ARVOIS Roger, Henri

Par Jean-Pierre Besse, Renaud Poulain-Argiolas

Né le 26 juillet 1921 à Crécy-en-Ponthieu (Somme), mort le 4 mai 2013 à Rognes (Bouches-du-Rhône) ; cheminot ; militant communiste ; résistant, arrêté puis déporté.

Âgé de dix-huit ans, employé au service Exploitation en gare de Fère-Champenoise (Marne) en juin 1940, Roger Arvois fut réquisitionné avec ses collègues et assista à la « débâcle », avant de prendre le chemin de l’exode sur ordre du chef de gare. Arrivé à Cahors (Lot), il fut mobilisé, puis renvoyé en zone occupée après l’armistice. Réquisitionné, comme d’autres jeunes, pour enterrer les morts à Fère-Champenoise, il aida la Résistance et procéda à un premier déraillement en septembre 1940 et reprit parallèlement ses activités au sein du Comité régional des Jeunesses communistes avec Armande Gandon, une jeune institutrice qui mourra en déportation.

Il fut en contact régulier avec Bernard Paumier, militant clandestin, futur collaborateur du Conseil national de la Résistance et député du Loir-et-Cher, qu’il pourvut d’informations sur les transports à destination de l’Allemagne. Courant décembre 1940 ou janvier 1941, les JC le « mutèrent » à l’Organisation spéciale (OS), l’une des organisations qui donneront naissance aux FTPF. Il fut arrêté par la Gestapo le 5 juillet 1941, « interrogé », puis remis aux autorités françaises, qui le transférèrent à la prison d’Épernay. Le tribunal correctionnel l’acquitta au bénéfice du doute le 13 août 1941. Avec son frère Moïse, il gagna le maquis de Montépeux, où ils furent surpris par la gendarmerie française le 5 septembre 1941. Sur ordre du préfet de la Marne, René Bousquet, il fut transféré au camp de Châteaubriant (Loire-Inférieure), où se trouvait déjà son frère Francia, qui avait fait l’objet d’un arrêté d’internement administratif. Il fut transféré, avec les autres prisonniers du camp, à Voves (Loir-et-Cher) le 15 décembre 1942, où il devait passer devant la Section spéciale de Vichy. Il fut déporté le 12 mai 1944 vers Buchenwald dans le convoi I. 211 au départ de Compiègne. Mais il réussit à s’évader pendant le transport à Lérouville (Meuse) au cours d’une action impulsée par Roger Chaigneau et Paul Esnault. Les trois hommes retrouvèrent la liberté, ainsi qu’Yves Calvez, René Desguez et Fernand Ponsignon. En revanche leurs codétenus Georges Bénitte et Georges Amable furent abattus par les Allemands.

À l’âge de la retraite, il rédigea ses souvenirs de cette époque sombre sous le titre Un homme dans la tourmente.

Selon le site « Mémoire des Hommes », Roger Arbois est répertorié comme membre des « déportés et internés de la résistance » (DIR) et des FFI. Dans les archives du Service historique de la Défense de Vincennes une cote contient des informations le concernant (GR 16 P 19237). La Base des médaillés de la résistance du site fait référence à un Roger Arbois né au même endroit et le même jour mais en 1924, médaillé de l’Ordre de la Libération (décret du 03 août 1946, publié au Journal officiel le 13 octobre 1946).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article254, notice ARVOIS Roger, Henri par Jean-Pierre Besse, Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 9 décembre 2020, dernière modification le 6 janvier 2021.

Par Jean-Pierre Besse, Renaud Poulain-Argiolas

SOURCES : Témoignage écrit du militant. — Le Serment n°236, bulletin bimestriel de l’Association Française Buchenwald, Dora et Commandos, mai-juin 1994 (pp. 4-5). — Livre-Mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. — Données du site Généanet. — Mémoire des Hommes, SHD Vincennes, GR 16 P 19237 (nc).

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