MAZA Claude

Par Guy Herbreteau

Né le 24 avril 1942 à Toulouse (Haute-Garonne) ; cheminot, électricien puis chef d’équipe ouvrier ; syndicaliste CGT, délégué au Comité Mixte du dépôt de Toulouse, délégué du personnel et représentant du CHSCT, membre de la CE du syndicat CGT des cheminots de Toulouse ; membre du syndicat UFCM-CGT de Toulouse.

Claude Maza
Claude Maza

Claude Maza était l’aîné d’une famille de deux enfants. Ses parents étaient tous les deux d’origine espagnole. Son père, Daniel Maza, originaire de la province de Salamanque, arriva en France avec ses parents en 1928, il avait une vingtaine d’années. Il exerça le métier de manœuvre en bâtiment puis devint agent des Industries électriques et gazières (EDF/GDF). Il était syndiqué à la CGT. Sa mère, Asunción Vinuela, originaire de la province de Santander, arriva en France dans les années 1920, à l’âge de trois ans environ. Elle fut employée de maison à Toulouse (Haute-Garonne) puis, à la naissance de Claude, elle s’occupa du foyer familial. Claude Maza avait un frère cadet, Roger, qui exerça le métier d’éducateur spécialisé dans le département du Gers. Selon Claude, l’exil de ses grands-parents vers la France était dû aux répressions exercées à l’encontre des salariés par le pouvoir de l’époque, mais aussi en raison des difficultés sociales et économiques que connaissait l’Espagne. En venant en France, ils cherchèrent de meilleures conditions de vie et de travail.

Claude Maza fut scolarisé à l’école primaire des Amidonniers à Toulouse (Haute-Garonne). En 1956, il devint titulaire du Certificat d’études primaires. En octobre de l’année suivante, il intégra le centre d’apprentissage SNCF du Matériel de Toulouse. Il appartint à la promotion 1957. En août 1960, à l’issue de son apprentissage, il obtint son CAP d’électricien. Il bénéficia, en 1961, d’une année complémentaire de formation au service des caténaires qui dépendait alors de la filière SNCF du Matériel.

Le 1er septembre 1960, avant son année complémentaire de formation, il fut nommé au grade d’ouvrier professionnel. Il conserva celui-ci jusqu’au 31 décembre 1965. Le 1er janvier 1966 il devint électricien et fut affecté à la 52e section électrique, mais n’y resta que 15 jours puisqu’il fut presque immédiatement affecté à la 51e section électrique pour des raisons d’arrangements entre collègues de travail.

Du 1er novembre 1962 au 1er mai 1964 il fut appelé pour effectuer son service militaire au Centre d’instruction du Train d’Auch (Gers). Claude fut envoyé en Algérie du 17 février 1963 au 09 octobre 1963. Son service national prit fin en mars 1964.

À son retour à la vie civile, en 1964, il intégra la société Force et Lumière, au titre de laquelle il intervint dans l’ensemble des établissements de la Région Midi-Pyrénées. Cette expérience lui permit de côtoyer de nombreux cheminots. En 1967, il passa avec succès l’examen de chef électricien malgré qu’il ait participé à une grève entre les épreuves écrites et orales, alors que ses supérieurs hiérarchiques lui avaient fortement déconseillé de le faire. Mais le militant syndical qu’il était déjà ne s’en laissa pas compter. Il ne transigea pas avec ses convictions.

En tant que cheminot, Claude Maza participa à la mise en place de l’équipe Entretien sous-station au sein de laquelle il fut nommé chef électricien le 1er janvier 1969. Il resta 20 ans dans cette équipe. En janvier 1972, il fut nommé chef d’équipe électricien, puis le 1er janvier 1977, chef d’équipe ouvrier. En 1987, il fut affecté au groupe technique de la gare Matabiau à Toulouse (Haute-Garonne). En avril 1997, il fit valoir ses droits à la retraite

