CAILLAUD Jean-Marie-Léonidas

Par notice complétée par Gauthier Langlois

Né le 1er octobre 1796 à Châteauneuf-sur-Charente (Charente), mort après 1881 ; officier puis négociant à Paris ; proscrit suite au coup d’État du 2 décembre 1851 réfugié à Jersey puis en Angleterre où il devint tanneur.

Né le 10 vendémiaire an V, de Louis Philippe Caillaud, agriculteur âgé de 44 ans et de Marie Parenteaux son épouse.

Officier de santé en 1814, il était sous-lieutenant quand il s’engagea, en 1815, au 2e hussards et combattit à Waterloo. En 1827 il fut condamné à un mois de prison pour injures. Combattant de la révolution de Juillet 1830, il fut nommé, au titre des récompenses nationales, adjudant dans la garde municipale parisienne. En juin 1832, il passa comme sous-lieutenant au 9e régiment de chasseurs, puis au 22e régiment de ligne ; mis en novembre 1836 en retrait d’emploi, inquiété comme membre d’une société secrète, il gagna la Belgique, en 1839, au moment où il était rappelé à l’activité, le conseil d’enquête ayant conclu en sa faveur. Il fut condamné par défaut, en 1840, à 2 ans de prison et 2 ans de surveillance pour détention d’armes et de munitions. Il se livra ensuite au commerce des vins en gros.

En février 1848, Beaune et le groupe de La Réforme l’envoyèrent à la préfecture de police organiser la garde républicaine à la tête de laquelle il resta avec le grade de colonel, jusqu’à la fin de mai.

En 1851, il résidait 2 rue de la Fontaine Molière à Paris, (IIe arr. ancien ; 1er arr. actuel). Lors du coup d’État du 2 décembre 1851 il fut arrêté comme suspect d’appartenir à une société secrète et pour avoir commandé le feu sur le quai de l’École. Son cas étant douteux, il fut simplement éloigné de France. La décision de la commission militaire de Paris était motivée par le commentaire suivant : « Faisait partie d’un groupe d’insurgés qui ont tiré sur la troupe. Homme très dangereux. Signalé comme un ardent fauteur de désordres et s’occupant beaucoup de politique. Arrêté sur le quai de l’École au moment où une décharge de mousqueterie qu’il paraît avoir commandée, venait d’être faite sur la troupe. »

Il se réfugia alors à Jersey. Le 21 octobre 1853 il était présent à l’assemblée générale des proscrits républicains résidant dans l’île, qui déclara le sieur Julien Hubert comme espion et agent provocateur de la police de Napoléon III.

Il s’installa ensuite comme tanneur à Londres, Marshgate-lane, dans le quartier de Stratford où il se maria en 1857. Il déposa, le 17 avril 1857, un brevet « d’améliorations apportées à la préparation des peaux de lapin, de veau et d’autres peaux pour le tannage ». L’année suivante, la compagnie qu’il avait créée en 1856 avec plusieurs associés pour exploiter sa tannerie fit faillite.

Il rentra sans doute en France à la faveur de l’amnistie de 1859. En 1864 il était tanneur 2 rue des Acacias à Paris (XVIIe arr.) dans le quartier de Montmartre. Il déposa, le 2 décembre 1864, un brevet pour un procédé de tannage. En août 1881 il était toujours tanneur, avec un certain Tramessani, 138, route de Fontainebleau à Gentilly (Val-de-Marne). Il obtint une pension au titre de la loi de réparation de 1881.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article27963, notice CAILLAUD Jean-Marie-Léonidas par notice complétée par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 19 novembre 2020.

Par notice complétée par Gauthier Langlois

SOURCES : Arch. Min. Guerre, B 160. — Archives de la Charente, Acte de naissance. — Journal des débats politiques et littéraires, 17 mai 1840.— Marc Caussidière, La Révolution de février. Mémoires de Caussidière, ex-préfet de police et représentant du peuple, Bruxelles, Société Typographique Belge, 1849, 396 p. — A la France. L’agent provocateur Hubert, Jersey : imp. universelle, [1853]. — Arch. privées de la famille Alavoine-Baudains, Liste établie par Eugène Alavoine après 1870. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Caillaud - Jean Marie Léonidas », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — The London Gazette, 24 juillet 1860. — Law Times Reports, June 12, 1858, p. 206-207. — Bulletin des Lois, 1867, p. 538. — La Loi, 7 août 1881
— Note de Rémi Gossez. — Consulté en vain : tables décennales décès Gentilly et Paris XVIIe arr.

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