BOUDET Patrice, Louis

Par Nicolas Simonpoli

Né le 15 décembre 1957 à Ercé-en-Lamée (Ille-et-Vilaine) ; cheminot, agent de conduite ; syndicaliste CGT, membre du secrétariat du syndicat CGT des cheminots de Rennes (1982-1988), trésorier puis secrétaire du secteur CGT de Bretagne (1985-1996 puis 2004-2007), secrétaire-adjoint du CCE (1996-2000), membre du bureau de la Fédération CGT des Cheminots (2000-2003), représentant CGT au Conseil économique, social et environnemental de Bretagne (2005-2016) ; militant communiste.

Patrice Boudet, 2022
Patrice Boudet, 2022

Patrice Boudet était le fils d’Eugène Boudet, agriculteur et ouvrier, et de Renée Delaunay, agricultrice. La fratrie comptait deux fils et une fille. La famille vivait à Ercé-en-Lamée dans l’Ille-et-Vilaine. Les parents y possédaient une petite exploitation agricole où ils élevaient du bétail et produisaient du lait et des céréales. La ferme n’était pas viable économiquement. Par conséquent, comme nombre de petits exploitants de l’époque, le père de Patrice travaillait également comme ouvrier dans l’usine Citroën de Rennes (Ille-et-Vilaine) afin de subvenir aux besoins de la famille. Opposé à la Confédération française du travail (CFT), syndicat de droite à la solde de l’employeur majoritaire dans l’usine, son père milita clandestinement en faveur de la CGT. Patrice fut marqué par l’engagement militant de son père.

Patrice Boudet effectua ses études secondaires à Bain-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine). En 1973, il obtint son BEPC. Dans la continuité, il intégra le centre d’apprentissage de la SNCF à Rennes (Ille-et-Vilaine) où il suivit une formation de mécanicien d’entretien qui s’acheva par l’obtention d’un CAP en 1975. Au terme de ses études, il quitta la filière du Matériel pour celle de la Traction. De la fin de l’année 1975 jusqu’en 1981, il occupa le poste d’aide conducteur d’abord au Mans (Sarthe) puis à Rennes (Ille-et-Vilaine). Ce poste fut entrecoupé par sa période de service militaire (1976-1977). En 1981, il devint élève conducteur, statut qu’il conserva jusqu’en 1988. Cette même année, il accéda au statut de conducteur de route puis, en 1995, à celui de conducteur de ligne principal. Attaché au dépôt de Rennes, il exerça son métier sur les lignes bretonnes mais effectua aussi quelques trains vers Le Mans (Sarthe) et Nantes (Loire-Atlantique). Mis en service libre à compter de 1996, il conserva ce statut jusqu’à son départ en retraite en 2007.

En décembre 1977, Patrice Boudet adhéra à la CGT. Quelques années plus tard, il prit ses premières responsabilités syndicales. D’abord à l’échelle de son établissement. De 1982 à 1988, il fut élu au secrétariat et à la section technique Agent de conduite du syndicat CGT des cheminots de Rennes (Ille-et-Vilaine). Puis, au niveau du secteur de Bretagne. De 1985 à 1992, il intégra le comité du secteur puis, de 1992 à 1996, il en devint l’un des secrétaires. En parallèle, de 1988 à 1992, il fut responsable régional des agents de conduite. Dès 1983, il fut élu aux différents Comités d’établissements. Il dirigea celui de la Bretagne de 1992 à 1996 et demeura en fonctions au sein du CER jusqu’en 2000.

Alors en responsabilités, Patrice Boudet vécut difficilement le conflit de l’hiver 1986-1987 au cours duquel la division entre les organisations syndicales et les coordinations participa à affaiblir la mobilisation. À l’inverse, en 1994, la grève des agents de conduite de Bretagne contre un projet de transfert de charge de travail vers une qualification inférieure fut pour lui un moment de réassurance sur la capacité des organisations syndicales à mobiliser les cheminots. Si ce mouvement ne déboucha que sur une victoire partielle, il permit de mobiliser la quasi-totalité des conducteurs de la région. À n’en pas douter, il prépara le mouvement social de l’hiver 1995, mouvement social qui profita de l’adhésion du plus grand nombre et qui fut un merveilleux moment de vie militante pour Patrice.

