ATGER Marcel

Avocat et propriétaire foncier, sous-commissaire du Gouvernement provisoire à Lodève (Hérault) en mars-avril 1848, « organisateur » des ouvriers de cette ville, journaliste socialiste, victime du coup d’État du 2 décembre 1851. Mort à Lambessa en 1855.

Selon la lettre du procureur Zangiacomi à un juge d’instruction en mars 1841, Atger était (ou avait été) inculpé de participation à la Jeune Italie. Atger était inscrit au barreau de Montpellier et possédait des terres en Algérie, lorsque, le 16 mars 1848, il fut nommé sous-commissaire du Gouvernement provisoire à Lodève. Dans une proclamation à ses administrés, il affirma son dévouement à la cause populaire et sa foi démocratique.
Lors d’une émeute d’ouvriers qui attaquaient les prisons de Lodève, il s’interposa et réussit à éviter toute collision entre la garde nationale et les émeutiers. Les fabricants de draps ne cachèrent pas leur mécontentement et portèrent plainte contre Atger qui résigna ses fonctions le 13 avril.
Sa lettre de démission, adressée aux commissaires du Gouvernement dans l’Hérault, était un vigoureux réquisitoire contre l’égoïsme et l’inintelligence des patrons en même temps qu’une condamnation de l’autorité supérieure qui « n’a pas vu, dans cette opposition de quelques privilégiés, les pièges que tendaient à la révolution les représentants du monopole et de la féodalité industrielle ». À la nouvelle de son départ, les ouvriers lui écrivirent en ces termes : « Votre cœur a senti les souffrances de notre classe si longtemps déshéritée ; ce lien du cœur qui nous unit sera désormais indissoluble ; partout et toujours les ouvriers de Lodève vous proclament leur bienfaiteur et leur ami. »
Il n’en fallait pas plus pour que le sous-préfet, le 22 septembre 1851, se plaignît du fait que les ouvriers de la ville aient été organisés par Atger. Cependant aux élections législatives du 20 mai 1849, celui-ci n’avait obtenu que 24 666 voix et n’avait pas été élu.
Directeur politique et rédacteur en chef de L’Indépendant, les sociétés ouvrières de Lodève proposèrent, le 29 juin 1849, de lui fournir des renseignements pour un travail qu’il préparait sur « l’organisation sociétaire » de la fabrique de draps de cette ville.
Le 5 novembre 1849, à la suite d’une polémique de presse, il se battit en duel avec Félix Dupin, rédacteur en chef du journal légitimiste L’Écho du Midi et le blessa, ce qui lui valut une condamnation à 25 F d’amende et aux dépens. Atger fut arrêté dans l’après-midi du 3 décembre 1851 à la réunion républicaine tenue dans la salle du Manège de Montpellier. Il fut transporté en Algérie le 25 février 1852, et il y mourut.
Atger connaissait sûrement les fouriéristes de l’Hérault et par eux les grandes idées de Charles Fourier*.
Voir Jean-Antoine Peyrottes*

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article25338, notice ATGER Marcel, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Arch. Nat., CC 774. — Arch. Dép. Hérault, série M, doss. 192 (affaires confidentielles). — Collections de L’Indépendant et de L’Écho de Lodève. — Émile Appolis, « La résistance au coup d’État du 2 décembre 1851 dans l’Hérault », dans Actes du 77e congrès des Sociétés savantes. Grenoble, 1952, p. 487-504. — Notes de J. Grandjonc.

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