DARNET Roger

Par Claude Pennetier

Né le 7 décembre 1900 à Tours (Indre-et-Loire), mort le 15 juin 1953 à Paris (XVe arr.) ; cheminot ; militant de Tours, du Havre et de la région parisienne ; secrétaire général du syndicat unitaire Paris-État rive gauche.

Né d’un couple de « tailleurs de limes » (des ouvriers ou des artisans, nous ne le savons pas), titulaire du certificat d’études primaires, ouvrier serrurier, Roger Darnet entra comme apprenti tourneur aux chemins de fer de l’État aux Ateliers de Tours. Il y travailla du 10 décembre 1914 au 14 mars 1920, date de son départ au régiment. Envoyé au Maroc, il passa au conseil de guerre de Taza début 1922, après neuf mois de détention, pour abandon de poste sur un territoire en état de siège, étant chef de poste, et en présence de l’ennemi Le tribunal le condamna à cinq ans de prison avec sursis. Libéré le 20 juin 1922, il fut réadmis au réseau le 2 juin 1924 et nommé au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) comme serrurier au petit entretien.
Secrétaire du rayon communiste du Havre en 1926 et membre influent du syndicat unitaire, il fut délégué au congrès du PCF à Lille (20-26 juin 1926).

Le 1er avril 1927, la direction le nomma visiteur à Gournay-en-Bray. Il obtint sa mutation à Montrouge-Châtillon fin 1930. Il s’était marié le 27 août 1923 à Angers, avec une gantière qui fut ensuite contrôleuse à la compagnie des compteurs de Montrouge, au service de la Petite Mécanique.

À partir de 1930, Roger Darnet fut membre de la direction Paris État rive droite de la Fédération unitaire des cheminots. Il en fut secrétaire générale puis secrétaire adjoint. Il fut également membre de la Commission exécutive de la Fédération unitaire des cheminots. À ce titre, il fut délégué à plusieurs congrès de la Fédération unitaire des cheminots et de la CGTU. En 1932, il avait suivi les cours de la première École centrale CGTU organisée par Gautier* et Victor Fay* conjointement avec Léon Mauvais* représentant les enseignants et Eugène Hénaff*, représentant les élèves. Domicilié 25, rue de la gare à Fontenay-aux-Roses (Seine, Hauts-de-Seine), il fut, en 1932-1933, secrétaire général puis secrétaire adjoint du syndicat unitaire des cheminots de Paris-État (Rive Gauche). Cette organisation comptait environ cinq cents adhérents en 1935.

Roger Darnet avait adhéré aux Jeunesses socialistes de Tours en 1915 et en était devenu secrétaire en 1919-1920. Mais son adhésion au Parti communiste date de 1926 au Havre, sous l’influence d’Henri Gautier. Le rayon le délégua au congrès communiste de Lille (20-26 juin 1926). De fin 1929 à fin 1931, il se tint en dehors du parti car les effectifs de Gournay-en-Bray étaient tombés à deux membres et en raison du « sectarisme » de la direction régionale représentée par André Trouillard et Odette Brière. En 1932, il suivit les cours de l’École centrale CGTU. Victor Fay* portait sur cet élève l’appréciation suivante : « Bien travaillé intelligent Impressionnable, s ’emballe, être plus posé ». En 1934, il accompagna Gaston Monmousseau en Roumanie.

Le 23 août 1934, la cellule du petit-entretien de Montrouge prononça son exclusion. On lui reprochait de n’avoir fait aucune propagande au retour d’une délégation de cheminots à Bucarest et d’avoir démissionné de ses fonctions de délégué du personnel sans avertir ses organisations. Le rapport évoquait « les lourdes fautes qu’il a commises dans le passé. »

Roger Darnet s’était marié le 27 août 1923 à Angers (Maine-et-Loire) avec Madeleine Brand.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article2791, notice DARNET Roger par Claude Pennetier, version mise en ligne le 18 mai 2020, dernière modification le 17 juin 2020.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 7480 ; 517/1/1933 rapports sur l’école de la CGTU. — Arch. Nat. F7/13090. — Arch. PPo. 300, rapport de février 1935. — BMP, microfilm 536. — Compte rendu des congrès fédéraux et confédéraux. — Notes de Sylvain Boulouque — Arch. dép. Seine-Maritime Sûreté générale, rapports mensuels des commissaires spéciaux.

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