BARBIER André

Par J. Risacher et Marie-Cécile Bouju

Né le 19 octobre 1793 à Paris, mort le 15 septembre 1850 à Paris ; libraire et imprimeur de publications républicaines, sans doute proche de la Société des Amis du Peuple.

Fils d’un Jean-Baptiste Barbier qui aurait été libraire, André Barbier a été employé comme imprimeur chez les frères Alexandre et Charles Baudouin (fils de François-Jean Baudoin, imprimeur pendant la Révolution française) et chez Tastu.
Ce fut par l’intermédiaire des frères Baudoin qu’il rencontra Honoré de Balzac, avec lequel il s’associa en 1826 : ils rachètèrnt ensemble le fonds d’imprimerie de Jean-Joseph Laurens et fondèrent une société pour l’exploitation de l’imprimerie. Mais l’entreprise ne fit pas de bonnes affaires : elle fut dissoute et Balzac se démit en faveur de Barbier de son brevet d’imprimeur en 1828. André Barbier s’associa alors avec Étienne Godefroy. Ils demandèrent ensemble un brevet d’imprimeur lithographe qui leur fut refusé en 1828 et 1829 puis se séparèrent en juillet 1830.
André Barbier devient à la fin de 1830 imprimeur-éditeur du Mercure de France au XIXe siècle, qu’il a racheté à Pierre-François Ladvocat. Il imprima en 1831 "Le Rouge et le Noir" de Stenhal. Endetté, il vendit Le Mercure de France au XIXe siècle en 1831.
André Barbier imprima la deuxième livraison de Au Peuple, la publication de la Société des Amis du Peuple, du 5 juillet 1831. Inculpé au procès des Quinze en janvier 1832, il fut acquitté. Peu après, imprimant le journal satirique Brid’oison, il fut inculpé de complicité de délit d’offense envers la personne du roi à cause des premiers articles du n° du 4 juin 1832, intitulés « Le contrat de mariage » et « Les deux fureurs » et fut condamné à 500 francs d’amende et à 6 mois de prison qu’il passa à Sainte-Pélagie. Il était toujours imprimeur dans le quartier en 1840 et refit un séjour de trois mois à Sainte-Pélagie.
A sa sortie de prison, il était ruiné et il fut obligé de vendre son matériel de son imprimerie en juillet 1833. En septembre 1833, il échangea son brevet d’imprimeur à Paris avec le brevet d’imprimeur à Sèvres de Jacques-Louis Joly, qu’il abandonna finalement en 1836 au profit de Jean-Pierre Peltier.
Sans brevet, il s’installa en mars 1836 à Paris de façon semi-clandestine chez Pierre-Philibert Baudouin dont il utilisa les presses.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article25720, notice BARBIER André par J. Risacher et Marie-Cécile Bouju, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 27 mai 2021.

Par J. Risacher et Marie-Cécile Bouju

SOURCES : Notice autorité BnF. - Bib. Nat. Lb51/888. — Arch. Dép. Paris (Seine), Registres d’écrou DY8/7-673 (1832) ; DY4/50-7594 ; DY8/20-2091 (1840). — Société des Amis du Peuple, Procès des Quinze, Paris, Levavasseur et Rouanet, 1832. — L.-A. Blanqui, Œuvres I. Des origines à la Révolution de 1848, textes présentés par D. Le Nuz, Nancy, Presses Universitaires, 1993. - Nicole Felkay, Balzac et ses éditeurs (1822-1837), Promodis, 1987.

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