BUTOT E.

Ouvrier tisseur à Reims (Marne). Républicain, puis communiste Icarien, Quarante-huitard.

Butot s’était formé lui-même, à Paris, par de solides lectures et était très instruit des affaires publiques. Blessé deux fois sur les barricades de juillet 1830, il était revenu, à Reims, dans sa famille.
À partir de 1841, il fut en relations très suivies avec Cabet* et correspondant du Populaire pour Reims. Il passait pour le guide du petit groupe des icariens rémois. Un de ses adversaires disait de lui : « Le citoyen Butot, en dehors de ses idées socialistes, était un bon camarade, un ouvrier honnête et laborieux. »
Il fut un de ceux qui, à Reims, calmèrent l’émeute qui éclata le soir du 25 février 1848, et au cours de laquelle fut saccagée l’usine de tissage mécanique de Croutelle. Il intervint parce que, à ses yeux, communisme et « anarchie » n’étaient pas synonymes. Le même soir, les bourgeois républicains insistèrent pour que Butot et Caze, chefs reconnus des communistes icariens, fussent adjoints, temporairement, à l’administration municipale. Il faut dire que, l’un et l’autre, avaient été de ceux qui obligèrent la municipalité « louis-philipparde » à s’en aller. Mais ayant accepté de « se compromettre » avec des bourgeois dans l’administration municipale, Butot vit sa popularité décroître parmi les ouvriers.
En vue des élections à la Constituante, il fut désigné comme « candidat des travailleurs », puis évincé, en raison de son appartenance à l’administration municipale, qui était intervenue contre les ouvriers. Il fonda alors un club républicain : celui des « Socialistes pacifistes ». Il affronta finalement les électeurs, à titre individuel, avec la qualité de président des Socialistes pacifistes de Reims. Il obtint à Reims un millier de voix.
Aux élections municipales rémoises des 30 et 31 juillet 1848, il fut candidat sur la liste du club de la Fraternité, avec d’autres ouvriers : Pierre Contet*, Mandart*, Millet*, Rève*. Il ne recueillit, comme tous les candidats socialistes, qu’un nombre insignifiant de suffrages : 380 (contre mille en avril). Il est vrai que la plupart des ouvriers ne s’étaient pas dérangés pour voter.
En 1849, il participa à des tournées et à des banquets démocratiques, au moment des élections à la Législative. Pour le groupe icarien de la Marne avant 1848, voir : Bastard, Bérat*, Bonnard*, Caze, Damin*, Gonzalle Jean-Louis*, Guérin*, Houbeau*, Lévi*, Millet-Lecoq*, Rasneur*, Saint-Rémy*.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article27897, notice BUTOT E., version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 7 juin 2022.

ŒUVRES : Deux mots aux citoyens électeurs, par E. Butot, tisseur, membre de l’administration municipale provisoire de Reims, Reims, s. d. (1848).

SOURCES : Jules Prudhommeaux, Icarie et son fondateur Étienne Cabet, Paris, Cornély, 1907, rééd. 1926. — P. Caron, « Cabet et l’Icarie en 1847 » Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine, mai 1907. — Boussinesq et Laurent, Histoire de Reims depuis les origines jusqu’à nos jours, Reims, 1933, t. II, 2e vol. — R. Chéramy, L’année 1848 dans le département de la Marne (Diplôme d’Études supérieures déposé à la Bibl. Mun. de Châlons-sur-Marne, Ms 1.511).

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