BRAVARD Toussaint [BRAVARD Jean-Jacques, Pierre, Toussaint]

Par Notice revue et complétée par J. Risacher

Né le 31 octobre 1808, à Arlanc (Puy-de-Dôme) mort à Jumeaux (Puy-de-Dôme), le 5 juillet ou le 14 août 1871. Médecin. Républicain convaincu. Militant d’opposition dès sa vie estudiantine, membre de diverses organisations, député d’extrême gauche.

Étudiant en droit à Paris à la fin de la Restauration, il était déjà considéré comme l’un des plus à gauche. Il participa très activement aux journées de Juillet et fut l’un des neufs étudiants en droit décorés de Juillet. Il s’orienta ensuite vers la médecine et fut membre de la Société des Écoles avec Blanqui*, Francisque Bouvet*, Félix Mathé*, etc. et de la Société des Amis du Peuple avec les mêmes. Il fut l’un des organisateurs des émeutes de juin 1832. Quelques mois après, demeurant 24, rue Neuve-Saint-Augustin (IIe arr. ancien et nouveau, rue Saint-Augustin), étudiant en médecine, il fut arrêté à la suite du coup de pistolet tiré sur le roi le 19 novembre 1832, incarcéré à Sainte-Pélagie le 25 novembre 1832 et mis en liberté le 27. Membre de la Société des droits de l’Homme, il fut arrêté dès le 16 avril 1834, mais bénéficia d’un non-lieu prononcé avant l’ouverture des débats. Défenseur des accusés d’avril désigné par eux-mêmes, il comparut à l’audience du 29 mai 1835 du procès des défenseurs avec Blanqui, mais ne semble pas avoir été inquiété. Demeurant 20, rue des Boucheries-Saint-Germain (XIe arr., emplacement actuel du boulevard Saint-Germain, VIe), toujours étudiant en médecine, il fut arrêté pour association illicite et complot, le 31 décembre 1835, dans le cadre de l’enquête sur l’attentat du 28 juillet 1835 (affaire Fieschi*), incarcéré à Sainte-Pélagie, il bénéficia là-aussi d’un non-lieu à suivre prononcé avant l’ouverture des débats et fut libéré le 23 janvier 1836. Il passait pour disciple de Raspail* et il était en relations suivies avec Trélat*.
Il fut d’abord officier de santé et on ne sait pas exactement quand il rejoignit son pays où il s’installa à Jumeaux. Toussaint Bravard était très estimé des mineurs de la région. Il fut maire de la localité, de 1848 à 1852. La révolution de Février fit de ce républicain de la veille un commissaire général du Gouvernement provisoire pour le département de la Haute-Loire. Le 23 avril 1848, il fut élu à la Constituante, représentant du Puy-de-Dôme, le quatorzième sur quinze, par 48 088 voix (125 432 votants, 173 000 inscrits). Il vota constamment avec l’extrême gauche : le 9 août 1848, contre le rétablissement du cautionnement ; le 26 août 1848, contre les poursuites envers Louis Blanc et Caussidière ; le 1er septembre, contre le rétablissement de la contrainte par corps ; le 18 septembre, pour l’abolition de la peine de mort ; le 2 novembre, pour le droit au travail ; le 27 décembre, pour la réduction de l’impôt sur le sel ; le 21 mars 1849, contre l’interdiction des clubs ; le 2 mai 1849, pour l’amnistie en faveur des transportés de Juin 1848.
Il ne fut pas réélu le 13 mai 1849 à la Législative, bien que le nombre de ses voix n’ait été inférieur que de 2 500 environ à ce qu’il avait été un an auparavant. Il conserva seulement, jusqu’au 31 juillet 1852, le poste de conseiller général de Jumeaux qu’il avait obtenu le 3 septembre 1848. Retiré à Jumeaux, il y exerça la médecine. Les préfets de l’Empire lui attribuaient la persistance d’un noyau d’opposition dans la région de Brassac-les-Mines (Puy-de-Dôme).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article27540, notice BRAVARD Toussaint [BRAVARD Jean-Jacques, Pierre, Toussaint] par Notice revue et complétée par J. Risacher, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 10 janvier 2018.

Par Notice revue et complétée par J. Risacher

SOURCES : Arch. Dép. Paris (Seine), série Y, registre d’écrou DY8/7 n° 575 ; DY8/9-2 344. — Cour des pairs. Procès politiques, 1830-1835, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1983, CC 601 d 1 n° 105. — Cour des pairs. Procès politiques, 1835-1848, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1984, CC 679 d 7 n° 57. — A. Robert, E. Bourleton, G. Cougny, Dictionnaire des Parlementaires français, 1789-1889, Paris, Borl, 1891. — Bonnefoy, Histoire de l’administration civile... dans le Puy-de-Dôme, t. III, p. 514.

ICONOGRAPHIE : une gravure du temps, dans l’ouvrage cité ci-dessus, t. III, p. 511.

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