BELLEMARE Edmond ou BELMARD Édouard

Né vers 1833 à Rouen (Seine-Inférieure) ; ouvrier cordonnier ; il tenta d’assassiner Napoléon III.

. Edmond Bellemare avait été condamné le 12 février 1853 à deux ans de prison, pour offense envers le chef de l’État et pour avoir placardé des affiches incendiaires. Il travaillait alors à Paris 17, rue Grange-Batelière (IIe arr., maintenant IXe), et avait été écroué à Mazas dès le 30 novembre 1852. Il termina sa peine à Belle-Île-en-Mer (Morbihan) où il débarqua le 8 octobre 1854. Il connut Ranc* durant son premier séjour en prison et, rentré à Paris courant 1855, il le rencontra plus tard chez ses parents. Poète d’esprit quelque peu mystique, il conçut le projet d’assassiner l’Empereur. Ranc, mis au courant, tenta de l’en dissuader. Le 8 septembre 1855, Bellemare fit une longue halte au 23 de la rue Pastourelle (VIIe arr., maintenant IIIe), entre la rue du Temple et celle du Grand-Chantier, aujourd’hui rue Charlot, dans un cabaret qui avait été, autrefois, fréquenté par les membres du Club des Cordeliers et les juges du Tribunal révolutionnaire et où, dans les dernières années du règne de Louis-Philippe, se réunissaient les vieux conspirateurs des Saisons. Bellemare alla ensuite décharger son fusil sur l’escorte de Napoléon III qui se rendait au ThéÎtre Italien. Des balles s’égarèrent sur une voiture occupée par des dames d’honneur de l’impératrice.
Bellemare, qui exerçait alors le métier de clerc d’huissier, 24, rue des Marmousets (IXe arr. ancien), fut aussitôt arrêté. L’administration, par une note du Moniteur, le déclara plus maniaque qu’assassin. Il fut écroué d’abord à la Conciergerie, puis transféré à l’asile d’aliénés de Bicêtre. Le 19 septembre 1856, il quittait Lorient pour être déporté à Papeete. Les travaux sur Belle-Île et leurs sources donnent l’orthographe Belmard et le prénom Édouard.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article26157, notice BELLEMARE Edmond ou BELMARD Édouard , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Arch. P.Po., A a/434. — Arch. Dép. Morbihan, série Y, écrou 511. — I. Tchernoff, Le Parti républicain au coup d’État et sous le Second Empire, Paris, Pedone, 1901, rééd. 1906, p. 104, 233, 246. — J.-Y. Mollier, Dans les bagnes de Napoléon III. Mémoires de C. F. Gambon, Centre des Correspondances du XIXe siècle, Paris IV-Sorbonne, PUF, 1983.

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