IBAÑEZ Pierre, Robert

Par Guy Herbreteau

Né le 17 décembre 1950 à Toulouse (Haute-Garonne) ; cheminot, ouvrier puis cadre du Matériel ; syndicaliste CGT, élu du CER de Midi-Pyrénées ; militant communiste, membre du bureau de la Fédération PCF de Haute-Garonne, permanent du PCF (1979-1981).

Pierre Ibañez, que l’on surnommait Paco, appartenait à une fratrie de quatre enfants, recomposée par la Deuxième guerre mondiale. Il avait deux sœurs aînées et une demi-sœur cadette.

Son père, Guillem, Pedro Ibañez, d’origine espagnole, était bottier dans une usine de chaussures à Elche dans la province de Murcia (Espagne). Sympathisant de la Confédération Nationale du Travail (CNT) espagnole, Il s’engagea dans l’armée républicaine à Valence (Espagne), participa à la bataille de l’Ebre, à la retraite républicaine et passa la frontière en catalogne pour se réfugier en France en 1939. Comme nombre de ses camarades, il fut interné au camp d’Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales). Au début de la seconde guerre mondiale, il fut libéré pour être embauché dans l’usine de chaussures Myris, sises dans le quartier de la Patte-d’oie à Toulouse (Haute-Garonne). Ce fut-là qu’il rencontra Madeleine Pithou, bottière française, qui devint son épouse et la mère de Pierre. En 1941, Pedro s’engagea dans la Résistance ; d’abord au Front national puis aux Francs-Tireurs et Partisans à compter de 1943. Après-guerre, avec son épouse, ils constituèrent leur propre entreprise de chaussures pour femmes, dénommée Katia. Le père de Pedro Ibañez fut ensuite membre du Parti communiste espagnol de 1941 à 1953. Pierre porta une grande admiration à ses parents, notamment pour les engagements de son père, ce qui, assurément, ne fut pas sans influence sur son propre parcours militant.

Pierre Ibañez fut scolarisé à l’école primaire de La Patte d’Oie à Toulouse (Haute-Garonne) où il obtint son Certificat d’études primaires, puis il poursuivit sa scolarité au collège d’enseignement général de la Patte d’Oie jusqu’en 1966. Cette même année, il entra au centre d’apprentissage SNCF de Toulouse où il obtint, en 1969, un CAP de mécanique générale.

En septembre 1969, Pierre fut embauché à la SNCF comme surveillant des installations électriques au grade d’ouvrier professionnel qualifié, à la sous-station électrique de Latour-de-Carol (Pyrénées-Orientales). Il occupa cet emploi jusqu’en juin 1971, moment de son départ pour le service national qu’il effectua, pendant un an, au 22e RIMA d’Albi (Tarn). À son retour, il intégra l’équipe levage du dépôt de Toulouse (Haute-Garonne) où il accéda, en 1974, au grade d’ouvrier qualifié. Reçu à l’examen de technicien d’entretien, il fut nommé à ce poste en 1978, puis chef d’équipe ouvrier en 1979.

En novembre de cette même année, Pierre Ibañez fut appelé à assumer des responsabilités politiques au sein du Parti communiste français. Il demeura permanent du PCF jusqu’en juin 1981. À cette date, il réintégra l’entreprise comme agent de maîtrise du Matériel. En 1983 il fut nommé, à l’équipe appareillage électrique diesel du dépôt de Toulouse, jusqu’en 1989. À cette époque, il accéda au grade d’agent technique de maîtrise matériel hors-classe, à l’équipe dépannage thermique ou il œuvra jusqu’en 1993. De 1993 à décembre 1996, Pierre fut nommé au bureau organisation du travail (BOT), installations-outillages plus aide répartiteur, puis à partir de décembre 1996 au BOT programmation plus répartiteur. En décembre 1996, il passa six mois au GREN de Toulouse, avant de prendre un poste au Central-sous-station en tant que régulateur. Le 1er avril 2001, il accéda au grade d’agent technique de maîtrise matériel principal hors-classe, et le 1er avril 2005 il fut nommé cadre maintenance matériel. Grade qu’il conserva jusqu’au 16 décembre 2005, date de son départ à la retraite.

Au début de l’année 1973, Pierre adhéra à la CGT. Il intégra la section technique Matériel du syndicat CGT des cheminots de Toulouse. Son engagement tant sur le plan politique que syndical permit à Pierre de produire une analyse des évènements et de la situation sociale et politique avec une grande lucidité. Il milita aux côtés, entre autres, d’Yves Verzeni, Jean-Paul Vidal, Georges Muratet, André Dones, Jean-Roger Baqué. Très attentif aux conditions d’exercices du travail et aux risques inhérents aux différents métiers, Pierre fut élu au comité mixte d’établissement de l’établissement Matériel de Toulouse. Puis, en 1997, au Comité d’établissement régional au sein duquel il milita à la commission Santé. Il fut également membre du comité hygiène sécurité et conditions de travail (CHSCT) du dépôt de Toulouse, et du CHSCT de la section Équipement de Toulouse-Centre.

En 1974, Pierre adhéra au Parti communiste français. Il suivit des formations en écoles fédérale puis centrale. Il assura très rapidement des responsabilités, comme trésorier de cellule, puis secrétaire de cellule. Il fut élu au comité et au bureau de la section des cheminots de Toulouse, dont il fut un temps le secrétaire. De 1979 à 1981, il fut membre du comité PCF de la ville de Toulouse, élu au bureau fédéral du PCF de Haute-Garonne. Cette période, au cours de laquelle il devint permanent du parti, fut riche en évènements. Pierre participa notamment à la campagne pour le Programme commun de gouvernement dans laquelle tous les communistes se sont fortement impliqués. Il vécut cette période intensément, et en homme de terrain qu’il était, son activité militante fut riche de rencontres humaines et d’échanges enrichissants. Toutefois, il mesura également qu’il n’était pas fait pour demeurer permanent politique et quand la question se posa de prolonger l’expérience, il demanda sa réintégration dans l’entreprise. De son propre aveu, cet engagement de permanent lui apprit beaucoup sur lui-même.

Pierre fut également militant associatif. Il participa à l’activité des Restos du cœur. Il fut aussi engagé dans l’Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance (ANACR) pour faire œuvre de mémoire et perpétuer le souvenir des engagements de son père, tant avec les Républicains espagnols, que dans la Résistance au nazisme en France.

Pierre fut adhérent de la section des retraités du syndicat CGT des Cheminots de Toulouse.

Pierre était marié à Élisabeth Caussé, ouvrière, militante de la CGT et du PCF. Ils eurent un enfant qui devint cheminot.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252881, notice IBAÑEZ Pierre, Robert par Guy Herbreteau, version mise en ligne le 2 octobre 2023, dernière modification le 22 août 2023.

Par Guy Herbreteau

SOURCE : Renseignements fournis par l’intéressé, mai 2023.

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