BONJOUR Jérôme, Alexandre, dit Olivier

Par Notice revue et complétée par Michael Sibalis

Né en 1798 à Paris, mort le 26 septembre 1834 à Paris. Ouvrier ou fabricant ébéniste. Conspirateur républicain. Animateur d’association ouvrière.

Petit artisan, Olivier Bonjour occupait trois à quatre ouvriers et demeurait avec sa femme, Sophie Desfointaines, et leurs enfants au 14, rue Daval, puis au 44, rue de la Roquette à Paris (VIIIe arr., maintenant XIe), non loin du faubourg Saint-Antoine. Il était soupçonné d’avoir très tôt incité des ouvriers à rejoindre les organisations républicaines et socialistes, et spécialement la Société des Amis du Peuple. En 1833, il semble avoir joué un rôle important dans la formation de l’association des ouvriers ébénistes. Il aurait été également membre de la Société des droits de l’Homme et était en rapports avec La Tribune en 1833-1834. Courant juillet 1833, une émeute pour célébrer l’anniversaire des Trois Glorieuses était en préparation. Bonjour fut arrêté le 29 juillet 1833 pour provocation à commettre des crimes et délits, et inculpé pour conspiration. Il fut incarcéré à Sainte-Pélagie le 30 juillet 1833, et quitta cette prison pour la Conciergerie le 26 novembre 1833. Il comparut au procès d’assises des vingt-sept de la SDH du 11 au 22 décembre 1833, mais l’accusation fut abandonnée à son égard au cours du procès. Arrêté de nouveau, toujours pour conspiration républicaine, le 26 février 1834, incarcéré à La Force et inculpé dans le cadre du procès des journées d’avril 1834, il ne fut libéré que le 25 juillet suivant, à la faveur d’un non-lieu, sans jamais avoir été traduit devant les tribunaux.
Lorsqu’il sortit de prison en juillet, Olivier Bonjour était gravement malade. Pendant sa prévention ses enfants étaient morts de misère et sa femme était devenue folle. À son retour chez lui, il ne trouva plus ni établi, ni outils, ni meubles. Exténué de misère et de maladie, domicilié 5, passage Molière (VIe arr., maintenant IIIe), il se fit admettre à l’hospice Saint-Antoine où il mourut d’une tuberculose pulmonaire. La police rapporta que 150 « républicains de bas étage [et] de mauvaise mine » suivirent son cortège au Père-Lachaise, où des discours républicains furent prononcés sur sa tombe. Selon d’autres sources, ce sont huit cents républicains qui l’accompagnèrent jusqu’à sa dernière demeure.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article26978, notice BONJOUR Jérôme, Alexandre, dit Olivier par Notice revue et complétée par Michael Sibalis , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 21 février 2018.

Par Notice revue et complétée par Michael Sibalis

SOURCES : Arch. Nat. CC 597, d 1 n° 9 ; F/7 3887, rapport de police du 27 septembre 1834. — Arch. Dép. Paris (Seine), registres d’écrou, DY4/20-4190, DY8/7-891 ; DQ8 779, tableau des successions. — Arch. PPo, A a/422, pièces 64-67. — Arch. de l’Ass. Publ. de Paris, 1 Q 2 38, Hôpital Saint-Antoine, registre des entrées (1834), 2208. — Procès des vingt-sept, ou de la Société des droits de l’Homme et des élèves de l’école polytechnique, Paris, 1834. — Zéphir Zacharie Seigneurgens, Lettre sur la formation de la Société des ouvriers bonnetiers de Paris, dite Bourse auxiliaire, adressée à tous ses confrères à l’occasion de sa dissolution, Paris, Impr. de Moessard, s.d [1835], p. 9. — Cour des pairs. Procès politiques, 1830-1835, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1983, CC 617 d 4. — J.-Cl. Vimont, Enfermer les politiques. Aux origines des régimes de détention politique (1810-1848), Thèse dact., Paris VII, 1991, 1295 pages. — Notes de M. Cordillot, J.-C. Vimont.

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