À compter du milieu des années 1990, Patrice Boudet connut ses premières responsabilités nationales. D’abord, de 1996 à 2000, il occupa le mandat de secrétaire-adjoint et de responsable de la commission Information-Communication du CCE. En parallèle, il travailla comme collaborateur à la Fédération CGT sur les questions économiques. Ensuite, en 2000, à compter du XXXVIIIe congrès de Saint-Malo, il fut élu membre du bureau de la Fédération CGT des Cheminots. Il prit en charge les questions économiques et, notamment, l’analyse des budgets proposés chaque année par la SNCF en fonction de ses orientations stratégiques. Il eut notamment à défendre les positions de la CGT sur la question de la régionalisation du transport ferroviaire qui se mît en place à compter de 2001. À plusieurs reprises, il rappela l’importance de préserver les standards d’un réel service public aussi bien en termes tarifaires que d’intermodalité ou de sécurité des voyageurs. De même, lorsque la SNCF annonça la libéralisation du FRET, il s’opposa au projet rappelant les effets – économiques, sociaux et environnementaux – néfastes des politiques de libéralisation des transports. Cette démarche fut la même dans le cadre du dossier « Cap service Public » qui s’opposa au projet dit « Cap client » défendu par la direction de la SNCF. Contrairement à celles de l’entreprise, les propositions de la fédération CGT se concentrèrent sur les besoins des usagers des transports, qu’ils soient voyageurs ou marchandises, en proposant une réforme des structures organisationnelles (les établissements, etc.) et du contenu des métiers de l’entreprise. Patrice Boudet défendit également ces orientations au sein du Conseil supérieur du service public ferroviaire où il représenta la CGT. Il y fut notamment rapporteur du projet « les services des transports à l’horizon 2020 » qui visait à anticiper les évolutions des transports publics sur une génération.

Patrice Boudet demeura membre du bureau fédéral jusqu’en 2003. L’année suivante, il renoua avec des responsabilités syndicales en terres bretonnes. De 2004 à 2007, il fut secrétaire du secteur CGT de Bretagne. Il s’investit également dans l’activité interprofessionnelle puisqu’il siégea au Conseil économique, social et environnemental de Bretagne de 2005 à 2016, conseil dont il assura la vice-présidence de 2007 à 2016. En qualité de vice-président du CESER et rapporteur général des plans et schémas régionaux, il accompagna l’élaboration de soixante-dix rapports en neuf ans. Parmi ceux-ci, l’étude élaborée en 2015 sur « l’emploi industriel durable en Bretagne », dont il fut l’initiateur et le co-rapporteur, le mobilisa grandement. Toujours au niveau interprofessionnel, il fut membre des Unions départementales de l’Ille-et-Vilaine (2007-2008), du Morbihan (depuis 2014), mais aussi du comité régional de Bretagne de 2007 à 2016.

Afin d’assurer au mieux ses responsabilités, Patrice Boudet suivit plusieurs stages de formation syndicale : élémentaire en 1981, moyen en 1984, actualisation des connaissances en 1986 et supérieur en 1998. Il fut lui-même directeur de différents stages de formation, notamment ceux consacrés au thème du service public, organisé par la Fédération CGT des Cheminots.

En parallèle de son engagement syndical, Patrice Boudet fut militant politique et associatif. En janvier 1979, il adhéra au Parti communiste français. En 2016, il s’engagea au Secours populaire français dans le département du Morbihan. En 2017, il intégra le comité départemental. L’année suivante, il prit en charge la fonction de trésorier puis, à partir de 2021, celle de secrétaire général du comité du Secours populaire dans la ville d’Hennebont (Morbihan).

En 1979, Patrice Boudet se maria avec Françoise Leray, comptable, syndiquée à la CGT. Le couple eut deux enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252798, notice BOUDET Patrice, Louis par Nicolas Simonpoli, version mise en ligne le 15 mai 2023, dernière modification le 19 septembre 2023.

Par Nicolas Simonpoli

Patrice Boudet, 2022
Patrice Boudet, 2022
Portrait de Patrice Boudet paru dans <em>La Tribune des cheminots [actifs]</em>, no. 809, Décembre 2003
Portrait de Patrice Boudet paru dans La Tribune des cheminots [actifs], no. 809, Décembre 2003
[Droits réservés. Coll. IHS-CGT cheminots]

SOURCES : Arch. IHS-CGT des cheminots (30 FD 4-9). — « La régionalisation », La tribune des cheminots, n°785, 2001. — « Le Fret ouvre la voie à la libéralisation du rail », La Croix, 10 mars 2003. — Notes de l’intéressé, juillet 2022.

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