BERGOUGNOUX Jean

Par Gauthier Langlois

Né le 1er mars 1813 à Gramat (Lot) ; artiste vétérinaire ; maire socialiste de Gramat, opposant au coup d’État du 2 décembre 1851 il fut expulsé et se réfugia à Jersey.

Selon les sources son nom est orthographié Bergougnioux, Bergounioux ou Bergougnoux. Il était fils d’Antoine, tanneur et de Rose Bergougnoux. Il exerçait la profession d’artiste vétérinaire, nom qualifiant les maréchaux-ferrants et les maîtres de poste agréés par le préfet pour pratiquer l’art vétérinaire dans leur département. Cependant sur son acte de mariage il s’intitule médecin vétérinaire. Il se maria, le 6 juin 1837 à Thégra (Lot), avec Julie Solinhac fille de Jean-Louis et de Hélène Nourthon propriétaires. Selon le recensement de 1841 le couple résidait faubourg Saint Pierre à Gramat.

Suite à la révolution de février 1848, Jean fut nommé, le 19 avril, maire de Gramat. Il fut ensuite élu à deux reprises. En 1851, en raison de ses opinions socialistes, il fut révoqué puis condamné pour son opposition au coup d’État du 2 décembre. La commission mixte du Lot motiva sa décision par le considérant suivant :

« Considérant que le sieur Bergougnoux est signalé comme professant depuis 3 ans des opinions politiques très avancées est comme un des lieutenants les plus dévoués du représentant montagnard Pierre Lafon. Considérant qu’il résulte de l’information que dans la nuit du 3 au 4 décembre 1851, Bergougnoux reçut la dépêche annonçant les événements et n’en donna avis à aucune des autorités constituées de la ville de Gramat. Considérant que dans la matinée du 4 il réunit le conseil municipal, lui soumet une protestation qu’il avait rédigée d’avance et qu’ensuite, escorté de tout son conseil municipal, il en donna publiquement lecture dans trois parties de la ville de Gramat. Considérant que sur la proposition de Bergougnoux et de concert avec lui, le conseil municipal, composé presqu’entièrement de démagogues, se déclara et se tint en permanence pendant les journées des 4 et 5 décembre, sans droit, sans qualité et sans motif avouable. Considérant que dans la journée du 5 décembre, le conseil municipal était devenu une véritable assemblée révolutionnaire par l’accession de la bande de Griffel, celui-ci proposa de sonner le tocsin et d’arrêter le juge de paix, sans que Bergougnoux qui était présent, remplit son devoir de citoyen et de magistrat en ordonnant l’arrestation ou tout au moins l’expulsion de Griffel. Considérant que dans la même journée du 5, Bergougnoux a été averti par lettre de Vayrac du mouvement de St Céré. Considérant que dans la journée du 6, Bergougnoux a été en relation à Gramat où celui-ci s’était réfugié avec Marlet chef général de la démagogie du département. Considérant que le 7, inspiré très certainement par Marlet, sans motif, et sans en avoir averti ni l’adjoint ni le secrétaire, à la surprise de tous les honnêtes gens, Bergougnoux fait battre le rappel, procède à l’élection par acclamation des officiers d’une prétendue garde nationale qui s’organisa pour le désordre et proclame ensuite le nom des officiers qui sont tous des démagogues exaltés et notamment le sieur Griffel leur commandant. Considérant que dans les actes de sa conduite publique pendant les premiers jours de décembre, Bergougnoux s’est servi de son autorité pour faire du désordre dans l’intérêt de ses opinions exaltées. Considérant néanmoins que Bergougnoux est un honnête homme et que sa conduite privée est irréprochable. La Commission départementale décide que le sieur Bergougnoux sera éloigné momentanément du territoire ».

Jean Bergougnoux se réfugia d’abord en Belgique, comme en témoigne un de ses compagnons d’exil, Amédée de Saint-Ferréol. Puis, sans doute victime d’une mesure d’expulsion, gagna l’île de Jersey où il vécut pendant un certain temps et d’où il fit une demande de grâce. Sa trace se perd ensuite. Sur le dossier de demande de pension déposé par un de ses héritiers suite à la loi de réparation de 1881, il est considéré comme disparu après janvier 1855.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article26287, notice BERGOUGNOUX Jean par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 24 décembre 2020.

Par Gauthier Langlois

SOURCES : Archives nationales, BB/30/398 ; F/7/*/2588 ; F/15/4047, dossier 13. Archives du Lot, Acte de mariage. Louis Fougère, Jean Pierre Machelon, François Monnier, Les communes et le pouvoir : histoire politique des communes françaises de 1789 à nos jours, Presses universitaires de France, 2002, p. 248. — Amédée de Saint-Ferreol, Les proscrits français en Belgique, ou La Belgique contemporaine vue à travers l’exil, Bruxelles, Librairie européenne, 1870, p. 63. — Archives privées de la famille Alavoine-Baudains, Liste établie par Eugène Alavoine après 1870. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Bergougnoux - Jean », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — Note de Rémi Gossez.

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