GAY Lucienne, Simone

Par Nicolas Simonpoli

Née le 15 octobre 1950 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; cheminote, employée administrative puis cadre ; syndicaliste CGT, membre du syndicat CGT des cheminots de Marseille (1973-1980), secrétaire générale du syndicat UFCM-CGT de Marseille (1986-1995), secrétaire du secteur CGT de Marseille (1993-1995), membre de la direction de l’UL-CGT de Marseille Centre (1996-2005), membre du bureau de l’UD-CGT des Bouches-du-Rhône (2000-2005), membre de la CE de l’UGICT-CGT ; militante communiste.

Le père de Lucienne Gay, Antoine Gay, était cheminot à Marseille (Bouches-du-Rhône). Il travailla au service dit « des petits colis » à la gare Saint-Charles puis au Sernam, entité de la SNCF chargée du transport des marchandises et des bagages, situé dans le quartier de la Joliette. Sa mère, Thérèse Chiaralluce était bijoutière. La famille vivait dans la banlieue de Marseille et comptait deux filles. Le père de Lucienne Gay fut militant de la CGT et du Parti communiste français. Son engagement marqua profondément sa fille. Elle se souvint notamment de son activité lors des grèves de Mai 1968 où, mobilisé par l’occupation de son établissement, il ne rentra quasiment pas au domicile familial pendant toute la durée du mouvement social.

Lucienne Gay effectua l’ensemble de sa scolarité à Marseille (Bouches-du-Rhône). En 1970, elle obtint son baccalauréat de gestion au lycée Marie Curie. Au terme des ses études, elle fut embauchée comme secrétaire chez un transitaire. Elle y travailla jusqu’en septembre 1972, année où elle fut embauchée à la SNCF. Elle y fut engagée comme employée administrative à la Caisse de prévoyance et de retraite (CPR) de la SNCF qui s’installa dans ses nouveaux locaux marseillais. En 1981, au sein de la CPR, elle réussit l’examen d’accès à la fonction d’agent de maitrise. Dans la foulée, elle fut mutée au bureau des recours pour les accidents causés par des tiers. Ce service se chargeait de gérer les remboursements engagés par les compagnies d’assurance à la suite d’un accident. Elle demeura dans ce bureau jusqu’à la fin de sa carrière. En 2005, grâce à l’action de ses camarades du syndicat CGT qui constatèrent combien son évolution professionnelle avait pu être freinée par son engagement syndical, elle fut nommée au statut de cadre. En novembre 2005, elle prit sa retraite.

Lucienne Gay adhéra à la CGT en 1973. Immédiatement, elle s’engagea aussi bien dans son syndicat qu’auprès des instances de représentation du personnel. Entre 1973 et 1980, elle participa à l’activité du syndicat CGT des cheminots de Marseille (Bouches-du-Rhône) puis, en 1981, devenue agent de maitrise, elle intégra l’UFCM-CGT. À compter de 1986, elle fut secrétaire générale du syndicat UFCM-CGT de Marseille, elle demeura à cette responsabilité jusqu’en 1995. À ce titre, de 1993 à 1995, elle siégea au sein du secteur CGT de la région de Marseille, aux côtés notamment de Jean-Marc Coppola, Henri Bascunana, Jacques Kupélian ou Georges Malet. Par-delà son syndicat, Lucienne Gay fut aussi élue du CLAS de 1973 à 1984, du Comité d’établissement de Marseille de 1982 à 1985, mais aussi élue déléguée du personnel et secrétaire du CHSCT. Au cours de cette période, elle vécut le conflit cheminot de l’hiver 1986-1987 et le grand conflit social de 1995.

Par-delà son engagement dans sa corporation, Lucienne s’investit également dans l’action interprofessionnelle. De 1996 à 2005, elle fut membre de la direction de l’UL-CGT de Marseille Centre (1996-2005). De 2000 à 2005, elle fut également élue du bureau de l’UD-CGT des Bouches-du-Rhône. Membre de la direction de l’UGICT-CGT sur le département des Bouches-du-Rhône de 1995 à 2000, elle siégea à la Commission exécutive nationale de cette organisation dédiée aux revendications des ingénieurs, cadres et techniciens.

Afin d’assurer au mieux l’ensemble de ses mandats, elle suivit plusieurs formations syndicales : de premier niveau en 1975, de second niveau en 1982, un stage en communication en 1991, une formation de formateur en 1999, le module confédéral sur les questions économiques entre 1995 et 2000. Au cours de l’année universitaire 1985-1986, elle participa également à une session de formation à l’Université de Provence, consacrée aux qualifications, aux savoir-faire professionnels et aux mutations technologiques.

En parallèle de son engagement syndical, Lucienne Gay fut aussi une militante politique. À compter de 1971, elle s’engagea au Parti communiste français.
Elle fut également une militante féministe, à l’intérieur de la CGT mais aussi en dehors. Dans l’organisation syndicale, elle participa à diverses instances – fédérales, départementales ou confédérales – dédiées à l’élaboration des revendications en matière d’égalité entre les hommes et les femmes. Cet enjeu avait une réelle importance dans son univers professionnel puisque son établissement était composé à moitié par des femmes. La journée internationale des droits des femmes (le 8 mars) y revêtait un caractère revendicatif. Les employées s’en saisissaient pour revendiquer un déroulement de carrière plus égalitaire mais aussi l’accès à un certain nombre de droits refusés aux cheminotes, telle la réversion de pension pour le conjoint survivant. Au sein de l’UD-CGT des Bouches-du-Rhône, elle participa à la commission « mixité » mise en place par l’organisation. À partir de 2000, date de la 1ère Marche Mondiale des Femmes, elle s’engagea pleinement dans ce combat. Les Marches mondiales se succèdent tous les cinq ans et, aux côtés de ses camarades, elle veilla à y participer afin de permettre aux femmes du monde entier de se retrouver dans un même combat contre le patriarcat et le capitalisme. En 2000, elle manifesta à Bruxelles (Belgique) puis à New-York (États-Unis), en 2005 à Marseille (Bouches-du-Rhône) et en 2015 à Lisbonne (Portugal).

Remarié en 2007 avec Joseph Grammatico, cheminot et militant CGT, Lucienne Gay était la mère d’une fille née d’un premier mariage.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252810, notice GAY Lucienne, Simone par Nicolas Simonpoli, version mise en ligne le 15 mai 2023, dernière modification le 2 octobre 2023.

Par Nicolas Simonpoli

SOURCES  : Arch. IHS-CGT des cheminots. — Renseignements fournis par l’intéressée, octobre 2022.

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