BOUILLON Henri [BOUILLON Pierre, Louis, Henry]

Par Gauthier Langlois

Né le 6 mai 1822 à Issoudun (Indre), mort le 5 janvier 1889 à Caen (Calvados) ; sous-officier puis percepteur des contributions directes à Prunay (Loir-et-Cher), opposant au Coup d’État du 2 décembre 1852, réfugié à Londres puis à Jersey, père du député radical-socialiste Henri Franklin Bouillon.

Il était fils de Louis François Bouillon, principal du collège d’Issoudun et de Lucie Thérèse Despaignol Lafagette.

Il fut arrêté, le 30 janvier 1852, comme opposant au Coup d’État du 2 décembre 1851. La Commission mixte du département de Loir-et-Cher le condamna à l’expulsion sur les motifs suivants : « Il a des idées socialistes très exaltées. Ancien sous-officier du 4e régiment de hussards, il entretenait des correspondances dangereuses avec plusieurs sous-officiers de ce régiment. Une lettre saisie le 23 décembre dans le quartier d’Avignon exprimait les sentiments les plus coupables et tendait à détourner ses anciens camarades de leurs devoirs militaires. »

Henri Bouillon se réfugia à Londres où il habitait, en 1861, Avenue-place, Turnham-Green, Middlesex. Fréquentant le milieu des proscrits il fit la connaissance d’Eugène Alavoine et de son ami l’avocat jersiais Philippe Baudains, qui lui présenta sa sœur Henriette (1833-1924). Il l’épousa à Saint-Hélier (île de Jersey), le 28 juin 1861 et s’installa chez son beau-frère 1 Parade Place, dans la même ville. Il y exerçait, comme beaucoup d’autres proscrits, comme professeur de langues. Du mariage naquirent ses trois fils aux noms évoquant son panthéon politique, Voltaire le 8 août 1864 à Londres, Socrate, le 18 mars 1866 à Saint-Hélier et Henri Franklin (par référence à Benjamin Franklin, ami de Voltaire et auteur de la déclaration d’indépendance des États-Unis), le 3 septembre 1870 dans la même ville.

Le 14 octobre 1872, à la fin du procès qui opposait Eugène Alavoine défendu par Baudains à l’inspecteur des marchés Jean-Thomas Du Jardin, ex-mouchard de la police de Napoléon III, Henri se plaignit au juge d’avoir été traité de voleur sur une affiche placardée au marché de Saint-Hélier. Il s’en suivit, à la sortie du tribunal, une bagarre entre du Jardin et Bouillon. Mais, pour mettre fin à cette altercation, son beau-frère Baudains l’attrapa par les bras et un centenier fit de même avec son adversaire. À cette date Bouillon affirmait résider ici de la façon la plus honorable depuis plus de douze ans.

En 1878 la famille rentra en France et s’installa à Caen (Calvados) où les enfants firent leur études. C’est là qu’Henri décéda, en 1889, dans sa maison au 72 rue Baru. Son épouse Henriette Baudains le suivit en 1924. Les époux furent inhumés dans le caveau familial de Mer (Loir-et-Cher).

Leur fils aîné, Voltaire devint professeur au Havre. Leur fils puîné, Socrate (1866-1945) fit carrière comme officier dans les zouaves en Algérie puis comme avocat. Leur fils cadet Henri Franklin (1870-1937), agrégé d’anglais, devint professeur à Londres puis, revenu en France, fit carrière politique comme député radical-socialiste de Seine-et-Oise et fut ministre d’État en 1917.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article27240, notice BOUILLON Henri [BOUILLON Pierre, Louis, Henry] par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 26 août 2020.

Par Gauthier Langlois

SOURCES : Arch. privées de la famille Alavoine-Baudains, Liste établie par Eugène Alavoine après 1870. — Archives de l’Indre, Acte de naissance. — Archives du Calvados, Acte de décès. — La Gazette des tribunaux, 19 août 1872. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Bouillon - Pierre Louis Henry », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — Archives nationales, dossier de la Légion d’honneur de Socrate Bouillon. — Jean Jolly, « Henri Franklin-Bouillon », Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940. — Le Moniteur du Calvados, 15 avril 1924. — Note de Rémi Gossez.

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