LEFÈVRE Roger [Abel-Oscar dit]. [Belgique]

Par Rik Hemmerijckx

Fleurus (pr. Hainaut, arr. Charleroi), 15 août 1911 – Bruxelles (Région de Bruxelles-Capitale), 1er juin 1998. Employé de banque, militant communiste, dirigeant du Syndicat unique des services publics puis de la Centrale générale des services publics.

Roger, dont le prénom officiel est Abel-Oscar, Lefèvre grandit dans un milieu petit-bourgeois de la capitale bruxelloise. En 1930, il est embauché comme employé à la Caisse générale d’épargne et de retraite (CGER). Membre de la Centrale socialiste des services publics, il est actif au sein du comité syndical de la Caisse. Après la campagne militaire de mai 1940, il reprend son travail à la banque. Refusant d’adhérer à l’Union des travailleurs manuels et intellectuels (UTMI), le syndicat imposé par l’occupant allemand, il rejoint les rangs du Parti communiste de Belgique (PCB) à la fin de l’année 1940. Chargé du travail syndical, il organise un Comité de lutte syndicale (CLS) dans les bureaux de la CGER. Il est l’un des fondateurs du clandestin CLS de la CGER, L’Unité/De Unie. Au début de 1944, après une razzia sur les bureaux de la CGER, il entre dans la clandestinité. Sous le pseudonyme de Roger, il est désigné comme responsable fédéral des CLS de la région bruxelloise.

Après la Libération, Roger Lefèvre est membre du Comité national de la Confédération belge des syndicats uniques (CBSU), fondée en octobre 1944 et dirigé par Théo Dejace. Ensuite il est désigné comme secrétaire général du Syndicat unique des services publics.
Au sein de la Centrale générale des services publics (CGSP), créée durant l’été 1945, Lefèvre se voit confier le mandat de vice-président. Il fait partie du Bureau de la Fédération générale du travail de Belgique (FGTB, syndicat socialiste interprofessionnel) de mai jusqu’en décembre 1945. Sa position syndicale lui interdit de jouer un rôle trop en vue au sein du PCB. Néanmoins, à partir de 1946, il fait partie du Comité central du parti, et dès 1948, il est régulièrement présent à son Bureau politique. Il est également l’un des membres importants de la cellule communiste chargée du travail syndical, la Commission Mouvement ouvrier (CMO).

Après l’échec de la grève des postiers de février 1948, patronnée par le PCB, la tension monte au sein de la direction nationale de la CGSP. Avec Charles Crèvecœur, Roger Lefèvre se retrouve en position de minorité permanente. Par le jeu des majorités, il est écarté du secrétariat national lors du congrès de la CGSP en 1949. Il peut immédiatement reprendre son ancien poste au sein de la CGER. En mars 1950, il est désigné par la direction du PCB comme secrétaire non rémunéré de la Confédération des syndicats unitaires (CSU). Au sein du cercle des Amis de la Fédération syndicale mondiale (FSM), il est considéré comme la « conscience politique ». Malgré sa position, il est assez critique à l’égard de la politique syndicale du PCB. Une enquête interne est menée contre lui à la fin de 1950, mais il n’est pas exclu du parti. Il disparaît néanmoins de la scène nationale et s’investit surtout dans le travail communiste à la CGER. Il quitte le parti vers 1951-1952. Roger Lefèvre n’a pas rejoint la social-démocratie et est toujours resté membre des Amis de l’Union soviétique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252951, notice LEFÈVRE Roger [Abel-Oscar dit]. [Belgique] par Rik Hemmerijckx, version mise en ligne le 25 mars 2024, dernière modification le 22 mars 2024.

Par Rik Hemmerijckx

SOURCES : Interview de Roger Lefèvre par Rik Hemmerijckx, Evere, 15 décembre 1991 – CArCoB, dossier Roger Lefèvre – AMSAB, archives CGSP, Comité exécutif 1945-1949 – GOTOVITCH J., Du rouge au tricolore. Les Communistes belges de 1939 à 1944, Bruxelles, Labor, 1992, p. 541-542 – HEMMERIJCKX R., Het ABVV 1940-1944 : "Van verzet tot koude oorlog", thèse de doctorat en histoire, Bruxelles, VUB, 2000, p. 426-427.

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