TORTOSA Gérard, Joseph, René

Par Nicolas Simonpoli

Né le 24 août 1954 à Oran (Algérie) ; cheminot, agent roulant puis administratif ; syndicaliste CGT, délégué du personnel (1983-1988), collecteur des cotisations syndicales ; membre co-fondateur de l’Amicale des Cheminots de Vitrolles.

Gérard Tortosa durant la grève de 1986-1987
Gérard Tortosa durant la grève de 1986-1987
[DR archives personnelles de Gérard Tortosa]

Gérard Tortosa était le fils de Joseph Tortosa, cadre chez EDF, militant CGT, et de Renée Martinez, mère au foyer. La famille vécut d’abord au Maghreb, en Algérie, où elle disposait d’attaches, puis au Maroc, à Oujda, en raison de l’activité professionnelle du père et de la scolarité des enfants. Elle était composée de quatre enfants, deux filles, deux garçons. Par la suite, dans le cadre d’une nouvelle affectation du père, elle s’installa dans le Nord de la France où Gérard effectua ses études secondaires jusqu’au baccalauréat G3 (techniques commerciales) au lycée technique de Denain (Nord). Lors de ses années lycéennes, il participa activement aux grandes mobilisations lycéennes de 1973 pour l’abrogation de la loi Debré sur la suppression des sursis militaires. En parallèle, il travailla également comme moniteur de colonies de vacances à compter de 1972.

En 1974, année des obligations militaires, il fut affecté au 8° Régiment d’Hussards à Altkirch (Haut-Rhin) en qualité de tireur sur engin blindé de reconnaissance.
En décembre 1975, après son retour du service national, Gérard Tortosa fut engagé à la SNCF comme agent de trains voyageurs (roulant) à la circonscription des trains de Paris Nord. En 1980, suite à la réussite d’un examen administratif, il changea de filière pour intégrer la cellule « Transport commercial » de la circonscription des trains de Paris Nord au sein duquel il travailla jusqu’en décembre 1982. En janvier 1983, il fut muté à Marseille (Bouches-du-Rhône) où il intégra le bureau des décomptes de la circonscription des trains de Marseille. Dans cet établissement, de 1986 à 1997, il fut chargé de différentes missions de gestion du personnel (accidents du travail, assermentation, maladie, gestion du personnel par portefeuille, etc.) puis, de 1997 à 1999, suite à une nomination au grade de chef de secteur administratif (collège maîtrise), il devint adjoint au chef du service bureau d’administration comptable. Entre juillet 1999 et mars 2005, administrativement au sein de l’EVEN de Marseille Côte Varoise mais fonctionnellement rattaché à la maîtrise d’ouvrage direction régionale de Marseille, il fut chargé du suivi comptable du projet d’investissement du pôle Transport Marseille Saint-Charles. Au cours de cette période, il accéda au grade de chef de secteur administratif principal. D’avril 2005 jusqu’à son départ en retraite en janvier 2011, il occupa la fonction d’assistant de gestion et d’organisation pour le centre de pilotage de formation de l’infrastructure méditerranée (CPFI). En 2007, dans le cadre de cette activité, le centre de décision régional a retenu et primé une innovation proposée par Gérard concernant l’amélioration des outils de gestion.

Au cours de sa carrière cheminote, Gérard Tortosa reprit des études universitaires. Après une formation supérieure en comptabilité en 2000 par le biais du CNED, il fut diplômé d’une Licence (2000-2001) puis d’une Maîtrise (2001-2002) d’Administration Economique et Sociale à l’Université d’Aix-Marseille II (Bouches-du-Rhône). À cette occasion, il consacra son mémoire de fin d’études à « l’impact des 35 heures sur l’organisation du travail et sur le personnel ».

En 1976, un an après son embauche sur le réseau de Paris Nord, Gérard Tortosa adhéra à la fédération CGT des cheminots. De 1983 à 1987, il fut élu délégué du personnel à la circonscription des trains de Marseille (Bouches-du-Rhône). Il participa également aux œuvres sociales organisées par la CGT tel l’arbre de Noël pour les enfants des salariés. Par-delà ses mandats syndicaux, Gérard s’investit dans les grandes mobilisations qui marquèrent l’histoire cheminote des décennies 1980-1990. Lors de la grève de l’hiver 1986, il se mobilisa aux côtés de ses collègues administratifs, agents de train et de contrôle. La grève dura plus de trois semaines et fut particulièrement difficile financièrement pour les cheminots en lutte. Aussi, à la suite du conflit social, Gérard interpella avec d’autres cheminots le maire de Vitrolles (Bouches-du-Rhône) pour la mise en place d’un soutien du Centre d’action sociale de la municipalité pour les cheminots grévistes domiciliés sur la commune. Compte tenu de l’ampleur et des conséquences de ce mouvement, le conseil municipal octroya, pour les cheminots ayant effectué au moins six jours de grèves, une aide exceptionnelle de 500 francs aux familles des grévistes, la gratuité de la cantine scolaire, des crèches et des transports scolaires pour les enfants des agents mobilisés pour un délai de six mois. Autre effet inattendu de la grève, l’Amicale des cheminots de Vitrolles fut créée le 24 Mars 1987 dans le but de faire perdurer l’esprit de solidarité né pendant le conflit social. Présidée à ses débuts par Alain Filliard, cheminot à Marseille Saint-Charles, Gérard devint le premier secrétaire adjoint de cette association.

Gérard participa également au grand mouvement social de 1995. Cette grève fut à ses yeux un rare moment de fraternité entre tous les services et établissements cheminots marseillais. Il conserva longtemps le souvenir des tournées matinales, effectuées avec son ami Émile Benamo, qui le conduisirent à la rencontre des cheminots sur les différents piquets de grève qui entouraient la gare Saint-Charles. Le partage d’une tasse de café, les regroupements massifs lors des AG, les manifestations dans les rues de Marseille illustrèrent l’ampleur de la mobilisation sociale. Après vingt-six ans d’engagement, Gérard s’éloigna de l’action syndicale conséquence de l’érosion des rapports sociaux et de solidarité constatée au cours de sa vie professionnelle. Il n’en demeura pas moins attaché aux principes d’un syndicalisme solidaire, uni, rassembleur et riche des toutes ses diversités participant activement à la transformation de la société.

En novembre 1975, Gérard Tortosa épousa une contrôleuse des douanes et des droits indirects, syndiquée à la CFDT. Le couple eut trois enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252785, notice TORTOSA Gérard, Joseph, René par Nicolas Simonpoli, version mise en ligne le 15 mai 2023, dernière modification le 15 mai 2023.

Par Nicolas Simonpoli

Gérard Tortosa durant la grève de 1986-1987
Gérard Tortosa durant la grève de 1986-1987
[DR archives personnelles de Gérard Tortosa]

SOURCES : Archives personnelles de Gérard Tortosa. — Échanges avec l’intéressé, avril 2023.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable