EDARD Eric

Par Nicolas Simonpoli

Né le 1er décembre 1964 à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), mort le 11 février 2015 à Paris (XVIe arr.) ; cheminot, agent du Matériel ; syndicaliste CGT, secrétaire du collectif national Matériel de la Fédération CGT des Cheminots, membre de la commission exécutive (1997-2007) et du bureau (2000-2007) de la Fédération CGT des Cheminots ; militant communiste.

Portrait d’Eric Edard paru dans le journal du 39ème congrès fédéral, n°6, 2003
Portrait d’Eric Edard paru dans le journal du 39ème congrès fédéral, n°6, 2003
[Droits réservés. Coll. IHS-CGT cheminots]

Eric Edard était le fils de Marc Syney, commercial, et de Monique Edard, serveuse. La famille vivait dans le XIe arrondissement de Paris et comptait deux enfants. Eric poursuivit sa scolarité jusqu’à l’obtention du baccalauréat. Dès ses années lycéennes, il milita aux Jeunesses communistes.

En 1983, Eric Edard fut embauché à la SNCF et affecté à la circonscription Exploitation de Paris Nord. Il y travailla une dizaine d’années avant de rejoindre la filière du Matériel et, plus précisément, l’établissement du Bourget-Drancy (Seine-Saint-Denis). En 2000, il fut placé en service libre pour assurer ses responsabilités syndicales. Il conserva le statut de permanent jusqu’en 2007, année où il réintégra un poste dans l’entreprise.

En 1983, dès son embauche à la SNCF, Eric Edard adhéra à la CGT. Il milita au syndicat de Drancy (Seine-Saint-Denis). Ce fut au secteur CGT de Paris-Nord qu’il participa au grand mouvement social de l’hiver 1995. Par la suite, il s’investit particulièrement dans les revendications de la filière du Matériel. À compter de 1997, il fut secrétaire du collectif national Matériel de la Fédération CGT des Cheminots. À ce titre, il défendit la préservation des établissements SNCF face aux politiques d’externalisation envisagées par la direction de l’entreprise. À la fin des années 1990, il existait encore 65 établissements du Matériel répartis sur l’ensemble du territoire. Il s’investit également sur la mise en œuvre de la loi sur les 35 heures de travail hebdomadaire. Il revendiqua une application équitable de la réforme afin que les différents établissements prennent en compte l’organisation du travail des agents du Matériel. Ce fut également l’enjeu de la modernisation du matériel roulant qui fut au centre de nombreuses revendications afin d’améliorer les conditions de travail des cheminots et la qualité du service public.

Progressivement, il participa plus amplement à la vie de la Fédération. En 1997, il fut élu à la commission exécutive fédérale. En 2000, il intégra le bureau fédéral. Conservant sa responsabilité au CTN Matériel, il fut aussi chargé du secteur fédéral Emploi-Formation et Conditions de travail. Cette responsabilité le conduisit à intervenir notamment sur le thème de la formation professionnelle. Ainsi, il participa aux négociations sur l’accord formation signé avec la SNCF pour la période 2002-2006. Celui-ci prévoyait notamment la création d’un institut des métiers cheminots associant les organisations syndicales et des formations plus spécifiques pour les jeunes embauchés ou encore les agents des premières qualifications. Par ailleurs, à partir de 2002, il promut le recours à la Validation des acquis de l’expérience qui permit à des agents non diplômés de faire reconnaitre les compétences acquises au cours de leur carrière professionnelle et d’obtenir un diplôme ou un certificat de qualification. Eric Edard fut lui-même sensible à ces questions de formation continue puisqu’il suivit, pendant quelques années, des enseignements au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) afin de mettre à jour ses connaissances.

Au nom de la Fédération, il eut également à défendre l’accord sur les droits des salariés contractuels et notamment des contractuels de nationalité étrangère. En 2004, il participa ainsi aux négociations pour que ces salariés puissent bénéficier de nouvelles avancées en termes de facilités de circulation, de salaire et de retraite, avancées qui dépassèrent celles obtenues en 1999. Cette amélioration des droits des contractuels fut également l’un des enjeux de la lutte des emplois-jeunes qui permit d’intégrer au Statut des cheminots près de 2000 contractuels embauchés par le biais de ce dispositif.

Eric Edard demeura membre du bureau de la Fédération CGT des Cheminots jusqu’en 2007.

Parallèlement à son engagement syndical, il s’investit intensément dans l’activité de l’Orphelinat national des chemins de fer, institution à laquelle il était très attaché. Il fut également militant communiste sur la commune de Mitry-Mory (Seine-et-Marne) où il résidait.

À compter de 2011, il connut de graves problèmes de santé.

En 1995, il se maria avec Valérie Lourdez, assistante à la FILPAC CGT, fille de Maurice Lourdez. Le couple eut deux enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252825, notice EDARD Eric par Nicolas Simonpoli, version mise en ligne le 2 octobre 2023, dernière modification le 7 juin 2023.

Par Nicolas Simonpoli

Portrait d'Eric Edard paru dans le journal du 39ème congrès fédéral, n°6, 2003
Portrait d’Eric Edard paru dans le journal du 39ème congrès fédéral, n°6, 2003
[Droits réservés. Coll. IHS-CGT cheminots]

SOURCES : Arch. IHS-CGT des Cheminots (27 FD 1, 30 FD). — La tribune des cheminots, numéros 727, 763, 766, 769, 771, 793, 803, 814, 818, 820. 1995-2004. — Renseignements fournis par Valérie Lourdez, mars 2023.

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