MALVAUD Dominique

Par Nicolas Simonpoli

Né le 26 juillet 1955 à Fontenay-le-Comte (Vendée) ; cheminot, aiguilleur ; syndicaliste CGT, CFDT puis SUD-Rail ; secrétaire du syndicat CGT des cheminots de La Garenne-Colombes, secrétaire du syndicat CFDT des cheminots de Paris Saint-Lazare (1994-1996), secrétaire du syndicat SUD-Rail de Paris Saint-Lazare (1996-2000), membre du bureau fédéral de Sud-Rail (2000-2003), membre du conseil national de Solidaire (2000-2003) ; militant de la LCR puis du NPA.

Dominique Malvaud était le fils de Francis Malvaud, ouvrier tourneur, et de Georgette Jacquenet, femme de ménage et ouvrière chez Wonder, entreprise de fabrication de piles électriques. La famille comptait quatre enfants : deux fils et deux filles, dont l’une décéda prématurément. Dominique Malvaud suivit des études secondaires à Vernon (Eure). En 1974, il obtint un baccalauréat scientifique, spécialité « mathématiques et sciences naturelles » au lycée Georges Dumézil. Ce fut durant sa dernière année de lycée qu’il commença à s’engager politiquement. À compter de juillet 1974, il milita à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).

En juillet 1974, au terme de sa scolarité, Dominique Malvaud fut embauché à la Poste. Au printemps, l’entreprise connut un grand mouvement de grève auquel il participa. D’octobre à décembre 1974, les centres de tri du courrier furent quasiment à l’arrêt pour revendiquer la titularisation des agents auxiliaires, l’automatisation de certaines tâches et l’augmentation des salaires. En décembre 1974, au sortir de la grève, il fut embauché à la SNCF comme agent contractuel à l’Exploitation sur la région de Paris Saint-Lazare. De 1974 à 1977, affecté en gare de La-Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), il travailla au guichet, effectua le ramassage des billets ou encore le nettoyage des quais de la gare. En 1977, pendant dix mois, il partit pour le service militaire où il participa à la constitution d’un comité de soldats. À son retour du service national, il accéda au cadre permanent de la SNCF et suivit la formation de Chef de gare qui comprenait un volet « sécurité ferroviaire » (aiguillage, gestion de la circulation, etc.) et un volet « commercial » (billetterie, accueil en gare, etc.). Au terme de la formation, Dominique Malvaud refusa de passer l’examen de Chef de gare. Il fut donc affecté sur un poste d’aiguillage dans une gare de triage, d’abord à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), ensuite à Marly-le-Roi (Yvelines). Par la suite, il fut également aiguilleur à Sartrouville (Hauts-de-Seine). De 1995 à 2003 puis de 2006 à 2008, il fut placé en service libre au titre de ses fonctions syndicales. En septembre 2010, il fit valoir ses droits à la retraite.

En janvier 1975, quelques mois après son embauche à la SNCF, Dominique Malvaud adhéra à la CGT. En 1986, il fut secrétaire du syndicat des cheminots CGT de La-Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine). À l’hiver de la même année, un important conflit social eut lieu à la SNCF. Portée par des coordinations de cheminots, organisées en dehors des structures syndicales, la grève s’opposait au plan d’entreprise et à l’imposition d’une grille salariale dite « au mérite ». Le conflit fut victorieux, néanmoins, la CGT fut traversée de nombreuses interrogations quant au rôle joué par les coordinations qui prônèrent un fonctionnement en Assemblées générales, indépendant de celui des organisations syndicales. Certains militants cégétistes regrettèrent la frilosité de leur fédération à s’engager dans le mouvement puisque celle-ci ne s’y impliqua que trois jours après le début de la grève. Dominique Malvaud quitta l’organisation, en mars 1987, pour rejoindre le syndicat CFDT de Paris Saint-Lazare.