En mai 1964, âgé de 22 ans, Claude adhéra à la CGT. Le fait que son père soit syndiqué à la CGT et que les conceptions progressistes soient ancrées dans la famille, ne furent certainement pas neutre dans sa décision de s’engager. Chaque semaine l’Humanité dimanche alimentait la réflexion du cercle familial. Il y eut également l’influence des militants de la CGT qu’il côtoyait régulièrement. Dans son établissement, un grand nombre de cheminots étaient syndiqués à la CGT. L’organisation menait alors une activité syndicale intense. Certains militants influencèrent fortement Claude : Michel Bordenave, secrétaire du Secteur CGT Midi-Pyrénées ; mais aussi, Jean-Paul Cayrol, Jean Duchêne, collègue de travail qui devint secrétaire du Secteur CGT après Michel Bordenave, Maurice Burgalières, et Roger Carsy, avec qui il participa à la mise en place du syndicat UFCM-CGT sur Toulouse (Haute-Garonne) en 1973.

En 1968, il participa activement au mouvement de grève. Il assura l’occupation du poste 1500V de Toulouse (Haute-Garonne), organisé autour d’une occupation en 3X8 où il s’investit aux côtés de son camarade Pierre Bergésio. Son engagement syndical et ses capacités d’analyse, reconnues par ses camarades, l’amenèrent à accepter d’être présenté et élu comme délégué du personnel. Ce fut au comité régional du travail qu’il fit ses premières armes en 1969 avec l’aide bienveillante du camarade Combaluzier, qui lui transmit les éléments lui permettant de maîtriser la règlementation du travail (P4S). Par la suite, il fut également élu délégué de groupe et délégué catégoriel, délégué au comité mixte du dépôt de Toulouse (Haute-Garonne), puis délégué du personnel et représentant du CHSCT. Au sein de l’organisation syndicale, Claude fut élu à la commission exécutive du syndicat CGT des cheminots de Toulouse (Haute-Garonne). Après 1973, il siégea à la commission exécutive du syndicat UFCM-CGT dont il devint responsable de la politique financière. En 1969, il participa au stage de formation syndical de base.

Tout au long de sa carrière, Claude Maza participa à de nombreux mouvements sociaux. Il fut partie prenante de toutes les grèves pour défendre les acquis des cheminots, le Statut, le service public et au-delà les revendications sur les conditions de travail. Parmi les mouvements les plus marquants auxquels il prit une part active, il y eut celui de Mai-Juin 1968 où il fit ses premières armes de militant. Il y eut également 1971 avec les acquis de la prime de vacances, la grève de 1986-1987, en raison de la particularité de ce mouvement qui vit se mettre en place des coordinations concurrentes des organisations syndicales et, bien sûr, le mouvement social de l’hiver 1995 contre le plan Juppé porté par le gouvernement et le contrat de plan proposé par la direction de la SNCF.

Ce qui caractérisait plus spécifiquement Claude aux yeux de ses camarades, ce fut sa grande rigueur et ses capacités d’organisation, que ce soit sur le plan professionnel ou militant. Méthodique, il ne laissait rien au hasard et rendit compte de son activité avec exactitude. Claude avait aussi une grande sensibilité et sa gentillesse légendaire fut au cœur de ses relations avec les cheminots et ses camarades de la CGT en particulier.

Venu le temps de la retraite, il poursuivit son engagement au sein de la section CGT des cheminots retraités de Toulouse (Haute-Garonne). Il était par ailleurs adhérent de l’ONCF depuis 1964, et adhérent de l’IHS CGT des Cheminots.
Claude Maza était marié avec Jeanne Lena, toulousaine d’origine italienne, qui commença à travailler comme plisseuse dans une teinturerie de Toulouse (Haute-Garonne), de 1955 à 1968, puis après l’obtention de l’examen d’aide-soignante, exerça au CHU de Toulouse (Haute-Garonne). Le couple eut un fils.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252796, notice MAZA Claude par Guy Herbreteau, version mise en ligne le 15 mai 2023, dernière modification le 15 mai 2023.

Par Guy Herbreteau

Claude Maza
Claude Maza

SOURCE : Renseignements fournis par l’intéressé, août 2022.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable