGT des Centraux jusqu’en 2002. À son retour dans l’entreprise, il devint correspondant sécurité pour la direction régionale de Paris Saint-Lazare. Il demeura à ce poste jusqu’en 2012, année de son départ en retraite.

Yves Chaumard adhéra à la CGT en décembre 1978. Sensibilisé aux orientations de la centrale par l’engagement de son père et de sa sœur, il fut aussi incité à adhérer par ses collègues de travail qui lui proposèrent de participer à l’action du syndicat quelques mois à peine après son entrée à la SNCF. Membre du syndicat Paris Banlieue de Paris Saint-Lazare, il fut élu au CHSCT de son établissement 1982 à 1989 et, en parallèle, de 1985 à 1989, il fut élu au comité d’établissement régional de Paris Saint-Lazare et secrétaire adjoint du CER.

Ce fut à ces fonctions qu’il vécut la mobilisation cheminote de l’hiver 1986-1987, mobilisation qui s’opposa à la réforme de la grille des salaires dite « au mérite » proposée par la direction de la SNCF. À son commencement, quelques jours avant Noël, ce mouvement fut marqué par les désaccords entre les coordinations de cheminots et les organisations syndicales. Yves Chaumard se souvint de la confusion qui régnait sur l’attitude à adopter vis-à-vis de la grève, la CGT étant au départ minoritaire dans les assemblées générales. Les choses furent d’autant plus compliquées qu’en cette période, un grand nombre de militants avaient quitté Paris pour fêter noël en famille. Yves fut lui-même sollicité le soir du réveillon par Georges Malet, secrétaire du syndicat Paris Banlieue de Saint-Lazare, pour mobiliser les syndiqués de la CGT. À compter du 26 décembre, l’AG de la gare de Bécon-les-Bruyères réunissant les agents de l’Exploitation, de l’Équipement et de l’administration fut largement investie par les cheminots cégétistes. Yves Chaumard œuvra à faire entendre la voix de l’organisation dans le mouvement. L’AG choisit Jean-Paul Leforestier, chef de gare à la Celle-Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), comme président. Chaque jour, toutes les organisations syndicales réussirent à travailler ensemble afin de reconduire la grève dans un esprit de démocratie directe. Yves distribua les tracts édités par la fédération, vendit l’Humanité et appela à manifester. Ce fut pour lui une très riche expérience de lutte, riche de la camaraderie et de la solidarité qui anima le groupe de camarades qu’il côtoya alors 24 heures sur 24. Le mouvement fut aussi rendu possible par le soutien des municipalités communistes de la banlieue parisienne qui offrirent aux cheminots des colis alimentaires afin de les soutenir dans la grève. La mobilisation dura 21 jours et aboutit au retrait du projet de nouvelle grille des salaires. Lors de la dernière AG, 80 cheminots adhérèrent à la CGT.

Entre 1997 et 2002, succédant à Bernadette Catalogne, Yves Chaumard prit la direction du secteur CGT des Centraux. Il y défendit notamment une politique de gestion administrative qui ne soit pas uniquement orientée vers le profit économique. En 1998, dans un article de la Tribune des cheminots, il signala les effets néfastes de la reconfiguration des directions centrales visant à diviser les entités fonctionnelles de la SNCF pour faciliter l’externalisation et la contractualisation des tâches de travail. Au titre de ses fonctions au secteur des Centraux, il siégea à la commission exécutive de la Fédération CGT des cheminots. Ayant accédé à la maitrise, il siégea également au bureau national de l’UFCM-CGT de 1996 à 2000. En 2004, il réintégra l’entreprise, il fut de nouveau élu au CHSCT de son établissement.
En parallèle de son engagement syndical dans la corporation cheminote, Yves Chaumard s’investit également dans l’action interprofessionnelle, notamment à l’UL-CGT des VIIIe et IXe arrondissement de Paris. Venu le temps de la retraite, il milita à la section CGT des cheminots de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis).

Afin d’assurer au mieux l’ensemble de ses mandats, Yves Chaumard suivit plusieurs stages de formation syndicale : élémentaire en 1980, CHSCT en 1988, deuxième niveau en 1998 et troisième niveau en 2000. Il fut lui-même intervenant dans des stages de formation élémentaire ou CHSCT.

En parallèle de son engagement syndical, Yves Chaumard fut aussi militant politique et associatif. En 1974, il adhéra au Parti communiste français. De 1982 à 1990, il fut secrétaire à l’Organisation de la section PCF du VIIIe arrondissement de Paris et, de 1989 à 2012, secrétaire de la section PCF de la gare Saint-Lazare. En 2017, il adhéra au Mouvement national de lutte pour l’environnement.

En 2000, il se maria avec Nadine Lauthelier, responsable de la communication des crèches PMI du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, membre du bureau du syndicat de l’UFICT-CGT du conseil départemental. Yves Chaumard était père de deux enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252782, notice CHAUMARD Yves, André par Nicolas Simonpoli, version mise en ligne le 15 mai 2023, dernière modification le 15 mai 2023.

Par Nicolas Simonpoli

SOURCES : Arch. IHS-CGT Cheminots. — La tribune des cheminots, n°749, 1998. — Renseignements fournis par l’intéressé, juin 2022.

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