En 1994, il devint le secrétaire général du syndicat CFDT des cheminots de Paris Saint-Lazare. À cette fonction, il participa au grand mouvement social de l’hiver 1995 opposé aux réformes du plan Juppé. Son expérience de ce mouvement fut évoquée dans le mémoire de Lucien Chapuis, étudiant en histoire. Dominique Malvaud y décrivit comment, en opposition avec la position de la confédération CFDT, favorable au plan Juppé, le syndicat CFDT de Paris Saint-Lazare et une grande partie de l’Union fédérale CFDT des cheminots, décidèrent de prendre une part active à la grève sous le slogan « CFDT en lutte ». L’investissement fut très intense : rédaction nocturne de tracts, envoie par fax aux grévistes des autres établissements, organisation des AG, etc. Par ailleurs, cette grève de plus de trois semaines fut l’occasion de nombreuses rencontres entre cheminots d’une part, et avec l’ensemble de la population d’autre part. Cela fut illustré par la solidarité des automobilistes favorables au mouvement qui prenaient les grévistes en auto-stop lors des jours de manifestation.

Au terme du mouvement social de 1995, l’attitude à adopter vis-à-vis de la confédération fit l’objet d’un vaste débat au sein du syndicat CFDT de Paris Saint-Lazare. Dominique Malvaud encouragea une rupture avec la CFDT et la création d’un syndicat SUD-Rail. Ce fut chose faite en février 1996. Dominique Malvaud fut élu secrétaire général du syndicat SUD-Rail de Paris Saint-Lazare de 1996 à 2000. En tant qu’élu de la CFDT puis de SUD, il siégea au CHSCT (1990-2000), au Comité d’établissement régional (1992-2010) et au Comité central d’entreprise (2003-2006). Il fut également formateur syndical sur les questions d’hygiène, sécurité et conditions de travail de 1991 à 2000.

De 2000 à 2003, il devint membre du bureau fédéral de Sud-Rail et du conseil national de Solidaire. En 2003, après la fin de son détachement syndical, il réintégra l’entreprise. Il y demeura jusqu’en 2006, année où il devint secrétaire permanent du syndicat SUD-Rail de Paris Saint-Lazare jusqu’en 2008. En 2008, il mit de nouveau fin à son détachement syndical. Au cours de ses années de mandat syndical, il s’impliqua notamment aux côtés des agents contractuels marocains (« chibanis ») à qui la SNCF refusa longtemps le statut de cheminot à part entière, aux côtés d’anciens emplois jeunes qui se mobilisèrent contre les inégalités salariales dont ils étaient victimes ou encore en faveur de la régulation des agents de sécurité ou des maitres-chiens employés par des sous-traitants de la SNCF.

En parallèle de son engagement syndical, Dominique Malvaud fut aussi engagé dans la vie politique et associative. Militant de la LCR depuis 1974, il rejoignit ensuite le Nouveau parti anticapitaliste. Il fut également militant de l’association environnementale Sortir du nucléaire.

Dominique Malvaud vivait en concubinage avec Odile Cointet, sociologue à la SNCF, militante qui créa un centre de formation en langue française pour les éxilé.e.s. Il était le père d’un fils, cheminot et militant de Sud-Rail.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252817, notice MALVAUD Dominique par Nicolas Simonpoli, version mise en ligne le 15 mai 2023, dernière modification le 15 mai 2023.

Par Nicolas Simonpoli

SOURCES : Archives FGTE-CFDT. — Lucien Chapuis, La gare de Paris Saint-Lazare pendant la grève de 1995. Structures et acteur-rices d’un conflit marquant le renouveau de l’action sociale, Mémoire de M2 en Histoire, Université Paris Nanterre, 2021. — La Tribune, 31 janvier 1996. — Dépêche AFP du 5 janvier 2004. — Libération, 10 novembre 2008. — Les Echos, 26 mars 2009. — Le Monde, 19 mars 2015. — L’Express, 2 décembre 2015. — Renseignements fournis par l’intéressé, 2022.

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