ROY Thierry, Jacques, Albert

Par Madeleine Peytavin, Nicolas Simonpoli

Né le 20 octobre 1957 à Saumur (Maine-et-Loire) ; cheminot, agent du Matériel ; syndicaliste CGT, secrétaire du secteur CGT de Paris Est (1981-1982), membre de la commission exécutive (1983-2014) et du bureau (1988-2014) de la Fédération CGT des Cheminots, secrétaire du CCE de la SNCF (1998-2003), administrateur salarié de la SNCF (2003-2013), président de l’IHS-CGT des Cheminots (depuis 2021) ; militant communiste.

Thierry Roy dans son bureau à la Fédération, [1988]
Thierry Roy dans son bureau à la Fédération, [1988]
[DR. Coll. IHS-CGT cheminots]

Thierry Roy était le fils d’Albert Roy et de Monique Bourreau. Grand blessé de guerre, son père dut interrompre sa carrière de boulanger pour des raisons médicales. En 1958, il devint magasinier dans une centrale thermique d’EDF. Sa mère travailla comme couturière puis fut femme au foyer. La famille comptait quatre fils. Au gré des mutations professionnelles du père, elle vécut d’abord à Cholet (Maine-et-Loire) puis s’installa à Vaires-sur-Marne (Seine, Seine-et-Marne) en 1962. Ancien soldat de la 2e Division blindée du général Leclerc, le père de Thierry Roy se définissait politiquement comme gaulliste. La fratrie fut élevée dans la foi catholique, très présente dans le cercle familial.

Thierry Roy effectua sa scolarité primaire et secondaire à Vaires-sur-Marne. Titulaire du CEP, il suivit des études secondaires jusqu’en quatrième. En 1971, il s’orienta vers un CAP de tourneur qu’il prépara au lycée technique de Thorigny-sur-Marne (Seine-et-Marne). Il obtint son diplôme en 1975. Ses années lycéennes furent également celles des premiers contacts avec l’action revendicative. En 1975, sensibilisé par un professeur de français, les élèves de l’établissement se mobilisèrent contre la loi Haby instaurant le collège unique. Les mouvements de grève des lycéens lui apparurent plus tard comme très inorganisés mais c’était sa première expérience collective. Le milieu scolaire fut également l’espace où il découvrit le handball, sport qu’il pratiqua ensuite pendant de longues années dans le club de Vaires-sur-Marne.

Au terme de ses études, il reçut une formation d’animateur de l’association laïque les Francs et Franches camarades (appelée communément les Francas) fondée en 1944, proche de la CGT. Sollicitant un emploi à EDF ainsi qu’à la SNCF (un de ses frères fut cheminot et un autre gazier-électricien), il ne reçut une réponse positive que de l’entreprise ferroviaire. En 1975, il fut embauché à la SNCF en tant qu’enrailleur au triage de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Ce métier était particulièrement dangereux et les conditions de travail pénibles. En février 1976, il fut muté au Matériel aux ateliers de l’entretien de l’Ourcq (Paris). Il y suivit une formation générale puis, très vite, il fut affecté au poste Matériel de Paris Est. Ce fut-là qu’il adhéra à la CGT dans un établissement où l’organisation syndicale était particulièrement implantée. Il y travailla jusqu’en juin 1977, moment où il fut appelé pour le service militaire. Il effectua celui-ci à la base aérienne de Bretigny-sur-Orge (Essonne) où il fut affecté à l’armurerie. En 1978, au terme de ses obligations militaires, il revint au service de l’Entretien à Ourcq. Entre 1978 et 1980, élu du comité mixte d’établissement et trésorier du syndicat CGT de l’Ourcq, il s’engagea de plus en plus intensément dans les responsabilités syndicales.

À compter de 1981, le parcours syndical de Thierry Roy s’intensifia. Cette année-là, il devint secrétaire à l’Organisation du secteur CGT de Paris Est alors dirigé par Jacques Thomas. Dans le cadre de cette responsabilité, il effectua un stage de six mois auprès du secteur Organisation de la confédération dirigé par Michel Warcholak. Ce fut une expérience très enrichissante où il découvrit le dispositif de renforcement de la CGT à l’échelle nationale. L’année suivante, il fut élu à la commission exécutive de la Fédération CGT des Cheminots. Placé en service libre, il intégra la fédération au secteur fédéral Organisation en remplacement de Jean-Paul Lahouse. Il travailla alors avec Patrick Chamaret sous la responsabilité Robert Dardevet. Au secteur Organisation, il effectua de nombreuses tournées dans les différents syndicats cheminots afin de structurer l’action syndicale et le renforcement de la fédération. À cette période, il suivit plusieurs stages syndicaux, du stage élémentaire jusqu’au stage supérieur, ainsi que l’école centrale d’un mois du PCF, parti auquel il avait adhéré en 1979.

