BRUN Pierre [BRUN Pierre, Etienne]

Par Bernard Boller, Pierre-Henri Zaidman

Né le 26 décembre 1818 à Toulouse (Haute-Garonne), mort le 4 février 1888 à Paris (XIVe arr.) ; typographe ; membre de l’AIT.

Fils d’un boucher, ami de Jean Louis Greppo (représentant à la Constituante de 1848), Pierre Brun travailla à l’imprimerie Gerdès, 16, rue Saint-Germain-des-Près et était domicilié 1, rue du Mont-Saint-Hilaire (XIIe arr. ancien).
Lieutenant à la 12e légion de la Garde nationale, il fut accusé d’avoir « commandé les barricades et ordonné l’incendie de l’École de Droit » pendant les journées de juin 1848. Il fut condamné à 5 ans de détention, le 7 octobre 1848, par le 1er conseil de guerre. Il fut incarcéré le 24 octobre 1850 à Belle-Île-en-Mer (Morbihan). Ses camarades d’atelier obtinrent des ouvriers imprimeurs que la solidarité fut assurée à sa fille et à sa femme durant son emprisonnement.

Libéré, il reprit une activité de metteur en page à l’imprimerie Lahure, rue de l’Ouest, dans le XIVe arrondissement. Après la défaite de Sedan, et face au siège prussien, il protesta contre l’administration qui refusait d’inscrire une douzaine de typographes sur le rôle de la Garde nationale. Il prit alors, le 6 septembre 1870, l’initiative de former un corps de volontaires, dont il assura le commandement après avoir été élu le 9 et qui forma le 136e bataillon de la Garde nationale. André Lebey, en 1932, dans le journal Le Peuple, nota qu’en quelques jours, ce furent plus de 1200 citoyens qui vinrent s’inscrire à ce nouveau bataillon appartenant à la 14e légion. Domicilié 85, rue de Constantine, Brun fut désigné comme juge au Conseil de guerre permanent de la Garde nationale du 8e secteur chargé de juger Théodore Sapia pour la tentative insurrectionnelle du 8 octobre. Au mois de novembre, il fut remplacé par Bonlaron qui fut tué à Buzenval le 19 janvier 1871.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article27750, notice BRUN Pierre [BRUN Pierre, Etienne] par Bernard Boller, Pierre-Henri Zaidman, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 6 avril 2021.

Par Bernard Boller, Pierre-Henri Zaidman

SOURCES : Arch. Paris, D2R4 27 et V4E 7099 (402). — Arch. Min. Guerre, GR 6 J 155 (11234). — Arch. Dép. Morbihan, série Y, écrou 169. — Gazette des Tribunaux, 10 août 1848. — L’Etoile de la France, 19 octobre 1848. — Marcel Cerf, La Commune dans le XIVe arrondissement (manuscrit). — Maxime Vuillaume, Mes cahiers rouges (souvenirs de la Commune), revu et corrigé par Maxime Jourdan, La Découverte, 2011, p. 589 et 590. — Note de J.-Y. Mollier.

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