Au milieu des années 1980, la CGT fut traversée de nombreux débats sur la place à accorder à l’activité de l’Organisation. La Fédération des Cheminots ne fut pas exempte de tels questionnements et, à cette période, la direction fédérale restructura l’activité du secteur Organisation. Lors d’un conseil national de novembre 1988, Thierry Roy prit la tête dudit secteur. Ce faisant, il intégra le bureau fédéral. Il eut notamment à coordonner les campagnes pour les diverses élections professionnelles (DP, CE, etc.) à la fin des années 1980 et au début des années 1990.

En 1993, la direction de la fédération décida de regrouper en une même entité le secteur Organisation et la politique financière, sous la responsabilité de Claude Marache. Dès lors, Thierry Roy changea de responsabilités. Il fut chargé des questions de l’Activité revendicative ainsi que des collectifs Jeunes et la mixité hommes-femmes. En 1994, il prit en charge les secteurs Social et CE/ CCE. À ce titre, il siégea à la COFASS et s’investit sur les questions sociales. Il eut notamment à travailler sur le dossier des conventions collectives pour les personnels des Comités d’établissements et du Comité central d’entreprise de la SNCF. Cette expérience des questions sociales expliqua, qu’en 1998, Bernard Thibault le sollicita pour prendre la direction du Comité central d’entreprise de la SNCF.

Succédant à Jean-Michel Sgorlon, il fut élu à cette responsabilité. Ainsi, il participa à l’élaboration des séjours de vacances, aux offres de loisirs et à la politique culturelle du CCE. À cette époque, sur la proposition du Comité d’Entreprise Régional de Provence Alpes Côte d’Azur (CER PACA), le CCE entreprit notamment la création d’un centre de vacances à Calvi en Corse. De même, en 1999, l’instance initia la publication du livre Trains de vie. Les cheminots dans l’aventure du siècle écrit par Gérard Mordillat, en coédition avec La Martinière. Le CCE organisa également plusieurs colloques, réunissant cheminots et universitaires, au sujet des transformations de l’entreprise SNCF. Ces manifestations furent l’occasion d’aborder des thèmes tels que la régionalisation, le FRET ou encore les bibliothèques des CE.

La tâche de secrétaire impliqua également de veiller à la bonne gestion du CCE, organisation qui comptait près de 80 personnels permanents, plusieurs centaines de personnels contractuels lors des périodes de vacances et qui était responsable chaque année des séjours de vacances de plusieurs milliers de cheminots. En 2003, au terme de son mandat, Thierry Roy céda cette responsabilité à Sylvain Brière.

À compter de 2003, Thierry Roy fut élu administrateur salarié de la SNCF. Il représenta les cheminots de la SNCF aux côtés de Danielle Sinoquet, d’Henri Bascunana, Benoit Vincent et Grégory Roux. Il exerça la fonction d’administrateur durant deux mandats, jusqu’en 2013. Au cours de son second mandat, il fut président de la commission des marchés, instance qui avait pour fonction d’avaliser tous les marchés passés par l’entreprise. Au titre de ses fonctions au CA de la SNCF, Thierry Roy fut décoré de l’Ordre national du mérite.

En 2014, Thierry fit valoir ses droits à la retraite. Il n’en resta pas moins actif dans l’action syndicale cheminote. Il fut secrétaire général de l’Union fédérale des retraités de 2011 à 2014. Parallèlement, il s’investit également dans l’activité de l’Institut d’histoire sociale des Cheminots (IHS-CGT Cheminots) dont il devint membre du bureau à compter de 2012 puis président en 2021.

Venu le temps de la retraite, Thierry s’impliqua davantage dans l’action politique. Il intégra le conseil national des retraités du PCF, fut membre du comité de section du PCF de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). En 2001, il fut candidat sur une liste d’union de la gauche aux élections municipales à Bondy (Seine-Saint-Denis).

En 1983, Thierry Roy épousa Evelyne Rat, informaticienne à la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV). Le couple s’était rencontré lors d’un séjour sportif en Corse. Evelyne Rat fut militante associative, notamment au sein du Secours populaire français. Le couple eut deux fils.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252898, notice ROY Thierry, Jacques, Albert par Madeleine Peytavin, Nicolas Simonpoli, version mise en ligne le 2 octobre 2023, dernière modification le 28 septembre 2023.

Par Madeleine Peytavin, Nicolas Simonpoli

Thierry Roy dans son bureau à la Fédération, [1988]
Thierry Roy dans son bureau à la Fédération, [1988]
[DR. Coll. IHS-CGT cheminots]
Carte d'accès à la Bourse du travail de Thierry Roy
Carte d’accès à la Bourse du travail de Thierry Roy
[Droits réservés. Coll. IHS-CGT Cheminots]

SOURCES : Arch. IHS-CGT des Cheminots. — Entretiens avec l’intéressé, juin 2023.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable